Bordeaux: Des vestiges gallo-romains sous les arbres de la place Pey-Berland

HISTOIRE Les archéologues ont profité de l’arrachage d’un marronnier et de deux tilleuls pour mener des fouilles…

Elsa Provenzano
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Des archéologues de Bordeaux Métropole ont analysé le sous-sol de la place Pey-Berland, avant que des arbres soient replantés.
Des archéologues de Bordeaux Métropole ont analysé le sous-sol de la place Pey-Berland, avant que des arbres soient replantés. — Bordeaux Métropole

En avril dernier, le marronnier et les deux tilleuls de la place Pey-Berland avaient dû être arrachés. Les arbres centenaires étaient malades et menaçaient la sécurité des passants.

Avant de replanter d’autres arbres, le service d’archéologie préventive de Bordeaux Métropole a mené un diagnostic sur le sous-sol. Une procédure habituelle avant de mener des travaux sur un secteur dont le sous-sol peut receler des trésors archéologiques. A l’abri des regards, derrière des barrières, les archéologues ont réalisé deux sondages, c’est-à-dire deux trous de 5m2 et jusqu’à une profondeur de 2,5 mètres.

Des fouilles approfondies semblent improbables

L’équipe de cinq personnes n’a pas fait de découverte fracassante mais a mis à jour plusieurs vestiges. Les plus récents sont des fondations de maisons datant d’avant le 19e siècle, toutes proches de la cathédrale. Il y a ensuite un niveau remontant à l’époque médiévale, aux 12 e ou 13 e siècle (mais la datation n’est pas encore confirmée).

La « couche » la plus ancienne date de l’époque gallo-romaine. « On a découvert un mur assez massif qui pourrait être un vestige d’un bâtiment public », rapporte Céline Michel, responsable d’opération au service d’archéologie préventive de Bordeaux Métropole. Dans l’autre sondage, un mur et un caniveau remontant à la même époque ont également été découverts.

Le chantier lié au diagnostic se termine ce vendredi soir et le service enverra son rapport dans les trois mois au service régional d’archéologie qui décidera soit d’autoriser la Ville à planter les arbres, soit de lancer des fouilles. Le deuxième scénario paraît improbable. « Ce n’est pas moi qui décide mais les vestiges sont situés à 2,5 mètres de profondeur et la plantation des arbres ne nécessitera qu’1,5 mètre de profondeur », pointe Céline Michel. Les vestiges ne seraient donc pas endommagés par les plantations.