Bordeaux: Pourquoi Raphaël Ibanez n’a pas été nommé à la tête du XV de France

RUGBY Le manageur de l’UBB, longtemps annoncé comme favori, a vu Guy Novès lui être préféré…

Marc Nouaux

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Bordeaux, le 12 mars 2015 - Raphaël Ibanez, le manageur de l'UBB, donne sa première conférence de presse dans le Nouveau stade.
Bordeaux, le 12 mars 2015 - Raphaël Ibanez, le manageur de l'UBB, donne sa première conférence de presse dans le Nouveau stade. — Marc Nouaux / 20 Minutes

Fin mars, il apparaissait en tête des favoris. Raphaël Ibanez, 41 ans, manageur de l’UBB depuis 2012, n’a finalement pas été choisi pour prendre la succession de Philippe Saint-André après la Coupe du monde. Décryptage de cet échec qu’a connu l’ancien capitaine et talonneur des Bleus (98 sélections).

Parce que Novès était sûr d’être élu

Et si les dés étaient pipés ? Alors qu’à la base, il n’avait pas été annoncé comme candidat potentiel, Guy Novès est apparu au début du mois de mai comme le favori pour succéder à PSA. Dans l’interview qu’il a donnée à L’Equipe, lundi, il a avoué à demi-mot que c’était la FFR qui était venue le chercher. « Il se trouve que l’on m’a re-présenté ce challenge-là (…). Je ne pouvais pas… [il se reprend] D’abord, je me suis lancé dans ce défi, comme d’autres, puis j’ai été choisi. » En lisant cela, Ibanez a sans doute compris qu’il ne pouvait pas lutter face au manageur toulousain.

Trop jeune

A 41 ans, Ibanez n’est pas trop jeune à strictement parler. Mais si on doit le comparer à Novès, 61 ans, il a forcément moins d’expérience. Depuis trois saisons à la tête de l’UBB, il a progressé dans son rôle en même temps que son groupe a progressé. « J’essaye d’anticiper en permanence, d’avoir un coup d’avance sur les autres équipes dans la préparation des matchs, nous confiait-il en octobre dernier. Cela a été une de mes premières leçons à l’issue de ma prise de fonction. C’est un élément que je n’avais pas pris en compte. » Devenu plus complet en tant que manageur, il doit encore faire ses preuves au plus haut niveau, en disputant des rencontres au sommet.

Un palmarès de coach vierge

Si le palmarès ne constitue pas forcément un frein (Lievremont avait été nommé sans expérience en 2007) pour devenir sélectionneur, Ibanez, malgré un vécu de trois années sur un banc de Top 14, n’a jamais managé au plus haut niveau. Aucun match de Champions cup ou de phases finales disputées en tant que manageur. Et même sans le comparer aux quatre titres de champion d’Europe et dix de France de Novès, cette absence de trophées dans l’armoire du Dacquois n’a pas plaidé en sa faveur, malgré sa grande expérience de joueur au plus haut niveau.

Manque de médiatisation de l’UBB

L’UBB progresse dans l’environnement médiatique du rugby français. Elle est cependant encore bien loin des grosses écuries que sont Clermont, Toulon ou Toulouse. Ibanez peut compenser ce handicap par une présence à la télévision en tant que consultant pour France Télévisions lors des matchs de l’équipe de France ou de Coupe d’Europe. Malgré cette vitrine, il n’a pas la même puissance qu’un Laporte, un Galthier ou un Novès médiatiquement. Tout simplement car Ibanez est du genre discret, à ne pas aimer faire de vagues. Un manageur qui aime monter au front pour protéger ou responsabiliser ses joueurs, mais qui refuse de trop prendre la lumière.