Girondins: Gourcuff, Chamakh, Cavenaghi… le supporteur est toujours nostalgique au mercato

FOOTBALL Alors que le mercato est ouvert, c’est le nom de Gourcuff qui est évoqué par les fans girondins qui aiment se rappeler de leurs anciennes gloires…

Marc Nouaux

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Fernando (à g.) aux côtés de Yohann Gourcuff, le 3 avril 2010 lors d'un Bordeaux - Nancy.
Fernando (à g.) aux côtés de Yohann Gourcuff, le 3 avril 2010 lors d'un Bordeaux - Nancy. — BOB EDME/AP/SIPA

Le supporteur de foot a toujours tendance à être nostalgique. C’est donc aussi le cas aux Girondins de Bordeaux, où, le lendemain de quart de finale de Ligue des champions et de titre de champion de France est difficile à vivre. Depuis cinq ans, Bordeaux n’a pas fait mieux que cinquième en Ligue 1 et n’a remporté qu’une Coupe de France.

Cette absence de trophées dans l’armoire suscite donc chez les fans girondins une nostalgie chronique. Et elle est encore plus perceptible au moment d’entrer dans la période du mercato, qui s’est ouvert lundi. Depuis trois ans, les noms de Cavenaghi, Chamakh ou Fernando sont régulièrement cités. Depuis deux mois, c’est celui de Yoann Gourcuff qui revient avec insistance.

« Ce sont des mecs qui ont été idolâtrés »

« Je pense que c’est parce que c’est une époque qui a ramené beaucoup de trophées, analyse Allan, un fidèle des Girondins. Ce sont des mecs qui ont été idolâtrés. Quand on évoque Cavenaghi, Chamakh et Gourcuff, c’étaient les trois plus aimés du public à cette époque. Depuis, aucun joueur n’a eu autant d’aura que l’un d’entre eux. »

Ce qui renvoie à cette anecdote, le jour de l’adieu à Lescure. Héritant d’un maillot offert par des amis, un supporteur s’est rendu à la boutique du club dans l’idée de floquer sa tunique au nom d’un joueur actuel. Ne sachant pas auquel s’identifier, il a naïvement lancé, « mais il n’y en a aucun dont j’ai envie d’avoir le nom. Aucun ne me fait rêver. » Il a alors opté pour le flocage de Jussiê… un des derniers champions de France présent dans l’effectif.

« L’impression que c’étaient tous des types bien »

« On a l’impression que c’étaient tous des types bien qui étaient tous potes sur le terrain et pas des "racailles" comme on peut en voir, complète Thomas, un autre supporteur bordelais. Et puis, à part Gourcuff qui avait connu Milan, on a surtout l’impression qu’ils ont tous explosé en même temps à Bordeaux et ça c’est kiffant pour un supporter de se dire que le mec est devenu bon grâce au travail du club et non pas qu’il a été acheté cher et qu’il était déjà très bon. »

Cette nostalgie s’estompe tout de même peu à peu, avec le vieillissement de cette « génération Laurent Blanc ». Redevenu capitaine de River Plate à 31 ans, Cavenaghi n’est plus réclamé. Parti à Bruges l’été dernier, Fernando a sans doute loupé sa dernière opportunité de revenir à ce moment-là.

A 31 ans, Chamakh sort de quatre saisons difficiles et son nom n’est même plus évoqué par les fans, c’est lui qui fait maintenant des appels du pied. A 33 ans, l’ancien capitaine, Alou Diarra, n’a pas réussi à « forcer le passage » l’an dernier. Seul Gourcuff, 29 ans, encore performant lorsqu’il n’est pas blessé, fait l’unanimité.

« On voit sur les sites et les forums de supporteurs qu’il n’y a pas beaucoup de gens contre son retour, observe Allan. Je pense que le schéma de Bordeaux lui permettra de retrouver un bon niveau. Pas celui de 2009, je pense que c’est impossible, mais il devrait apporter quelque chose en plus. » Avant même que son arrivée ne se concrétise, il a au moins le mérite de redonner un peu de rêve à des fans frustrés depuis quatre ans.