Aquitaine: La région mobilise pour sauver la LGV vers le sud

TRANSPORTS Alain Rousset réunit ce jeudi pluieurs acteurs économiques et politiques pour défendre le projet GPSO, après l'avis négatif de la commission d'enquête publique...

Mickaël Bosredon

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Travaux de construction du viaduc de la Dordogne sur la LGV Tours-Bordeaux
Travaux de construction du viaduc de la Dordogne sur la LGV Tours-Bordeaux — Lilian Marolleau

Un appel à mobilisation pour sauver le projet GPSO (Grand projet ferroviaire du sud-ouest). C'est ce qu'a lancé ce jeudi matin le président du conseil régional d'Aquitaine, Alain Rousset (PS), en organisant à l'hôtel de région une grande réunion avec les acteurs économiques et politiques des régions concernées par ce projet, qui doit voir la ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux se prolonger vers Toulouse d'une part, et Dax de l'autre.

Or, la commission d'enquête publique a rendu il y a quelques semaines un avis défavorable à ces deux prolongements vers le sud, au motif notamment qu'ils étaient trop coûteux.

250 personnes réunies à la région

Quelque 250 personnes se sont réunies à l'hôtel de région. Elles doivent participer à deux tables ronde, sur l'impact économique de la LGV et le vecteur d'aménagement du territoire et de mobilités qu'elle représente. Parmi elles, Martin Malvy, président de la région midi-Pyrénées, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, et encore les maires de Biarritz, Dax, le président de la CCI Aquitaine... Ce grand rassemblement doit servir à démontrer que la mobilisation en faveur du projet reste intacte, alors que l'Etat doit se prononcer avant l'été suite à l'avis négatif de la commission d'enquête publique.

Lors de sa prise de parole dans l'hémicycle de la région, Jean-Luc Moudenc a défendu un projet «d'intérêt national» et s'est étonné que «lors de grands projets de ce type, on donne davantage la parole aux contre qu'à ceux qui sont pour, alors que notre pays a besoin de croissance et d'emplois.» Il a rappelé que dans cette affaire, Manuel Valls avait assuré en septembre 2014 que l'arrivée de la LGV à Toulouse se ferait bien en 2024. «Les dernières discussions que nous avons eues avec l'Etat nous rendent confiants quant à l'avenir, mais j'attends aussi qu'il consolide financièrement la décision politicienne.»

Du côté des associations environnementales et anti-LGV, cette initiative passe mal. «C'est un déni de démocratie (...) un passage en force sur les LGV, contre l'avis public et de la commission d'enquête» estiment-elles dans un communiqué.

Les associations veulent des solutions alternatives

«Les associations opposées au projet demandent que des solutions alternatives moins chères, moins destructrices des territoires et plus utiles aux usagers soient mises en oeuvre sans plus tarder.» Elles aussi se mobiliseront devant l'hôtel de région ce jeudi matin.

Les études font état d’une mise en service de la ligne Bordeaux-Toulouse pour 2024, et de la ligne Bordeaux-Dax pour 2027. Un gain d’une heure sur chacun de ces trajets est prévu, ce qui mettrait Toulouse à 1h10 de Bordeaux. Un éventuel prolongement de Dax jusqu’à la frontière espagnole est lui prévu pour 2032. Le coût total pour ces deux lignes est estimé à neuf milliards d’euros. Le coût des 327 kilomètres de lignes nouvelles est de 8,3 milliards d’euros, le coût des aménagements au sud de Bordeaux de 613 millions d’euros, et ceux au nord de Toulouse de 566 millions d’euros.