Bordeaux: «Nous ne pourrons pas faire mieux pour desservir le Nouveau stade»

INTERVIEW Directeur général de Keolis Bordeaux, Hervé Lefevre revient sur les difficultés de desserte du Nouveau stade vendredi et samedi à l’occasion des demi-finales du Top 14 de rugby…

Mickaël Bosredon

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Fan Zone au Nouveau Stade de Bordeaux
Fan Zone au Nouveau Stade de Bordeaux — M.Bosredon

Plusieurs centaines voire plusieurs milliers de supporters sont repartis furieux du Nouveau stade ce week-end, après avoir dû attendre un long moment avant de pouvoir monter dans un tramway. Voici les explications de Keolis Bordeaux.

Quelle est votre analyse de la situation après la colère des supporters suite aux conditions de transport pour desservir le Nouveau stade?

Nous avons réalisé une performance en transportant 18.000 personnes vendredi pour arriver au stade, 13.000 pour en sortir et samedi on a fait à l’aller comme au retour 15.000 personnes. C’était une première. La différence entre les deux jours réside surtout dans le comportement des supporters: l’entrée au stade a été beaucoup plus étalée le samedi, alors que vendredi les déplacements ont été plus concentrés, d’où un phénomène de saturation assez rapide. Mais il faut quand même dire que les supporters du Stade Français ont été particulièrement difficiles à gérer. Ils étaient très exigeants, ils voulaient aller à la Victoire au plus vite après le match du vendredi, ils ont mis une grosse pression. Et on ne peut pas comparer la capacité du tramway de Bordeaux avec celle des deux RER qui desservent le Stade de France…

Vous ne pourrez donc pas faire mieux?

Non, car le tramway a atteint ses limites physiques vendredi ; nous sommes au maximum de ce que l’on peut faire. Sur la ligne C, nous ne pourrons jamais transporter plus de 6.000 personnes à l’heure. Si on injecte davantage de rames, on bloque la circulation à Ravezies. Et sur la B on ne fera jamais plus de 2.000 personnes à l’heure. Il faut aussi prendre conscience que derrière, il y a un réseau qu’il faut continuer à faire fonctionner de manière normale. On transporte 450.000 personnes par jour, et ils ne comprendraient pas pourquoi ils n’auraient plus qu’un tram toutes les 20minutes un soir de match.

Les déplacements en transport pour se rendre au Nouveau stade ont-ils été sous-estimés?

Nous sommes surpris par la part de marché du transport collectif pour le Nouveau stade. Lorsque nous desservions Chaban-Delmas, notre part de marché était d'un peu plus de 10%, là elle a atteint 40%. On est très au-dessus des chiffres qui avaient été indiqués dans notre DUP (Déclaration d’utilité publique), qui étaient de l’ordre de 11.500 personnes transportées.

Le quartier n’est pas très facile à desservir…

Ce quartier est un cul de sac, alors qu’à Chaban on pouvait évacuer dans les deux sens. Maintenant, c’est quand même un équipement positif, c’est une opportunité pour Bordeaux d’avoir un tel stade.

Certaines choses peuvent-elles tout de même être améliorées?

Cela tient essentiellement à l’information. Il faut que nous fassions comprendre que l’on peut alimenter le stade soit à partir de la gare, soit à partir des Quinconces, où nous stockons des rames vides. On va en tirer les leçons pour l’Euro 2016 évidemment. On doit aussi mieux travailler avec le Nouveau stade en matière de guidage des flux. Vendredi soir l’avenue de la Jallère était noire de monde car les gens étaient perdus, et nous ne pouvions plus acheminer nos rames. Il faut enfin que l'on travaille avec les Girondins pour qu’il y ait des animations avant et surtout après le match, afin de susciter un intérêt à rester un peu au stade et ainsi garantir une meilleure fluidité.

Etes-vous inquiets pour l’Euro 2016?

Malgré tout ce que l’on pourra améliorer, il faut s’attendre à ce que ce soit compliqué pour l’Euro 2016. Notre seule marge de manœuvre réside dans la mise en place de navettes de bus supplémentaires pour desservir le stade.