Bordeaux: Pollution au radium sur le chantier des Bassins à Flot

ENVIRONNEMENT Le Radium 226 est un élément radioactif d'origine naturelle. Des débits de doses significatifs ont été trouvés lors de travaux...

Mickaël Bosredon

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Le site du chantier du groupe scolaire aux Bassins à Flot, où une pollution au radium a été décelée
Le site du chantier du groupe scolaire aux Bassins à Flot, où une pollution au radium a été décelée — MBOSREDON/20MINUTES

Le chantier a été suspendu et les zones contaminées recouvertes. La préfecture de la Gironde a annoncé jeudi soir la découverte, lors de travaux de terrassement d'un groupe scolaire au sein du quartier des Bassins à Flot à Bordeaux, «une pollution par du radium 226.» «Les premières analyses menées sur site font état de débits de doses radiologiques significatifs en plusieurs points du chantier.»

«Le radium 226 est un élément radioactif d’origine naturelle, explique la préfecture dans un communiqué. La principale voie d’exposition au radium pour l’homme est l’inhalation de poussières contaminées.» Suite aux mesures prises, il n’existe toutefois «pas de risque sanitaire immédiat lié à cette pollution» précisent les autorités.

La mairie recherche toutes les personnes impliquées dans ces travaux

C'est au cours des travaux de terrassement que «les bennes de deux camions de déblaiement ont bipé» à leur passage sous les portiques de détection, a expliqué  Jean-Louis David, adjoint au maire chargé de la vie urbaine et de la sécurité. Les deux camions «ont aussitôt été mis en quarantaine pour analyses et le chantier suspendu», a précisé l'élu.

La mairie a parallèlement entrepris de «rechercher et de lister toutes les personnes directement impliquées dans les travaux de terrassement et de déblaiement et qui ont donc été en contact direct avec la terre», a-t-il souligné.

«La mairie a sécurisé le site et attend désormais les instructions de l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) car aucune construction n'est envisageable sur ce site, sauf à avoir l'absolue garantie de zéro pollution», a ajouté l'adjoint.

Pas d'origine naturelle

Cette pollution ne serait pas naturelle. Le site, situé entre la rue de la Faïencerie et la rue Bourbon, a accueilli par le passé une verrerie et une faïencerie, et le radium était utilisé il y a encore un siècle dans certaines activités artisanales.

Sur le site de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), on apprend ainsi que «de nombreuses utilisations du radium ont été développées au début du 20ème siècle, notamment en raison de ses propriétés physiques (luminescence). Cette utilisation a progressivement décliné à partir des années 1930 pour pratiquement disparaître dans les années 1960. Il en a résulté de multiples sites d'activité industrielle, artisanale, médicale ayant extrait ou mis en oeuvre ce radioélément (...) Des pollutions radioactives ont pu avoir lieu dans certains locaux et parfois sur les terrains extérieurs du site (...) La situation radiologique des bâtiments qui utilisaient du radium est aujourd'hui mal connue, et devrait faire l'objet d'un diagnostic systématique afin de déceler une éventuelle présence de ce produit.»

Etudes pour déterminer l'ampleur et l'origine

«Sur le rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire, le préfet va prendre un arrêté prescrivant à la mairie de Bordeaux, propriétaire des terrains, de réaliser une étude approfondie afin de déterminer l’origine et l’ampleur de cette pollution. Ces investigations permettront au préfet de définir dans un second temps les mesures de dépollution adaptées» annonce enfin la préfecture.