CRS épuisés par le plan vigipirate: Fort absentéisme pour «raisons de santé» à la compagnie de Pau

POLICE Les CRS ressentent une forte fatigue physique et psychologique selon un de leurs représentants...

M.N. avec AFP

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Illustration de véhicules de CRS.
Illustration de véhicules de CRS. — L.VENANCE / AFP

82 membres de la compagnie CRS 25 de Pau étaient «absents pour raisons de santé» ce mercredi alors qu'ils devaient partir en mission à Paris pour dénoncer «un manque d'effectifs et de considération» sur fond de plan Vigipirate, a-t-on appris de source syndicale.

«Entre 70 et 72 policiers» étaient absents mercredi «pour raisons de santé», a indiqué à l'AFP Gérard Chamalbide, délégué régional CRS du syndicat de police Alliance. Une dizaine d'agents techniques ouvriers étaient également absents. «Ils sont aussi concernés par ces déplacements, le manque de rémunération, cette disponibilité opérationnelle qui n'est pas compensée», a-t-il expliqué.

Seulement une vingtaine de CRS en service à Pau ce mercredi matin

Selon M. Chamalbide, seule une vingtaine de CRS étaient sur les rangs à Pau mercredi matin, et la mission qu'ils devaient effectuer à Paris «sera assurée par une autre brigade».

La question de l'indemnisation des CRS en déplacement pour des opérations de maintien de l'ordre fait débat depuis plusieurs mois alors qu'ils sont sans cesse sollicités depuis les attentats de Paris et le renforcement du plan Vigipirate. Fin avril, trois syndicats de gardiens de la paix et de CRS avaient ainsi réclamé à leur administration une augmentation de leur «indemnité journalière d'absence temporaire (IJAT)», sans succès.

«Une fatigue physique et psychologique»

«Il y a réellement une fatigue physique et psychologique», assure Gérard Chamalbide, pour qui cette grogne s'inscrit dans la continuité d'un mouvement national entamé depuis plusieurs semaines. Le 30 avril, lors du déplacement du président de la République à Brest, la majorité des CRS de Saint-Brieuc s'étaient également faits porter pâles.

"Pau n'est pas coutumière du fait mais il y a déjà eu une quinzaine de compagnies en France... peut-être bientôt d'autres", a souligné le syndicaliste.