Aquitaine: Les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax ont du plomb dans l'aile

TRANSPORTS La commission d'enquête publique vient de rendre un avis défavorable...

Mickaël Bosredon

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Un TGV en garde Montparnasse à Paris
Un TGV en garde Montparnasse à Paris — Baleydier/SIPA

Les lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax verront-elles le jour? Rien n'est moins sûr, après l'avis négatif rendu ce lundi par la commission d'enquête publique. Cela ne veut pas dire que le projet est arrêté. Mais c'est un sérieux avertissement quant à la tournure que GPSO (Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest) est en train de prendre.

Ces deux lignes doivent se construire dans la continuité de la LGV Tours-Bordeaux en cours de réalisation, et qui sera inaugurée en juillet 2017. Les études faisaient état d’une mise en service de la ligne Bordeaux-Toulouse pour 2024, et de la ligne Bordeaux-Dax pour 2027. Un gain d’une heure sur chacun de ces trajets est prévu, ce qui mettrait Toulouse à 1h10 de Bordeaux. Un éventuel prolongement de Dax jusqu’à la frontière espagnole est lui prévu pour 2032.

Le coût total pour ces deux lignes est estimé à neuf milliards d’euros. Le coût des 327 kilomètres de lignes nouvelles est de 8,3 milliards d’euros, le coût des aménagements au sud de Bordeaux de 613 millions d’euros, et ceux au nord de Toulouse de 566 millions d’euros.

Impacts environnementaux

Dans ses conclusions, la commission d'enquête publique reconnaît des aspects positifs à ces deux projets, comme le gain de temps et les retombées économiques. Mais elle pointe du doigt les impacts environnementaux, et estime que les alternatives à ces deux lignes ont été insuffisamment explorées.

Si elles ont le soutien d'acteurs institutionnels, la région (PS) Aquitaine en premier lieu, et d'élus de premier plan du sud-ouest, ces projets ont aussi cristallisé maintes oppositions, dans le Pays basque notamment, où des élus locaux et des associations environnementales ont estimé le coût d'une nouvelle ligne prohibitif et milité pour la rénovation de celles existant déjà.

Les opposants exigent des scenarii alternatifs

L'un des ces opposants de longue date, le député socialiste de Gironde Gilles Savary, a salué lundi «un avis qui introduit enfin le bon sens et la rationalité économique dans un projet de LGV.» Il a demandé à l'Aquitaine «d'exiger de l'État et de SNCF Réseau des scénarii alternatifs» vers les Landes et l'Espagne d'une part, et vers Toulouse d'autre part.

Les élus d'Europe Ecologie Les Verts au Conseil régional d'Aquitaine se sont réjouis également de cette décision. «La commission d'enquête a repris tous les arguments à charge sur ce dossier exprimés de longue date par les écologistes» estime Monique de Marco. Pour Bernard Péré, cet avis «doit sonner le glas de ce projet d'un autre temps» et se tourner «vers les alternatives que sont les réaménagements et modernisations des voies existantes.»

Le gouvernement a désormais 18 mois devant lui pour se prononcer.