Bordeaux: Derrière les Girondins, difficile de se faire un nom en Aquitaine

FOOTBALL La région souffre d’un manque de clubs professionnels pour relever le niveau de sa Ligue…

Marc Nouaux

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Les Girondins Sané et Chantôme lors de Bordeaux-PSG joué le 15 mars 2015.
Les Girondins Sané et Chantôme lors de Bordeaux-PSG joué le 15 mars 2015. — SIPA

Au centre du foot aquitain, les Girondins de Bordeaux. Autour, aucune structure professionnelle. La dernière fois qu’un club aquitain a atteint le niveau professionnel, c’était Libourne-Saint-Seurin, qui a fréquenté la Ligue 2 entre 2006 et 2008, avant de couler. La saison 1991-1992 fut la dernière où les Girondins ont évolué au même niveau qu’un club local, lorsqu’ils étaient en Ligue 2, en même temps que Saint-Seurin.

S’il y a quelques clubs de CFA, le plus haut niveau amateur, avec le Stade Bordelais, Trélissac, Mont-de-Marsan ou Pau il n’y a pas d’autre locomotive. Cette absence d’alternative aux Girondins se ressent dans le niveau général de la Ligue d’Aquitaine.

Chaque année, il est rare de voir un club de la région s’immiscer jusqu’en 32es de finale de la Coupe de France. Mis à part Agen (alors en CFA2), en 2011 et le Stade Bordelais (CFA) en 2013, aucun club amateur aquitain n’a atteint ce tour charnière de la coupe nationale lors des cinq dernières saisons.

«Pas assez de grandes villes»

«Mais il n’y a pas mort d’homme si on n’a pas de clubs présents en 32es de finale de la Coupe de France, défend Jean-Michel Larqué, président du district des Pyrénées-Atlantiques. L’essentiel, c’est que les clubs soient structurés et que les enfants s’y sentent bien à l’intérieur.»

Un discours positif provoqué par une certaine fatalité. En Aquitaine, le football n’est pas forcément le sport roi même s’il est celui qui compte le plus de licenciés en nombre.

«Autour de moi, dans les petits villages, je suis cerné par le rugby, observe Larqué. On ne peut pas mettre de côté la dualité football-rugby, surtout dans les Pyrénées-Atlantiques. Je constate que l’engouement et que les partenaires privés vont plus vers le rugby que vers le foot mais il y a aussi un problème économique. Il n’y a tout simplement pas assez de grandes villes. L’exemple de Pau montre qu’il n’y a pas de place pour tout.»

Un rayonnement plus grand pour les Girondins

Au rang des bénéficiaires de ce manque de concurrence, les Girondins de Bordeaux. S’ils ne peuvent pas bénéficier d’une sorte de succursale leur permettant de prêter des jeunes joueurs à un club de la région, ils jouissent d’un rayonnement à travers tout le grand Sud-Ouest.

«Cela permet au club de brasser large en termes de supporteurs, se félicite Laurent Perpigna Iban, un des porte-paroles des ultramarines. Il y a des fans qui viennent des Charente jusqu’à Tarbes en passant par le Pays-Basque et le Lot-et-Garonne. En revanche, c’est vrai qu’on est obligé de faire 450 kilomètres pour se déplacer, à part contre Toulouse. Ca, c’est vraiment le gros point négatif.»