«Je suis un OVNI en politique», déclare Virginie Calmels

INTERVIEW L'ex-patronne d'Endemol France sera tête de liste UMP aux régionales en Aquitaine...

Mickaël Bosredon

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Virginie Calmels, à son arrivée à la mairie de Bordeaux le 7 mai 2015
Virginie Calmels, à son arrivée à la mairie de Bordeaux le 7 mai 2015 — M.BOSREDON

Adjointe d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, Virginie Calmels a été investie ce jeudi par l'UMP comme tête de liste aux élections régionales de décembre, pour la future grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Elle a répondu aux questions des journalistes ce jeudi après-midi.

Quelle est votre première réaction après la décision de la Commission nationale d’investiture?

Je suis très honorée de la confiance qui m’est faite, et j’ai hâte d’aller au combat. Nous allons incarner le renouveau dans cette grande région.

Le choix de votre candidature a-t-il été évident?

Je crois puisque finalement la commission nationale d’investiture s’est prononcée à l’unanimité, il n’y a eu qu’une seule abstention, et j’en suis très fière.

Il a quand même fallu des négociations, vous n’aviez pas le soutien de tout le monde…

J’avais déjà le soutien de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé lors de la précédente commission d’investiture, mais je n’y avais pas été invitée, donc je trouve tout à fait normal que les membres aient souhaité me rencontrer. Je suis un peu un OVNI en politique ; je suis engagée depuis peu de temps, je suis une femme de la société civile, et c’est tout à fait normal que certains puissent s’étonner voire émettent des questionnements sur qui je suis, car cela casse les codes habituels.

Vous allez affronter un poids lourd de la politique régionale avec Alain Rousset…

J’aime les vrais défis, ma vie professionnelle n’a jamais été facile et c’est peut-être parce que c’est dur qu’on me l’a proposé. Je suis ravie d’affronter quelqu’un comme Alain Rousset.

Allez-vous adhérer à l’UMP ou aux Républicains?

Je suis une femme de la société civile, cette question ne s’est jamais posée pour moi. L’année dernière quand je me suis retrouvée aux côtés d’Alain Juppé pour cette campagne des municipales à Bordeaux, la question ne se posait pas non plus. Ce qui est important ce sont mes convictions. J’ai toujours été une femme de droite, depuis que je suis en âge de voter je vote à droite. Maintenant, je regarde avec beaucoup d’intérêt ce qui est en train de se profiler du côté de la formation des Républicains, car il me semble que l’on va vers cette espèce d’ouverture vers des gens comme moi, qui ont mon profil, et vers les femmes, et ça c’est intéressant.

Vous n’en avez pas assez qu’on vous parle sans cesse de votre passé à Endemol?

J’ai dirigé le premier groupe mondial de production audiovisuelle, j’en ai plutôt une fierté et pas une honte. Evidemment, si on caricature ou si on confond le PDG d’un groupe d’1,5 milliard d’euros de chiffres d’affaires avec le produit, ce qui est le cas de certains hommes politiques -Alain Rousset lui-même- c’est malheureux. L’idée ne viendrait à personne de confondre le PDG de Danone avec un yaourt, là on assimile la PDG d’Endemol avec un de ses multiples produits qui est la téléréalité. Mais Endemol réunit tous les jours des millions de téléspectateurs, et je n’ai aucun problème avec ça. Endemol n’a jamais eu d’autres prétentions que de s’adresser au plus grand nombre, de les divertir, et quand vous voyez l’état de la France, les gens en ont bien besoin.