Incendie sur un site Seveso: Les écologistes alertent sur la pollution de l'eau

ENVIRONNEMENT En éteignant l'incendie, de l'eau polluée par un dérivé de la nitroglycérine se serait écoulée dans le milieu naturel...  

E.P.

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Illustration de l'usin de captage d'eau de source de Gamarde. - Photo : Sebastien Ortola
Illustration de l'usin de captage d'eau de source de Gamarde. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Les écologistes Bordelais, qui ont participé ce mercredi matin à la Commission Locale de l’Eau, sont inquiets après l’incendie qui s’est déclaré dans un entrepôt de la société Roxel spécialisée dans l’industrie aéronautique (filiale Safran-Heraklès), dans la nuit de dimanche à lundi. Des galettes de nitrocellulose contenant de la nitroglycérine, substance très toxique, y étaient stockées et « l’extinction de l’incendie par les pompiers a nécessité 1000 m3 d’eau qui se sont écoulés dans le milieu naturel, les jalles et trois captages », alerte Gérard Chausset, président du groupe des élus écologistes de Bordeaux Métropole dans un communiqué. Il pointe le manque de prise en compte des risques environnementaux sur ce site industriel classé Seveso.

Roxel nie une infiltration des sols

Si pour les écologistes l’écoulement du dérivé de nitroglycérine est avéré, la société Roxel s’en défend. Sophie-Anne Magdeleine, secrétaire général de Roxel, interrogée par Sud-Ouest, explique que les équipes ont été réactives et que des mesures ont été rapidement prises pour éviter une pollution des sous-sols.

La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (la DREAL) a décidé, par mesure de précaution, la fermeture de trois captages, (Caupian, Bussac, Cantinolle), en attendant que des analyses soient réalisées par un laboratoire allemand. Un arrêté concernant ces fermetures devrait être pris par la préfecture.

« La situation peut devenir critique »

« Cet incident met aussi une fois de plus en exergue la fragilité du système d’approvisionnement en eau de la Métropole. Les captages sont soumis à des risques industriels. Il est plus qu’urgent pour la Métropole de diversifier ses ressources et d’accélérer de nouvelles ressources protégées des risques. Le dossier est sur la table. Avec 10 % des ressources à l’arrêt depuis quatre ans (les deux captages de Thil et Gamarde), auxquelles s’ajoutent ces trois nouveaux captages (Caupian, Bussac, Cantinolle qui représentent 9 000 m3/jour soit entre 7 et 10 % de la ressource suivant la période), la situation peut devenir critique », écrivent les écologistes dans leur communiqué, invitant le préfet à agir rapidement auprès des exploitants du site.