Poitiers: Condamné pour vente frauduleuse de matériel TNT à domicile

ESCROQUERIE Un entrepreneur a été condamné à un avec sursis et l'obligation de rembourser 665.000 euros à ses victimes, qu'il avait arnaquées en vendant des décodeurs TNT à des prix prohibitifs...

20 Minutes avec AFP

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Illustration palais de justice
Illustration palais de justice — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Un entrepreneur qui avait vendu frauduleusement du matériel de TNT à 150 foyers a été condamné jeudi soir par le tribunal correctionnel de Poitiers à un an de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction de gérer une entreprise de démarchage à domicile.

Olivier Gianolio devra également rembourser plus de 665.000 euros à ses victimes au titre des préjudices matériel et moral, et s'acquitter d'une amende de 5.000 euros. Le procureur avait requis huit mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende et une interdiction de gérer une entreprise de vente à domicile.

«Offset de réception radarisé ovalisé»...

«Offset de réception radarisé ovalisé», c'est ainsi qu'était présenté le décodeur vendu par la société «Air Evolution 78» dirigée par Olivier Gianolio et liquidée en décembre 2011.

La plainte d'une cliente avait alerté les gendarmes, le 6 octobre 2007. Le montant prohibitif de 3.990 euros était adossé à un crédit Sofinco prévoyant des mensualités de 69 euros pendant 84 mois, soit un total de 5.796 euros, équivalant à six fois le prix du marché, pour un décodeur TNT.

300 victimes identifiées

Au fil d'une longue enquête, 300 victimes ont été identifiées, mais seulement la moitié ont porté plainte. La méthode agressive de vente consistait à fixer un rendez-vous au domicile des victimes, trente minutes seulement avant l'arrivée d'un démarcheur qui pouvait parfois faire l'article  pendant plusieurs heures.

A la barre, Olivier Gianolio, s'est défendu en faisant à son tour l'article pour «une antenne motorisée, permettant de recevoir l'ensemble des chaînes gratuites du ciel européen.» «Il y avait aussi un disque dur, du matériel haut de gamme que j'achetais 3.500 euros», a-t-il fait valoir.

Mis en examen en 2009 et placé sous contrôle judiciaire, Olivier Gianolio était accusé d'«abus de faiblesse, de pratique commerciale trompeuse, d'obtention d'un paiement avant la fin du délai de réflexion, de publicité mensongère, et de fausses allégations.» Il était aussi soupçonné de travail dissimulé, sept salariés de son entreprise sur 28 étant effectivement déclarés.