Bordeaux: Les travaux du muséum d'histoire naturelle enfin lancés

SCIENCES La première pierre des travaux de rénovation de l’établissement a été posée ce lundi. La réouverture du musée est programmée pour 2017…

Mickaël Bosredon

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Le bâtiment de Lisleerme, qui abrite le muséum d'histoire naturelle de Bordeaux
Le bâtiment de Lisleerme, qui abrite le muséum d'histoire naturelle de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes

Enfin! C’est le cri qu’Alain Juppé pensait entendre de la conservatrice du muséum, Nathalie Mémoire, ce lundi lors de la pose de la première pierre des travaux de rénovation du musée, situé dans l’hôtel de Lisleferme, aux abords du Jardin public. «Vous auriez été fondée à le dire, a reconnu le maire de Bordeaux, tellement ce projet a été long, en raison d’appels d’offres infructueux, de longues négociations avec l’architecte des bâtiments de France, d’une longue discussion sur l’ouverture d’un bâtiment sur le jardin public… Bref, ca n’en finissait pas. Mais enfin, on y est.»


Pose de la première pierre des travaux de rénovation du muséum, avec Alain Juppé, Nathalie Mémoire et l'architecte Sébastien Loiseau - M.Bosredon/20minutes

Fermé maintenant depuis cinq ans, le muséum devait rouvrir en 2014. Une série de complications plus tard, cette réouverture est maintenant programmée fin 2017. Si tout va bien. Et il sera entièrement repensé. Sébastien Loiseau, l’architecte lauréat, a présenté son projet lors de cette première pierre. «Il était important de conserver le bâtiment tel que les Bordelais le connaisse: nous allons restaurer les façades et en préserver l’âme, conserver les salles du deuxième étage et leurs vitrines d’époque, mais il y a des contraintes, qui sont notamment dues à l’accessibilité, et au passage de gaines de ventilation et climatisation indispensables pour la conservation des collections. La seconde difficulté, c’est l’extension du bâtiment, à savoir une nouvelle salle d’exposition temporaire de presque 500 mètres carrés en sous-sol, et intégrée au jardin public. Il y aura également un nouvel accueil au rez-de-chaussée.»

Un espace pour les tout-petits en rez-de-chaussée

La conservatrice Nathalie Mémoire a rappelé les enjeux de ces travaux de rénovation. «Les trois objectifs de ce projet étaient un meilleur accueil de tous les publics avec une parfaite accessibilité et un confort de visite. Deuxième élément c’était la conservation des collections, qui comprend plus d’un million de spécimens. Troisièmement, il s’agissait de créer un nouveau parcours muséographique qui intègre à la fois l’histoire des collections en relation avec le passé de la ville, l’histoire des sciences, et aussi les préoccupations de la société d’aujourd’hui face aux nouveaux enjeux de l’environnement.»

Le nouveau parcours proposera également un dispositif multimedia, pour donner des informations complémentaires, avec 35 bornes réparties dans le bâtiment. Et le rez-de-chaussée accueillera un musée des tout-petits, pour les moins de 6 ans, sur une centaine de mètres carrés.

De nouvelles espèces présentées

Concernant les espèces présentées, «ça ne sera pas les mêmes choses qu’avant, insiste Nathalie Mémoire, car depuis 15 ans un ensemble de nouvelles collections a été acquis, qui n’a jamais pu être vu par le public, ou très ponctuellement.» Il y aura notamment un hippopotame, un dromadaire, des espèces minéralogiques et fossiles rares, et des espèces disparues, comme un loup de Tasmanie, qui n’existe plus que sous forme minéralisée, dans quelques muséums dans le monde seulement. «Mais les habitués du muséum retrouveront la célèbre éléphante Miss Fanny, un peu la mascotte de l’établissement», tient à rassurer la conservatrice.

Le début de la collection du muséum a été lancé en 1791, et l’installation dans l’hôtel de Lisleferme s’est faite en 1862. «Au départ, les muséums intéressaient surtout une élite passionnée par l’Histoire naturelle, rappelle Nathalie Mémoire. Aujourd’hui, le public s’est très largement élargi, puisqu’il intéresse les tout-petits comme les personnes âgées. La société apporte un nouveau regard sur l’environnement et ces espèces qu’on imaginait éternellement renouvelables, et dont nous  percevons depuis les années 1970-80 le caractère fragile. C’est en cela que les muséums ont un nouveau rôle à jouer aujourd’hui.»

Les travaux de rénovation s’élèvent à 16 millions d’euros, essentiellement supportés par la municipalité, avec des aides de l’Etat, de la région et de l’Ademe.