EN DIRECT. Procès Bettencourt : «Je suis considérée comme l'objet d'un troc»...«Je prends ça comme une insulte», Florence Woerth à la barre du tribunal

JUSTICE Deuxième jour du procès de Patrice de Maistre et Eric Woerth, jugés pour trafic d’influence… 

Elsa Provenzano
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Florence Woerth, la femme de l'ancien ministre du Budget Eric Woerth. AFP PHOTO / JEAN PIERRE MULLER
Florence Woerth, la femme de l'ancien ministre du Budget Eric Woerth. AFP PHOTO / JEAN PIERRE MULLER — AFP

Eric Woerth, 59 ans, ancien ministre du Budget et Patrice de Maistre, 66 ans, ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour trafic d’influence. Il est soupçonné que Patrice de Maistre ait obtenu la légion d’honneur en 2007 en contrepartie du recrutement de Florence Woerth au sein de la société Clymène, dont il était directeur général et qui s’occupait de gérer une partie de la fortune Bettencourt.  Lundi, les relations entre les deux hommes et les conditions de la remise de la légion d’honneur ont été passées au crible par les juges. Ce mardi, Florence Woerth devrait être entendue devant le tribunal. 

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Audience suspendue, reprise à 14 h 30. 

 

13 h : «Mon mari me laisse l'entière gestion de ma carrière, depuis toujours» 

Question de Jean Yves Le Borgne,avocat d'Eric Woerth, à Florence Woerth : «Dans vos autres emplois, avant Clymène, votre mari est-il intervenu?» «Jamais, il avait beaucoup d'autres choses à faire et d'ailleurs je n'aurais pas trop apprécié»

C'est lors du déjeuner en juin 2007 que le poste chez Clymène est évoqué pour la première fois. «Mon mari me laisse l'entière gestion de ma carrière, depuis toujours», insiste t-elle.  Elle a un dilemme entre 1818 et Clymène car on lui propose une promotion chez Clymène. 

 

12 h 50 : « Une petite carrièriste »

Note où de Maistre marque :  Problème du mari? «C'est pour en parler avec elle, voir comment elle voit les choses», s'explique de Maistre. 

Pourquoi vous dites à Madame Bettencourt que Florence Woerth est «une petite carrieriste?» dit président du tribunal «Pour elle, intégrer Hermès est une façon de paraître et d'apparaître», répond Patrice de Maistre. 

Il regrette qu'elle ne l'ait pas informée de son choix d'intégrer le conseil de surveillance d'Hermès. 

12 h 42 De Maistre dit qu'il la recrute pour faire plaisir au ministre, dans les enregistrements

Dans les enregistrements, De Maistre dit que c'est «un plus» d'avoir la femme du ministre du Budget chez Clymène à Liliane Bettencourt. Il dit aussi qu'il la recrute pour «faire plaisir» à Eric Woerth. «Pourquoi ça lui ferait plaisir? Moi je n'ai aucun rapport avec la famille Bettencourt»

12 h 32 : « Un sentiment d'injustice »

Patrice de Maistre lui annonce qu'il faut se séparer. Des négociations sont en cours mais intervient le cataclysme des enregistrements. «Le climat médiatique se tend à mon égard. J'explique à Courroye que je n'y suis en rien dans tous ces comptes en Suisse. Ensuite je démissionne. J'ai eu un sentiment d'injustice, on m'a accusé de choses avec lesquelles je n'avais rien à voir», se défend t-elle à la barre. «J'ai cherché du travail mais c'était devenu trop compliqué pour les employeurs de me proposer un job», ajoute t-elle. On lui conseille d'aller se mettre au vert.

Elle se dit victime d'un préjudice moral et à l'issue d'une procédure de conciliation, on transforme sa démission en licenciement abusif. Et a touché une indemnité dont on ne connait pas le montant. 

