Bordeaux: Les dessous financiers du premier marathon nocturne

ECONOMIE La métropole accueille samedi 18 avril son premier marathon, qui va attirer 18.000 coureurs, et générer près d’un million d’euros de recettes…

Mickaël Bosredon

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Le marathon de Bordeaux, le premier nocturne en France, se tiendra le 18 avril
Le marathon de Bordeaux, le premier nocturne en France, se tiendra le 18 avril — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Avec 18.000 inscrits, le marathon de Bordeaux Métropole se classe d’emblée dans le «Top3» des épreuves en France, dès sa première édition. «Nous nous étions fixés un objectif à 8.000 participants» rappelle Aurélien Hochart, chef de projet du Marathon pour la ville de Bordeaux. «Nous bénéficions sans doute de l’effet de curiosité, puisqu’il s’agit du premier marathon nocturne en France.»

Les retombées économiques indirectes pour les quatre villes concernées (Bordeaux, Mérignac, Pessac et Talence) et la Métropole s’annoncent conséquentes. «Les hôtels vont faire le plein, et la plupart des restaurateurs vont jouer le jeu en ouvrant plus tard samedi soir» poursuit Aurélien Hochart.

«Opacité du contrat»

Si la ville de Bordeaux s’enorgueillit d’être «quasiment la seule collectivité à ne verser aucune subvention à l’organisateur (Lagardère Unlimited) pour ce type d’épreuve», Pierre Hurmic, élu d’opposition EELV à la métropole et au conseil de Bordeaux, souligne pour sa part qu’une subvention de 50.000 euros a quand même été votée vendredi dernier en conseil de Métropole, en faveur du Club Bordelais-ASPTT, l’organisateur initial qui a confié la gestion de l'épreuve à Lagardère. «Les collectivités participent également en mettant à disposition du matériel, et des agents, durant la course» souligne l’élu. «C’est le cas pour toute grande manifestation sur la Métropole» met en avant Aurélien Hochart. Quelque 1.800 bénévoles, fournis par les collectivités et l'association, travailleront aussi à cet événement.

Pierre Hurmic s’indigne par ailleurs de «l’opacité du contrat avec Lagardère, et de l'absence de communication sur les montants versés par les partenaires, en premier lieu Nissan.» Aurélien Hochart assure que la somme versée par la dizaine de sponsors est de l’ordre de 200.000 euros. «Ce n’est pas disproportionné. Les partenariats ne se traduisent pas forcément par de l’apport de cash: Nissan fournit les véhicules électriques pour la gestion de la course, Abatilles des bouteilles d’eau, etc…»

«Nous prenons tous les risques» dit-on chez Lagardère

Concernant les droits d’inscription, qui génèrent 75% des recettes, le tarif pour le marathon a été fixé à 75 euros, à 40 euros pour le semi et à 25 pour le relais. «On est plutôt dans le haut du panier, reconnaît Aurélien Hochart, mais hors taxe et redevance au comité d’athlétisme de la Gironde, Lagardère touchera une moyenne de 36 euros par inscrit, donc de l’ordre de 700.000 euros en recettes.» Un accord, dont le montant reste confidentiel, prévoit qu’au-delà du dix-millième dossard, une partie du montant des inscriptions sera reversée au Club Bordelais-ASPTT.

Combien restera-t-il donc dans les caisses de Lagardère à l’issue de l’épreuve? «C’est une première édition, donc si nous sommes à l’équilibre ce sera déjà très bien, assure Corinne Vanier, directrice de l’événement pour Lagardère. On cite souvent les chiffres astronomiques du Marathon de Paris (qui génèrerait des profits de l’ordre de 1,5 million d’euros, NDLR) mais cette épreuve est hors catégorie. Sur le Marathon de Bordeaux, nous prenons tous les risques: qu’il y ait 7.000 ou 20.000 inscrits, nos frais fixes, liés au parcours, à la logistique, restent incompressibles. Et nous avons réussi à monter l’opération en six mois, ce qui était un véritable défi.»