Incendie en Gironde: Le feu «stabilisé», mais des moyens supplémentaires mobilisés par crainte de reprise du vent

FEU Outre les plus de 500 pompiers mobilisés, les moyens aériens ont été portés à sept Bombardiers, quatre Canadair, deux trackers, un Dash et un avion de surveillance...

B.D. avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve,  et le chef des opérations de secours, le Lieutenant Colonel Charles Lafourcade, lors d'un point presse à Pessac le 26 juillet 2015. Lancer le diaporama
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le chef des opérations de secours, le Lieutenant Colonel Charles Lafourcade, lors d'un point presse à Pessac le 26 juillet 2015. — AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH

Des renforts et relèves de sapeurs-pompiers de toute la France sont aux côtés des pompiers girondins -500 hommes ce dimanche matin- pour lutter près de Bordeaux contre l’incendie de forêt qui a ravagé 530 hectares depuis trois jours et forcé l’évacuation de 600 personnes.

>> Regardez des images de l’incendie tournées par un drone :

« Stabilisé » dimanche matin, le feu -le plus important depuis trois ans en Gironde- pourrait reprendre de l’activité en début d’après-midi en raison du vent et de la chaleur, dans un scénario identique à celui de samedi. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, présent dimanche à 9h au PC opérationnel à Saint-Jean-d’Illac où il a rencontré et félicité des pompiers, a annoncé que les moyens humains et matériels seront « significativement augmentés ».

Renforts

Ainsi, depuis samedi soir et jusqu’à l’aube, quatre colonnes de renfort de quelque 300 sapeurs-pompiers venus de Montauban, de Chambéry, de l’Ouest, sont arrivées pour épauler leurs 380 collègues épuisés de Gironde et de départements voisins déjà en soutien. 60 militaires et pompiers de la Sécurité civile ont également été sollicités aux côtés de 150 gendarmes.

Le PC incendie ressemble à une gare de triage avec une noria incessante de véhicules et de pompiers revenant du front du feu ou y allant pour une relève. Les moyens aériens ont été portés à sept Bombardiers, quatre Canadair, deux trackers, un Dash et un avion de surveillance, a précisé le ministre. « Des vents vont se lever dans l’après-midi. Ce sont ces vents avec la sécheresse qui contribuent à la propagation du feu depuis plus de 48 heures. Et c’est parce que nous connaissons la direction de ces vents, que nous voyons qu’il y a des habitations à proximité, que nous déployons un tel niveau de moyens », a-t-il indiqué à la presse avant de partir pour rencontrer des habitants évacués.

Aucune habitation atteinte

Le ministre a également indiqué que 600 personnes avaient été invitées à évacuer leurs habitations sur les communes de Saint-Jean-d’Illac et Pessac. Toutes ont été relogées chez des proches, seulement une vingtaine a pris place dans un gymnase de Pessac ouvert par la mairie. Les autorités se disent en « grande vigilance » pour un nouveau quartier de 500 habitants environ, situé sur la commune voisine de Cestas, que le feu pourrait à terme venir menacer. La préfecture a rappelé qu’à ce stade « aucune habitation n’a été atteinte » par l’incendie, qui s’est déclaré vendredi vers 14H30 à Saint-Jean-d’Illac, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, sur un périmètre de 15 à 16 km.

Le vent, qui avait forci dans l’après-midi de samedi, relançant un feu pourtant « stabilisé » à la mi-journée, est retombé samedi dans la nuit et la température a baissé autour de 14 degrés, aidant les pompiers, a souligné le colonel Dominique Mathieu, directeur-adjoint des pompiers de Gironde. Les quatre Canadair et le bombardier d’eau Dash, arrêtés à la nuit, sont entrés en action au lever du jour ce dimanche où des vents tournants de 40 à 50 km/h sont attendus dans l’après-midi, dans un scénario identique à celui de samedi.

« Il faut rester modeste face à la nature », a rappelé le colonel Mathieu, en référence au renversement de scénario, alors que les pompiers étaient parvenus à stabiliser l’incendie à la mi-journée, avant des reprises soudaines. Le département de la Gironde, qui était ces jours derniers en risque incendie « sévère », est donc passé en risque « très sévère ».

"Un chantier de plusieurs jours"

Samedi encore, un début d’incendie de forêt à 65 km au nord de Saint-Jean-d’Illac, à Naujac-sur-Mer, est venu rappeler le risque de nouveaux départs de feux, qui dispersent les moyens : deux des Canadair avaient dû être temporairement détournés pour aider à maîtriser cet incendie. Le ministre de l’Intérieur a indiqué dimanche que « des gardes à vue étaient en cours » concernant cet incendie. Il ne s’est en revanche pas prononcé sur l’origine de celui de Saint-Jean-d’Illac, mentionnant simplement qu’une « enquête est en cours ».

Au-delà de la maîtrise du feu, les pompiers vont être voués à un « chantier de plusieurs jours » à Saint-Jean-d’Illac pour traiter les points chauds, séparer les zones brûlées des zones épargnées. Et si l’odeur du bois brûlé reste omniprésente, il n’y a toutefois plus de grosses fumées dans le ciel bleu, cependant légèrement voilé.

L’incendie de Saint-Jean-d’Illac est l’un des plus importants des dernières années en Gironde, département recouvert à plus de 45 % de forêt, au cœur du massif forestier de Gascogne (1 million d’hectares). Les multiples départs de feu l’été en une journée n’y sont pas rares. En août 2012, un incendie avait détruit plus de 650 hectares de pinède près de Lacanau, sans faire de victimes.