Taxis à Bordeaux: «Nous serons rassurés quand l'application UberPOP sera interdite»

SOCIAL Les taxis bordelais bloquent toujours une partie du centre, mais remettent à vendredi leur projet de paralyser toute la ville, en fonction des annonces du gouvernement attendues jeudi soir...

Mickaël Bosredon

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Manifestation des taxis contre UberPOP, le 25 juin 2015 à Bordeaux
Manifestation des taxis contre UberPOP, le 25 juin 2015 à Bordeaux — MBOSREDON

La situation s'est quelque peu détendue ce jeudi après-midi cours d'Albret à Bordeaux. Mais les taxis restent mobilisés devant le palais de justice, où ils bloquent toujours la circulation.

Ils avaient rendez-vous en fin de matinée dans le bureau de la procureure de la République. « On a demandé des mesures d’urgence, car la justice a les moyens de faire arrêter les pratiques illégales d'UberPOP, a déclaré à 20Minutes Patrick Magonty, président du comité de défense des taxis de Gironde. La réponse qu’elle nous a apportée, c’est la saisie du véhicule sur place, et du ou des téléphones, pour ceux qui se feront interpellés à la deuxième fois. A ce jour, 35 procédures ont été transmises à la justice à Bordeaux. Les premiers procès se tiendront les 7 et 8 juillet. »

Sans rassurer complètement les taxis, ces mesures ont donc un peu apaisé les manifestants. « Le problème aujourd’hui, c'est que la police arrête les conducteurs UberPOP à 2h du matin, elle les garde 45 minutes, et à 3h du matin vous les voyez à Paludate avec des clients. Ce n’est pas normal. Là, quand ils devront repartir à pied et sans téléphone, ils comprendront qu’UberPOP ne peut plus grand-chose pour eux » poursuit Patrick Magonty.

« Plus ça va, plus les collègues partiront à la chasse aux UberPOP »

« Mais ce qui nous rassurera, c’est quand le gouvernement annoncera l’arrêt de l’application UberPOP. C’est quand même une loi qu’il a votée. S’il n’y a pas de résultat, nous bloquerons différents points de Bordeaux demain (vendredi). On adaptera notre réponse en fonction de la situation. » Une réunion entre une délégation syndicale parisienne, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur doit se tenir à 16h30 à Paris.

Le président du comité de défense se dit inquiet quant à l'évolution de la situation. « A Paris, un chauffeur de taxi est entre la vie et la mort. Ca va dégénérer, même ici à Bordeaux. Il y a des collègues qui sont partis à la chasse aux UberPOP. Je suis contre ça, mais comment expliquer à un artisan qui à la fin du mois doit 10.000 euros au RSI, et qui voit passer des gens à côté de lui qui pillent l’économie et qui ne paient rien, de rester calme ? Je comprends les collègues, et plus ça va, plus ils partiront à la chasse aux UberPOP, et ça va devenir un pugilat. »