Angoulême: Un clip incite à la haine des policiers, une plainte va être déposée

POLÉMIQUE Deux jeunes d'Angoulême ont posté un clip qui suscite de vives réactions...

M.N. avec AFP

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Image extraite du clip de la chanson rap aux paroles anti-policiers.
Image extraite du clip de la chanson rap aux paroles anti-policiers. — le def

Poposte, 24 ans, et Rémy, 18 ans, deux jeunes rappeurs d'Angoulême, ont été les auteurs d'un clip de rap qui suscite l'indignation, rapporte La Charente Libre. Vu plus de 4.000 fois sur YouTube, leur clip est une incitation à la haine des policiers.

Voici des exemples de mots doux destinés aux forces de l'ordre dans la chanson: «Toujours le sourire quand un flic crève», «Tire à vue sur les porcs. kalachnikovs, condé, mange tes morts. Posté dans la cuisine, on attend que le poulet décède», «Je vais les voir qui tapinent, tous ces pédés de la BAC», «J'aime quand un flic va à l'enterrement d'un de ses collègues»

Une plainte va être déposée par le syndicat Alliance

Le parquet d'Angoulême, avisé, a indiqué que «l'affaire était à l'étude, et le sera jusqu'au bout», sans préjuger à ce stade d'éventuelles suites judiciaires. Alliance a souligné avoir saisi sa hiérarchie nationale, ainsi que les services de l'Etat, et assure qu'un dépôt de plainte est imminent.

«Il est hors de question de laisser passer de tels propos orduriers et injurieux à l'encontre des policiers», a déclaré à l'AFP le délégué local d'Alliance, Patrice Renet, qui s'est dit «étonné et "écoeuré» que le clip soit consultable.

Le policier a dit avoir reçu nombre d'appels de collègues charentais émus et choqués par les paroles du clip. Il a souhaité que les services de l'Etat examinent les moyens de supprimer l'accès au clip sur internet.

«Il faut ça pour être dans le ''game"», explique un des rappeurs

«Que nous ne soyons pas épargnés, qu'on nous traite de tous les noms, c'est notre quotidien, a déclaré le policier de la BAC (brigade anticriminalité). Mais quand on parle de ''sourire quand un flic crève", cela ne me fait pas rigoler du tout.»

Sollicité par la Charente Libre, Rémy, un des deux rappeurs, assume tout. «C'est vrai que ça peut choquer. En réécoutant, on s'est dit "c'est hardcore" mais maintenant, il faut ça pour être dans le "game" [être dans le coup].»

Les femmes en prennent pour leur grade, avec des paroles aussi élégantes et respectueuses que: «Pour niquer ta mère, j'allume deux cierges», «Je ramène de la bonne, que ce soit de la weed ou de la femme», «Elle se met en levrette, je met ma quenelle», «Si tu saignes du cul, c'est qu'on t'a cassé la boîte.»

Sur leur page Facebook, les rappeurs ne se démontent pas et appellent au soutien, comme le montre ce message posté mercredi soir. «Nique les haineux, faites-moi sauter les 5.000 vues l'équipe.»