Bordeaux: L'idée d'une salle de shoot mobile avance

SOCIETE Ville test des futures «salles de shoot» autorisées par l'Assemblée, Bordeaux pourrait lancer une salle mobile, sous la forme d'un camion qui irait à la rencontre des toxicomanes...

Mickaël Bosredon

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La ministre de la Santé Marisol Touraine a défendu mercredi l'expérimentation d'une salle de shoot à Paris, estimant qu'il fallait apporter "des réponses sans tabou" au problème de la toxicomanie.
La ministre de la Santé Marisol Touraine a défendu mercredi l'expérimentation d'une salle de shoot à Paris, estimant qu'il fallait apporter "des réponses sans tabou" au problème de la toxicomanie. — Joseph Eid afp.com

Bordeaux, avec Paris et Strasbourg, sera l'une des trois villes autorisées à tester une «salle de consommation de drogue à moindre risque», communément appellée «salle de shoot.» L'Assemblée nationale a en effet adopté mardi 7 avril les articles 8 et 9 du projet de loi Santé de Marisol Touraine sur la mise en place de cette expérimentation en France.

Le sujet est en discussion à Bordeaux depuis plusieurs années. Plusieurs associations portent des projets, comme La Case (Médecins du Monde) et le Comité d'études et d'information sur la drogue et les addictions (CEID). Alain Juppé a lui déjà dit qu'il pencherait plutôt pour une expérimentation dans un lieu d'accueil en milieu hospitalier, qui pourrait être l'hôpital Saint-André.

Un camion équipé de deux ou trois postes d'injection

Selon Le Figaro, une structure mobile pourrait venir en complément de l'accueil fixe qui sera choisi à Bordeaux. Il s'agirait d'un camion équipé de deux ou trois postes d'injection et qui irait à la rencontre des personnes dépendantes, à la manière des maraudes. Cette idée est portée par le professeur Jean-Michel Delile, psychiatre, directeur CEID de Bordeaux et vice-président de Fédération Addiction.

La mobilité de ce camion de shoot apparaît à l'équipe bordelaise comme une solution offrant «plus de souplesse», plus adaptée aussi à des populations marginalisées qui «sont elles-mêmes mobiles» explique le médecin dans Le Figaro. Il ajoute qu'un espace mobile «n'apporterait pas les toxicos sous les fenêtres» des habitants.