Dès 6 h 30, ce lundi matin, les forces de l’ordre ont été mobilisées sous le pont ferroviaire Saint-Jean pour évacuer un campement de fortune occupé depuis quelques mois par une centaine de personnes, en majorité des demandeurs d’asile venus du Sahara occidental.

De nombreux cars CRS étaient alignés à proximité du pont, et le périmètre bouclé pendant la destruction des baraquements de fortune, effectuée à l’aide d’une pelleteuse. Pendant l’évacuation, certains demandeurs d’asile patientaient sur la passerelle, d’autres quittaient les lieux en emportant quelques affaires sous le bras. La préfecture de la Gironde précise que l’opération s’est déroulée « dans le calme ».

Une évacuation nécessaire pour la progression du chantier LGV

La préfecture explique qu’elle a demandé que le campement soit démantelé suite aux décisions de justice du 20 novembre 2014 et du 1 décembre 2014. Le campement était installé sur des terrains appartenant à la mairie de Bordeaux et au Grand Port Maritime de Bordeaux.

Elle fait valoir que l’évacuation s’imposait compte tenu des « conditions d’insalubrité et de sécurité des lieux (zone inondable et risque important d’incendies) », et des « impératifs de progression du chantier LGV ». Dans le cadre de travaux de raccordements électriques, des câbles doivent être passés sous le quai de la Souys.

Quelles solutions d’hébergement ?

« Une solution d’hébergement temporaire en hôtel ou camping a été proposée aux 102 personnes présentes sur les lieux : 22 l’ont acceptée et ont été acheminées jusqu’à leur hébergement par bus. Parmi elles, quatre personnes identifiées par l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) comme étant des personnes vulnérables seront prises en charge de façon spécifique jusqu’à la fin du traitement de leurs dossiers », affirme la préfecture dans son communiqué. Les hébergements ont été proposés sur les communes de Langon et Naujac.

Un appel aux dons de matériel

La Ligue des droits de l’homme (LDH) de Bordeaux et de la Gironde, dont un représentant était présent sur place ce lundi matin, insiste sur le caractère précaire de l’hébergement proposé. « L’hôtel, c’est pour trois à quatre nuits maximum. Ils seront donc à la rue d’ici la fin de la semaine et ils se retrouvent sans rien, on leur a tout enlevé », souligne Rosa Florent, chargée de la communication pour la LDH.

L’association a lancé, en lien avec la Cimade et Médecins du Monde, un appel aux dons de matériel de camping, notamment sur sa page Facebook et recherche un terrain sur Bordeaux. « Il y a urgence, il faut trouver un site qui soit proche d’un point d’eau avec la canicule qui est annoncée », s'inquiète Rosa Florent. Parallèlement les associations se battent pour des solutions d'hébergement pérennes.

Dans une lettre envoyée le 16 juin dernier à Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de la Métropole et à Pierre Dartout, préfet de la Gironde, la LDH rappelait que « le droit à un hébergement théoriquement assuré par l’Etat aux demandeurs d’asile durant la phase de traitement leur demande conformément aux dispositions du Code d’entrée et de séjour des étrangers et demandeurs d’asile et du Code de l’action sociale et des familles ». La ligue déplore que l'accueil des Sahraouis n'ait été organisé que, temporairement, lors des grandes marées, en mars dernier.

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