12 h 25 Proposition chez Hermès

On lui fait une proposition pour être au conseil de surveillance d'Hermès, qui l'intéresse.«Je me trouve dans une situation difficile, je ne sais pas comment m'y prendre ( pour le dire à Patrice de Maistre). On me dit non à tout depuis un moment donc j'ai peur qu'on me dise non pour de mauvaises raisons.» Le conseil de surveillance vote son arrivée, et elle est publiée à l'AMF. «Je ne savais pas que les journalistes y avaient accès, ils en font publicité et je suis prise de cours», précise t-elle. Pour elle, il n'y avait pas de conflit d'intérêt (à rester chez Clymène en étant au conseil de surveillance) car chez Hermès je n'ai pas de pouvoir de décision. 

 

12 h 18 : Son travail chez Clymène 

Vous vous plaignez du fait que ce soit Patrice de Maistre qui décide au sein de Clymène? l'interroge le président du tribunal. «Non je ne dis pas ça», répond t-elle. Elle aurait aimé avoir plus d'échanges avec la direction. «Je voulais structurer mon poste, lui donner plus de consistance», raconte Florence Woerth. 

12 h 11 « Je prends ça comme une insulte »

Interrogée sur les faits : la suspicion de son recrutement en contrepartie d'une légion d'honneur pour De Maistre, par le président, elle répond : « je prends ça comme une insulte, je suis considérée comme l'objet d'un troc. C'est même  totalement en dehors de ma sphère de compréhension. Il n'y a jamais eu de rapport de hiérachie entre mon mari et moi. Connaissant mon mari, je ne pense pas que ce soit possible. Il n'a jamais eu de relations avec mes patrons alors qu'il aurait pu le faire facilement. »

12 h 02 «Il n'y a jamais eu de motivation financière»

Financièrement, Clymène est une perspective moins intéressante pour elle que 1818, son ancienne société. « Il n'y a jamais eu de motivation financière. J'étais passionnée par l'aspect international et cela a contribué à me faire accepter le poste », explique Florence Woerth

11 h 52 : Sa prise de contact avec De Maistre

Elle croise Patrice de Maistre dans une réunion politique, la première fois. Le 15 mars, RDV avec De Maistre au cours duquel il lui fait une proposition commerciale auprès de Clymène. On lui dit que cette proposition de 1818 n'est pas retenue pas mais qu'on veut la rencontrer. «Cela m'étonne, je n'avais pas pensé à sortir du milieu bancaire», explique t-elle. Le 28 juin, De Maistre lui fait une proposition au sein de Clymène. Elle en a une autre chez Generali. 

11 h 42 «mon nom plus retenu que ma personne»

« La proposition de Clymène me fait réflèchir à une autre voie, plus apaisante. Il n'y a plus d'aspect commercial, plus de client. Le changement familial avait été fort ces derniers mois, ( son mari est alors ministre) donc j'avais été sensible au fait que mon nom était plus retenu que ma personne. Commercialement cela devenait compliqué, je n'aimais pas du tout ça. »

Des clients la sollicitent, lui demandent des services parce qu'elle est l'épouse du ministre et elle ne supporte pas cela. C'est une des raisons pour lesquelles elle veut quitter 1818 pour Clymène. 

«J'aurais du reprendre mon nom d'épouse mais je ne pouvais pas, j'aurais perdu ma notoriété professionnelle. Cela fait 30 ans que je suis connue sous mon nom d'épouse»

11 h 33 Parcours professionnel 

Assez stressée à la barre, Florence Woerth raconte sa carrière. A fait un master économie à Paris II, spécialité en finances. A été analyste financier. 97 : chez Rothschild et compagnie gestion. Février 2006, rentre à la compagnie 1818.

Qu'est-ce qui fait qu'au cours de l'année 2007 vous envisagez un autre emploi? lui demande le président du tribunal. 

«Je vieillissais et j'ai commencé à réflèchir. Il y avait beaucoup d'engagement personnel, c'était un peu lassant parfois», répond Florence Woerth. A eu une première proposition de la part de Generali. 

