L'ex-Monsieur tram devant la justice

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Rebondissement dans l'affaire de favoritisme relatif à la pose du matériel roulant et des voies du tramway, qui remonte à 2000. L'ancien chef de la mission tramway, François Saglier, qui avait bénéficié d'un non-lieu en juin 2006, pourrait finalement se retrouver devant le tribunal correctionnel. Dans un arrêt du 9 mai, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux a annulé l'ordonnance de non-lieu, estimant qu'il existe des « charges suffisantes » contre François Saglier, aujourd'hui directeur du département bus de la RATP, à Paris. Son avocat, Bernard Noyer, a d'ores et déjà annoncé qu'il avait formé un pourvoi en cassation.

Il est reproché à François Saglier d'avoir permis l'attribution du marché au groupe Alstom pour le matériel roulant et les voies du tramway, au détriment de la société allemande Adtranz, associée à Seco-DGC (devenue DG Entreprise), qui avait pourtant présenté un devis moins cher. Mis en examen en avril 2004, François Saglier avait bénéficié d'un non-lieu en juin 2006 car, selon le quotidien Sud-Ouest, le juge d'instruction et le parquet de Bordeaux avaient estimé qu'il ne s'agissait que d'omissions ou d'interprétations erronées. La société évincée avait alors fait appel de cette décision. Trois ans après, malgré un dossier semblable, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Bordeaux est arrivée à une autre conclusion. Elle estime que François Saglier aurait « procuré ou tenté de procurer à la société Alstom un avantage injustifié » et « commis une atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats ».

préjudice Selon l'avocate de la société Seco-DGC, Dominique Druine, sa cliente, ainsi qu'Adtranz ont beaucoup souffert d'avoir été évincées d'un marché qui s'élevait à 350 millions d'euros. Elle estime que cette « victoire d'étape » est une «satisfaction » et un « soulagement ».