Chaîne d'embouteillage au sein de l'usine de l'eau des Abatilles à Arcachon
Chaîne d'embouteillage au sein de l'usine de l'eau des Abatilles à Arcachon — Abatilles

ECONOMIE

Arcachon: L’eau des Abatilles veut se vendre sur le marché international

Les nouveaux propriétaires de cette eau minérale bien connue dans la région veulent développer l'export…

Si on ne sait pas avec précision d’où elle vient, on sait où elle va. Propriétaires depuis décembre 2012 de l’eau minérale des Abatilles à Arcachon, Jean Merlaut et Hervé Maudet ont l’ambition de l’amener vers les sommets.

Bien implantée dans la région, l’eau des Abatilles regarde désormais vers l’étranger. « Lorsque nous avons racheté la marque, l’export ne pesait qu’1 % des ventes. Nous sommes montés à 3 % et nous visons 25 % » annonce Jean Merlaut. Un premier contrat a été décroché au Mexique, « le premier pays consommateur d’eau en bouteilles dans le monde, car suite au tremblement de terre de 1985, les systèmes de canalisation ont été détruits, explique Hervé Maudet. La consommation augmente beaucoup en Chine également, car leur sous-sol est de qualité moyenne, et la Russie est un gros marché. Nous avons aussi des contacts avec les Etats-Unis. Et des Coréens et des Japonais sont venus nous voir récemment. »

Ils vont mettre de l’eau dans le salon du vin

En France, « premier pays exportateur d’eau dans le monde et deuxième pays consommateur en Europe, rappelle Hervé Maudet, le marché est tenu par les grands minéraliers : Nestlé, Danone… » « Nous faisons office de village gaulois à côté, s’amuse Jean Merlaut, c’est pourquoi nous cherchons la différenciation sur la qualité du produit, pour en faire une marque premium. »

Tous deux issus du milieu du vin, Jean Merlaut et Hervé Maudet ont également de la suite dans les idées. C’est ainsi qu’ils vont investir le grand salon international du vin, Vinexpo, à Bordeaux du 14 au 18 juin. « Cela peut paraître paradoxal, mais les distributeurs dans les milieux du vin et de l’eau minérale sont les mêmes » explique Jean Merlaut. A Vinexpo, l’eau des Abatilles aura ainsi un stand qui rappellera l’ambiance du bassin d’Arcachon, éditera une bouteille en série limitée, et va re-décorer une rame de tramway à ses couleurs.

Des ressources considérables

En interne, l’organisation a été entièrement revue. « Il fallait que l’on travaille sur le prix de revient, détaille Jean Merlaut, ce que nous avons réussi à faire tout en embauchant : nous avons mieux planifié la production, et apporté de la souplesse dans les horaires de travail. » « Il y avait 22 salariés à notre arrivée, maintenant ils sont une trentaine, ajoute Hervé Maudet. Nous avons cessé tous les emplois intérimaires pour ne privilégier que les emplois stables, ce qui permet d’avoir une équipe très investie. Nous avons apporté 2,5 millions d’euros, ce qui nous permet de produire désormais 43 millions de bouteilles par an, pour un chiffre d’affaires de huit millions d’euros. La source perdait de l’argent, aujourd’hui nous sommes à l’équilibre. »

Les ressources, elles, sont considérables. « La nappe, située à 472 mètres de profondeur, ce qui en fait l’eau minérale la plus profonde de France, est énorme, assure Hervé Maudet. Nous avons une autorisation d’exploitation de l’Etat que nous n’utilisons qu’au tiers. » De quoi pouvoir regarder loin devant.