Bordeaux: Jussiê, la première recrue des Girondins pour la saison 2015-2016

FOOTBALL Le Brésilien, qui n’a pas joué une seule minute lors de la saison dernière, a enfin repris l’entraînement collectif…

Marc Nouaux

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L'attaquant des Girondins, Jussiê, lors d'un match contre Guingamp, disputé le 20 avril 2014.
L'attaquant des Girondins, Jussiê, lors d'un match contre Guingamp, disputé le 20 avril 2014. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP

« Le retour de Jussiê peut être considéré comme une recrue. » Jean-Louis Triaud, le président girondin, utilise la formule de circonstance lorsqu’un joueur ayant été indisponible pendant plus d’un an effectue enfin son retour. Pour le Brésilien, qui aura 32 ans en septembre, le chemin de croix dure depuis dix-huit mois.

Une fracture du coude contractée en décembre 2013 l’a coupé dans son élan alors qu’il traversait sa saison la plus prolifique aux Girondins (9 buts en Ligue 1 en 2013-2014). Revenu à la fin de cette saison-là, il s’est brisé le ligament d’un genou lors de l’été 2014. Opéré, il est revenu après sa rééducation, en plein cœur de l’hiver 2015 mais fragilisé par des pépins musculaires, il n’a finalement pas rejoué la saison dernière.

« Il est toujours en train de sourire et de déconner »

Tiago Reis de Jesus, un de ses amis brésiliens, responsable du Ginga foot, à Mérignac, évoque la période difficile traversée par Jussiê. « On n’en a pas parlé énormément car c’est toujours délicat quand tu connais bien la personne mais ça reste frustrant d’être blessé autant de temps donc on évite d’en parler, on n’a jamais abordé le sujet. »

Comme l’attaquant est resté souriant, son ami imagine qu’il n’a pas forcément trop souffert de cette période, grâce à son caractère positif. « Il est toujours en train de sourire et de déconner sur tout et même trop, rit encore Tiago. Culturellement, le Brésilien est toujours de bonne humeur mais certains plus que d’autres et Jussiê en fait partie. C’est pour ça que ça lui permet de ne pas être aussi mal psychologiquement avec toutes ces blessures-là car mine de rien, il peut y avoir un malaise quand le joueur est blessé longtemps car il y a beaucoup d’attentes autour de lui, de son coach, de son président qui le paie ou des supporteurs. »

Huit ans et demi après son arrivée en Gironde, celui qui est désormais le plus ancien de l’effectif bordelais était déjà étiqueté « joueur fragile » avant cette période. Forcément, ce passage à vide d’un an et demi n’arrange rien. Tiago a peut-être une explication.

La formation brésilienne en cause ?

« Ce sont peut-être des coïncidences mais il y a beaucoup de Brésiliens qui se blessent beaucoup et qui ne font pas une longue carrière et je pense que ça vient un peu de notre formation car elle tire beaucoup, analyse-t-il. Déjà, au niveau professionnel, il y a beaucoup de matchs. Et si je prends l’exemple de la formation, jusqu’à 20 ans, en France, un jeune s’entraîne une fois par jour et a un très bon suivi. Au Brésil, il y a le même suivi mais on s’entraîne deux fois alors que le corps de l’adolescent n’est pas encore fait. C’est la culture qui fait que l’on doit beaucoup jouer et s’entraîner. Il y a des organismes qui ne tiennent pas. Prenez Ronaldo, Ganso, Pato… ce sont des joueurs qui se sont beaucoup blessés. »

Malgré cette longue traversée du désert, Jussiê devrait encore avoir son mot à dire dans la hiérarchie des attaquants girondins la saison prochaine. « Il sait qu’il est attendu, désiré, voulu, déclarait son coach, Willy Sagnol, en mars dernier. Ça a été dommage de le voir absent aussi longtemps. C’est un grand buteur. » Un discours qui prouve bien que le Brésilien, dont le profil technique n’a pas d’égal au sein de l’effectif, sera une réelle plus-value pour le groupe de Sagnol. A condition que le physique tienne cette fois-ci.