Bordeaux: Modernisée, la station Louis Fargue traite mieux et davantage d'eaux usées

ENVIRONNEMENT L'unité de traitement a été agrandie pour répondre à l'augmentation de la population sur l'agglomération...

Elsa Provenzano
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A Bordeaux, le 17 avril 2015, l'unité de traitement des eaux usées Louis Fargue a été officiellement inaugurée.
A Bordeaux, le 17 avril 2015, l'unité de traitement des eaux usées Louis Fargue a été officiellement inaugurée. — E.Provenzano / 20 Minutes

La station d'épuration Louis Fargue n'a plus grand-chose à voir avec le bâtiment d'origine, érigé en 1975. Depuis 2009, des travaux d'un montant de 110 millions d'euros l'ont transformée et agrandie. Cette nouvelle version de l'unité de traitement, plus performante, est en service depuis mai 2014 mais l'inauguration officielle, en présence d'Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, a eu lieu ce vendredi. 

La station traite aujourd'hui les eaux usées en provenance de 7 communes (Bordeaux Talence, Mérignac, Pessac, Eysines, Le Bouscat et Bruges) et bientôt 9 avec Cenon et Lormont en 2018. «Des travaux étaient nécessaires pour répondre aux besoins  croissants dus à l'augmentation de la population. On passe donc de 300.000 équivalents habitants à 476.000 équivalents habitants», explique Anne-Lise Jacquet, vice président à la Métropole, chargée de l'eau et de l'assainissement. L'usine a une capacité de traitement de 276.000m3 d'eaux usées et de pluies, par jour.

Un bassin pour stocker les eaux pluviales

Une des principales améliorations concerne le traitement des eaux pluviales puisqu'un bassin de stockage de 22.000m3, soit l'équivalent de 6 piscines olympiques, a été créé. Lorsqu'il pleut, les eaux pluviales, qui ne peuvent faire l'objet d'un traitement immédiat y sont stockées avec des eaux usées. Le bassin permet de les traiter plus tard, au lieu de les laisser se déverser directement dans la Garonne. La station est capable de s'adapter aux variations de débit, pouvant passer de 1m3 par seconde par temps sec à 3,2 m3 par sec par temps de pluie.

Alors qu'avant les travaux, jusqu'à 30 % des eaux pluviales ne pouvaient être traitées, elles le sont maintenant à 98 %. «Une station d 'épuration fonctionne comme le milieu naturel mais en accéléré. Les eaux (pluviales et usées) y sont traitées par biofiltration, c'est-à-dire que la pollution y est dégradée par des bactéries mais à une vitesse accélérée, et les 2 % restants sont dégradés dans le milieu naturel», explique Didier Marliac, chef de l'usine.

Tout est fait pour limiter les mauvaises odeurs

La station s'étend sur 10 hectares, au sein d'une zone urbaine dense. Une localisation qui a imposé des efforts en termes de traitement des mauvaises odeurs, pour répondre à la gêne manifestée par certains riverains, et pour ne pas être un frein aux projets immobiliers qui sortent de terre à proximité (aux Bassins à flot, par exemple).

«Il n'y a pas de bassins à l'air libre à Louis Fargue, tous sont confinés. Un système de ventilation permet aussi d'envoyer l'air vicié dans des tours de désodorisation où acide, soude et javel sont appliqués par ruissellement», détaille Didier Marliac.

Autant de mesures qui satisfont l'association initiatives Chartrons Saint martial qui regroupe des riverains de la station, même s’ils ne sont pas à l'abri d'incidents, comme en mars dernier. «La fréquence des mauvaises odeurs et leurs intensités diminuent fortement», se félicite Pascale Contale, secrétaire générale au sein de l'association.