Bordeaux: Les gérants de bars et de restos veulent rester ouverts après minuit

VIE NOCTURNE Les patrons des établissements concernés se mobilisent ce jeudi contre l'arrêté municipal qui les oblige à fermer leurs portes...

Elsa Provenzano

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A Bordeaux, le 16 avril 2015,  les commerçants du secteur du cour de l'Yser sont en colère contre l'arrêté qui les contraint à fermer à minuit.
A Bordeaux, le 16 avril 2015, les commerçants du secteur du cour de l'Yser sont en colère contre l'arrêté qui les contraint à fermer à minuit. — E.Provenzano / 20 Minutes

«Ils voudraient tuer le quartier, ils ne s'y prendraient pas autrement», lâche Jean-Paul Manenc, président de l'UMIH 33, syndicat de l'hôtellerie et de la restauration. Depuis le 1er avril, un arrêté municipal contraint certains établissements proches du cours de l'Yser à fermer à minuit, au lieu de 2h du matin pour les bars et restaurants, et 7h pour les discothèques. La mairie estime que la plupart des établissements visés porte atteinte à la sécurité publique.

Un référé déposé contre l'arrêté

L'arrêté cible une zone géographique bien précise qui concerne une quinzaine d'établissements, installés entre le marché des Capucins et Nansouty. Et ce qui inquiète beaucoup les gérants de ces commerces, c'est que l'arrêté s'étend jusqu'au 31 mars 2016. Une durée qui met en péril l'avenir de ces établissements, familiaux et de petite taille pour la plupart, selon l'UMIH 33.

Le syndicat organise un rassemblement des commerçants du quartier ce jeudi soir au bar de L'Avant-Scène. Ils observeront une minute de silence à cette occasion. Un référé pour annuler l'arrêté est en cours, alors que le syndicat déplore l'absence de dialogue entre la mairie et la profession.

Des nuisances en cause dans l'arrêté

«Depuis deux ans, malgré les contrôles et les fermetures administratives, on a constaté une hausse des nuisances pour les riverains et une augmentation des manquements aux règles de sécurité publique de la part des établissements», constate Emilie Kuziew, maire adjointe du quartier. Avec cet arrêté, la municipalité veut se montrer plus ferme.

«Mais pourquoi pénaliser toute la population au lieu de sanctionner les contrevenants?», s'interroge Jean-Paul Manenc. L'adjointe rétorque «qu'un très grand nombre d'établissements du secteur sont ciblés car ils ont des dossiers en cours auprès de la police nationale et de la préfecture».

«J'ai signé la pétition lancée par les riverains et les commerçants car c'est vrai qu'il y avait beaucoup d'incivilités. Mais c'est de l'injustice de faire fermer des établissements comme le mien, alors que je n'ai jamais été condamné», explique Eric Bernard, gérant de l'Avant-Scène, un bar à concerts situé sur le cours de l'Yser. «Je comprends que certains se sentent lésés, on n'a pas de position arrêtée là-dessus mais on va regarder juridiquement ce qu'il est possible de faire», assure l'adjointe, ajoutant que la situation dans le quartier s'est apaisée depuis l'entrée en vigueur de l'arrêté.

«Comment voulez-vous qu'on travaille?»

«La clientèle qui sort du cinéma ou du restaurant et veut prendre un dernier verre nous échappe et on le ressent sur notre chiffre d'affaires. On perd aussi en crédibilité comme on a une petite scène de concerts. La musique s'arrêtait à minuit même avant l'arrêté, par respect pour les riverains, mais là on est obligé de mettre les gens dehors! C'est invivable! Comment voulez-vous qu'on travaille?», s'emporte Eric Bernard.

Ce gérant envisage de déménager car il estime son activité menacée.