Gironde: Les 150 propriétaires privés de la dune du Pilat priés de vendre

TOURISME Une enquête publique est menée jusqu'au 3 juin, avant le lancement d'une procédure d'expropriation sur le site...

Elsa Provenzano

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Le site touristique de la dune du Pilat,sur le Bassin d'Arcachon. - Photo : Sebastien Ortola
Le site touristique de la dune du Pilat,sur le Bassin d'Arcachon. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

La dune la plus haute d'Europe (100 à 115 mètres de haut) n'est pas une propriété publique «même si tout le monde l'assimile à l'espace public», pointe Guillemette Rolland, déléguée régionale du Conservatoire du littoral Aquitain.

Plus de 60% des 500 hectares du site appartiennent à des privés, une particularité qui ne facilite pas la gestion de la dune du Pilat qui accueille 1,9 million de visiteurs par an. Le Conservatoire a lancé une procédure d'expropriation afin d'acquérir les 250 parcelles privées détenues par 150 propriétaires différents. En amont, une enquête est en cours jusqu'au 3 juin, et doit se prononcer sur l'utilité publique de l'opération .

Les cinq campings de la zone, priés par l'inspecteur de l'environnement de réduire le nombre de leur mobil-homes, ne sont pas concernés par la procédure. Les limites de leurs établissements sont simplement discutées avec le Conservatoire. 

Qui sont ces propriétaires privés?

Sur la zone qui intéresse le conservatoire, il y a des parcelles de dunes et d'autres de forêts. A l'origine, il s'agissait majoritairement de propriétaires forestiers mais le recul de la dune a changé la donne. «Certains ne savaient pas qu'ils étaient propriétaires ou ont hérité d'une parcelle qui appartient à leur famille depuis un siècle et demi, et d'autres biens sont sans maître», commente Guillemette Rolland, soulignant que la procédure lancée n'empêche pas les négociations à l'amiable avec les propriétaires.

Quels avantages au giron public?

Le syndicat mixte qui gère le site va, lui, réaliser des économies puisqu'aujourd'hui il est contraint de louer certaines parcelles (accueillant par exemple le parking, les commerces, les toilettes et l’espace pédagogique) soit environ 5 hectares pour un loyer de 130.000 euros par an.

«La situation actuelle est aberrante en termes de droit et de responsabilité», pointe la déléguée régionale du Conservatoire du littoral Aquitain puisque l'accueil des touristes se fait en partie sur des terrains privés. Il s'agit donc d'améliorer la sécurité du public en matière de risque incendie ou de partage de l'espace entre parapentistes et piétons, par exemple. Au-delà, l'idée est de permettre de valoriser au mieux le site en réalisant librement des investissements.

Les acquisitions de parcelles en 2016?

Le Conservatoire est incapable d'anticiper le volume de touristes prêts à grimper le monument de sable. «En 10 ans, on est passé de 1,2 million de touristes à 1,9 million, ce qui est énorme. On ne fera pas en sorte d'avoir davantage de visiteurs mais on n'est pas là pour interdire», commente Guillemette Rolland. Il n'y a pas d'aménagement conséquent prévu sur le site ni de travaux de fixation de la dune, jugés impossibles à réaliser pour le moment.

A la fin de l'enquête publique, le 3 juin, les commissaires enquêteurs remettront au préfet leur avis. Et en fonction, une enquête parcellaire pourrait être lancée par France Domaine. Les acquisitions interviendraient alors en 2016. «Sans contentieux cela peut aller vite mais si on tombe sur un propriétaire récalcitrant, cela peut prendre plusieurs années. Mais pour l'instant cela se passe bien, les propriétaires sont de bonne volonté», conclut Guillemette Rolland.