Affaire Bettencourt: Le procureur requiert 5.000 euros d'amende contre la juge Déprez

JUSTICE Gérard Aldigé, procureur de la République de Bordeaux vient de demander une amende, dans son réquisitoire contre Isabelle Prévost Déprez, qui comparait pour violation du secret professionnel...

Elsa Provenzano

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Le procureur de la République, Gérard Aldigé, lors du procès Bettencourt le 26 janvier 2015 à Bordeaux
Le procureur de la République, Gérard Aldigé, lors du procès Bettencourt le 26 janvier 2015 à Bordeaux — Nicolas Tucat AFP

La peine encourue par la juge Isabelle Prévost Déprez, soupçonnée d’avoir livré des informations sur le volet abus de faiblesse de l’affaire Bettencourt entre juillet et septembre 2010, était d’un an de prison et 15.000 euros d’amende. Le procureur de la République vient de requérir mardi matin, 5.000 euros d’amende. La partie civile n’a demandé aucune réparation.

Il a expliqué dans son réquisitoire qu’en divulguant des informations confidentielles elle avait « bafoué la présomption d’innocence ». Il a rappelé que Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu délivré par des magistrats indépendants et que Woerth a été relaxé. « Oui, la violation du secret professionnel c’est une atteinte inacceptable à la présomption d’innocence. C’est destructeur pour les gens mis en cause », a t-il clamé.

« Pratique habituelle de la divulgation d’informations »

Il est revenu sur les SMS échangés avec les médias dont on ne connaît pas tout le contenu. « Mais on connait les destinataires, les heures et là nous avons bien des faits matériels. Quand on l’interroge, d’abord elle dit que c’est pour rejeter les demandes d’interviews des journalistes et en fait il est démontré que sur la centaine de SMS échangés avec eux, il y en a seulement dix où elle est contactée par des journalistes. Si c’est pour leur expliquer des éléments de procédure, ils ont le comprenoir difficile ces journalistes ! »

Il parle d’une « pratique habituelle de la divulgation d’informations » et estime qu’elle « n’a pas hésité à s’épancher dans un livre et à parler de l’affaire Bettencourt dont elle était saisie ». La parole est à présent à la défense.