Disparus de la Garonne: L'enquête sur la mort de Vincent Zecca relancée

INFO 20 MINUTES Le doyen des juges d’instruction de Bordeaux a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour homicide et non-assistance à personne en danger...

Mickaël Bosredon

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C'est dans le port de Bassens, près de Bordeaux, que le corps de Vincent Zecca a été repêché mardi 27 mars
C'est dans le port de Bassens, près de Bordeaux, que le corps de Vincent Zecca a été repêché mardi 27 mars — S.ORTOLA/20MINUTES

Rebondissement dans l’affaire de la mort de Vincent Zecca. Originaire de Corrèze, cet étudiant de 19 ans avait disparu dans la nuit du 3 au 4 mars 2012 à Bordeaux, avant d’être retrouvé mort noyé dans la Garonne, près d’un mois plus tard.

Comme pour les cinq autres affaires de mort par noyade dans la Garonne à cette époque, les enquêteurs avaient conclu à la thèse accidentelle. Vincent Zecca - comme Maxime Le Bot, disparu dans la nuit du 3 au 4 février 2012 et dont le corps avait été retrouvé le 27 avril - était alcoolisé la nuit de sa disparition et serait tombé après s’être approché trop près du fleuve.

Deux plaintes pour homicide et non-assistance à personne en danger

Une thèse que n’ont jamais accepté la mère de Vincent Zecca, Sylvie Zecca (une ex-capitaine de police) et son avocat MeVictor Gioia. La mère estime en effet qu’il y a eu des failles dans l’enquête, et que son fils n’est peut-être pas tombé tout seul dans la Garonne.

Après une première plainte contre X pour homicide volontaire, MeVictor Gioia en déposait une seconde début 2014 avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instruction de Bordeaux pour non-assistance à personne en danger. Une action qui permet l'ouverture automatique d'une information judiciaire. A la suite, un juge d'instruction sera nommé, qui a la possibilité de décider d'un refus d'informer. « Avec les nouveaux éléments en notre disposition, nous avons la garantie que ce ne sera pas le cas » assure Me Gioia.

« Depuis le début il aurait été intéressant de creuser cette piste »

L’avocat se dit satisfait, mais estime que « malheureusement cette décision arrive bien tard. Depuis le début de l’affaire, il aurait été intéressant de creuser cette piste. Il y a eu une défaillance évidente des services du parquet. » MeVictor Gioia s’étonne aussi que « ce soit Mme Zecca qui ait mené l’enquête, c’est scandaleux. Et on ne peut être qu’attristé de voir qu’on a refusé la vérité à cette mère. Elle ne s’attend pas à ce qu’on lui désigne un coupable, mais que quelqu’un lui démontre qu’il a réalisé une véritable enquête. »

L’avocat est également remonté contre la communication faite à l’époque de ces affaires par les élus locaux, qui tenaient avant tout à rassurer la population, alors que les pires rumeurs circulaient à Bordeaux sur cette série de disparitions. « Il aurait fallu demander au maire de Bordeaux, aux élus, de se taire. Il y a le temps de la communication politique, mais il doit venir après celui de la justice. Ce n’est pas acceptable qu’on ait voulu endormir les Bordelais, et le spectacle qui leur a été montré à cette époque, comme les hélicoptères qui survolaient la Garonne, était un simulacre, alors que les gens se posaient de vraies questions. »

« Des éléments troublants dans le dossier »

L’avocat marseillais assure qu’il y a « des éléments troublants dans ce dossier - que je ne communique pas aujourd’hui car je les réserve au juge d’instruction lorsqu’il sera désigné dans les prochains jours - et qui nous poussent vers la thèse de l’homicide, et d’autres vers le délit de non-assistance à personne en danger. » Un couple de jeunes qui avait filmé avec un téléphone portable Vincent Zecca la nuit de sa disparition, s’était amusé de son état d’ébriété.

Concernant les autres affaires de jeunes morts noyés dans la Garonne, MeVictor Gioia ne veut « pas faire de lien. Je ne veux pas raconter d’histoires, ni provoquer d’hystérie. Il n’empêche qu’il y a des similitudes entre toutes ces affaires qui méritent d’être analysées, vous le verrez au fil de l’évolution du dossier Zecca, qui n’en est qu’à ses débuts. On ne peut pas rester en l’état. Mais que de temps perdu depuis le début de cette affaire. »