Bordeaux: «Une équipe féminine, pourquoi pas?», annonce Triaud

Football Les Girondins envisageraient de créer une équipe féminine dans un avenir plus ou moins proche…  

Laurent Brun

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Illustration de l'équipe de France féminine de football, lors de l'Algarve Cup 2015.
Illustration de l'équipe de France féminine de football, lors de l'Algarve Cup 2015. — Alain Coudert/Sportsvisio/SIPA

S’il y a peu de temps encore, du côté des Girondins, on balayait d’un revers de main l’éventualité de voir un jour fleurir une équipe féminine au beau milieu des prés du centre d’entraînement du Haillan, la réalité du moment est toute autre.

Ainsi, Jean-Louis Triaud, président du club, qui était plutôt réfractaire à l’idée quelques années en arrière, aurait changé de cap dernièrement. Comme l’indique le journal Sud-Ouest dans son édition de jeudi, le boss reconnaît «étudier» la possibilité, à plus ou moins long terme. «Le football féminin se développe, il n’y a pas de raison de ne pas avoir une offre, explique-t-il, sans oublier le côté attractif que pourrait générer la chose. Peut-être que parmi nos partenaires financiers, certains s’intéressent au football féminin. Pourquoi ne pas leur donner satisfaction?», glisse-t-il encore, malicieusement.

Une alliance avec Blanquefort?

Avec l’entrée dans leur nouveau stade du Lac – le 23 mai prochain, face à Montpellier –, et la Coupe du Monde féminine qui se déroulera en 2019 dans l’Hexagone, la perspective paraît séduisante. Sans parler de la possible obligation faite aux clubs professionnels de se doter d’une section féminine, ce qui ne laisserait que peu de choix aux marine et Blanc : créer un onze et démarrer à partir de la Promotion Honneur (niveau régional), ou s’allier à un club déjà existant, tel que l’Entente Sportive Blanquefortaise, par exemple, qui évolue en Division 2 nationale depuis plusieurs années.

Quelle que soit la marche à suivre, l’évolution semble ravir Willy Sagnol, entraîneur de l’équipe professionnelle masculine. «Le foot n’est pas exclusivement masculin, donc s’il y a la volonté des dirigeants, de la Ville de Bordeaux, de la Région, de créer une équipe féminine, c’est tant mieux!», confie-t-il. Le foot féminin a largement sa place sa place dans le paysage sportif français et on voit, de plus, avec l’Équipe de France, que ça apporte une belle image, que ça permet de considérer la femme de manière différente, et qu’il n’y a plus certains sports réservés aux hommes, et d’autres aux femmes, poursuit le technicien. C’est bénéfique pour tout le monde.»

«Jouer en Ligue 1, c’est compliqué»

Avec l’assurance, aussi, d’avoir une approche sportive et une pédagogie différentes. «C’est intéressant parce que les problématiques et les finalités sont différentes, fait observer Sagnol. Le foot masculin, chez les joueurs plus jeunes, est plus basé sur de l’apprentissage en vue d’une carrière professionnelle. Tandis que dans le foot féminin, c’est le double projet, sportif et professionnel, à côté, qui est important, poursuit-il. Parce que pour des femmes, jouer en Ligue 1, c’est compliqué… Car il faut avoir un travail à côté, ou se garantir des formations pour une vie future, ce qui n’est pas évident. Donc, elles ont beaucoup de mérite », conclut celui qui a «dirigé» durant deux années à la Fédération, l’Équipe de France féminine. En attendant, 20 clubs professionnels (de Ligue 1 et de Ligue 2) sur 40 ont engagé une équipe féminine.