Blocus des agriculteurs sur l’île d’Oleron: La pénurie guette les commerces

MOBILISATION Depuis mardi soir, la circulation se fait au compte-goutte entre l’île et le continent…

Marc Nouaux
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Des agriculteurs bloquent l'accès à l'île d'Oléron, le mercredi 22 juillet 2015.
Des agriculteurs bloquent l'accès à l'île d'Oléron, le mercredi 22 juillet 2015. — XAVIER LEOTY / AFP

Les agriculteurs bloquent le pont qui permet d’accéder à l’île d’Oléron depuis mardi minuit. Des bouchons se sont formés de part et d’autre, et seuls les touristes peuvent circuler. Les poids-lourds sont systématiquement recalés.

Sur l’île certains commerces ressentent déjà des difficultés. « Au niveau du poisson et des fruits de mer, ce n’est pas un souci, positive Morgane, réceptionniste à l’hôtel-restaurant Les Jardins d’Aliénor. Au niveau des fruits et des légumes, le marché d’Oléron nous suffit… pour l’instant. Peut-être que demain [vendredi] et après-demain, on devra enlever des plats de la carte. » « Si aujourd'hui ou demain le barrage est levé, ce n'est pas plus mal, indique de son côté Régis, responsable de la boucherie Cotivivres. Jusqu'à demain, on peut tenir car on a fait un gros stock mardi mais après-demain, ça va devenir problématique. »

« On ne fera plus de viande dès ce soir »

La compagne de Nicolas Fontenau, le responsable du restaurant « La Pergola », est quant à elle beaucoup plus alarmiste. « On commence à manquer de viande, de laiterie et de crèmerie. Sur les trois viandes que l’on propose, il ne reste plus que deux pièces de magret. A partir de ce jeudi 19h30, on ne fera plus de viande et on va aussi manquer de fromage pour les pizzas. En poisson et en moules, pas de souci, on est bien loti. En gros, soit vous aimez le poisson, soit vous ne mangez pas. »

L’inquiétude est donc de mise chez ces restaurateurs qui espèrent que la situation se rétablira dès cette fin de semaine. « Si on n’a plus de produits, on va être obligé de fermer, poursuit la responsable de la Pergola qui a déploré certaines annulations. Dès ce soir, on n’a plus de viande, on va continuer à s’approvisionner en poisson chez les fournisseurs habituels mais on a peur qu’ils augmentent leurs prix en cette période de pénurie. »

Supermarchés dévalisés mais pompes à carburant pas prises d’assaut

Du côté des Jardins d’Aliénor, Morgane assure que le remplissage de l’établissement s’effectue assez normalement. « On pensait avoir des annulations, notamment au niveau du restaurant mais on n’en a pas eu, ni au niveau de l’hôtel. Les clients arrivent, mais sont en retard. »

Stephen, originaire de l’Allier, en vacances depuis trois semaines sur l’île n’a pas ressenti trop d’inquiétude. « Il y a simplement moins de circulation et c’est plutôt pas mal [rires]. Sinon, je suis allé faire mon plein de carburant et il n’y avait pas plus de monde que d’habitude à la pompe. Après, c’est vrai que les supermarchés ont été dévalisés et un restaurateur nous a dit qu’il avait dû faire trois supermarchés pour trouver des produits frais pour son service du jour. »

Au moins deux heures d’attente pour l’accès à l’île

Le vacancier, qui rentrera dimanche chez lui, ne se fait donc aucun souci pour son retour. « Il paraît qu’on met entre 45 minutes et une heure pour repartir, c’est surtout dans l’autre sens que c’est compliqué. On n’a aucune inquiétude et on vient de passer trois semaines merveilleuses. Précisez-le bien [sourires]. »

« Je ne suis pas inquiet car ce sont des gens de bon sens, rassure aussi Régis, le boucher. Je pense qu'ils ne vont pas bloquer éternellement des gens qui ne sont pas concernés et à qui ce n'est pas la faute. Il faudrait qu'ils attaquent directement les grosses structures et les gros supermarchés. »

Ce jeudi après-midi, le barrage filtrant mis en place par les agriculteurs rendait toujours aussi difficile l’accès à l’île. Les automobilistes doivent compter au moins deux heures dans les bouchons avant de traverser le pont.