2007 : rentre chez Clymène comme directeur des investissements. 

11h 30 : Reprise de l'audience Florence Woerth à la barre 

 

 

Suspension d'audience jusqu'à 11 h 25 

11 h 11 : Un article en cause 

L'avocate de De Maistre lit un article du Monde du 22 janvier 2009 et lit un paragraphe qui gêne son client : «C'est cette situation bien moins délicate qu'a récupérée Florence Woerth, l'épouse du ministre du budget Eric Woerth, responsable de la gestion de la fortune de Mme Bettencourt  (ce qui n'est pas exact précise l'avocate au cours de sa lecture) depuis la fin de l'année 2007 au sein de la structure Clymène. Selon son entourage, au vu du passé, et au vu des pertes finalement constatées pour Mme Bettencourt dans cette affaire, Mme Woerth considère elle aussi que le pire a été évité.» 

11 h 06 Florence Woerth à un moment présentée comme gestionnaire de fortune

De Maistre estime que dès 2009 des articles de presse sortent sur Florence Woerth et la présentent comme gestionnaire de la fortune Bettencourt, ce qui pose problème à Patrice de Maistre, qui occupe effectivement ce poste. Il lui demande de faire des mises au point mais elle répond que c'est difficile. 

10 h 57 : recrutée sur son profil 

Maître Jean Yves Le Borgne, avocat d'Eric Woerth, montre que fin juin 2007 le processus de recrutement se poursuit. Patrice de Maistre voit d'autres candidats après sa discussion avec Eric Woerth sur la carrière de sa femme.

Il précise à Louis de Murard, avec qui il fait les recrutements, de mener un entretien professionnel avec Florence Woerth et de dire s'il estime que son profil ne convient pas. 

10 h 48 : Un candidat préssenti avant l'embauche de Florence Woerth

Maître Jacqueline Laffont, avocate de Patrice de Maistre,  lit une lettre du 3 avril 2007 qui évoque la volonté de recruter un jeune homme de 28 ans chez Clymène, avant qu'il soit question d'embaucher Florence Woerth. «On voulait l'engager. Mais il a répondu non ( non satisfait de la rémunération) et je me suis souvenu de la conversation que j'avais eue avec Eric Woerth», explique De Maistre. Il explique qu'il aurait embaucher ce candidat s'il avait accepté. «Et je ne serai pas là» soupire De Maistre. 

10 h 35 : «je la traite comme n'importe quel collaborateur»

«Je décide qu'il faut se séparer de Florence Woerth (en 2010, l'année où les enregistrements sortent dans la presse) et je la traite comme n'importe quel collaborateur», explique De Maistre. Il va l'annoncer à Eric Woerth, en premier, au cours d'un déjeuner. Elle démissionne à l'été 2010, et touche 90.000 euros à son départ. 

10 h 32 : «Un monde entre rencontrer et recruter»

«Il y a un monde entre rencontrer et recruter.Je n'ai jamais dit à monsieur Murard qu'Eric Woerth m'avait demandé de recruter sa femme » se défend Patrice de Maistre. Il explique qu'il a su qu'elle cherchait un emploi, en parlant avec son mari.

10 h 24 Les liens entre Eric Woerth et Patrice de Maistre

Son recrutement coïncide avec la crise financière. Elle a le sentiment d'être sous-employée à l'époque. Patrice de Maistre explique que c'était une période difficile. Elle aurait aimé avoir plus d'autonomie.

Comment vous expliquez que Mr de Murard explique que c'est à la demande d'Eric Woerth que vous rencontrer son épouse?interroge le président. Ils avaient évoqué la carrière de sa femme ensemble. 

10 h 15 Début des débats

Patrice de Maistre : évoque à la barre le recrutement de Florence Woerth en juillet «quand je la revois et que je pense qu’elle peut faire l’affaire». Auparavant elle a travaillé pour une banque privée 1818. Elle devient Directeur « Recherche et Developpement» chez Clymène. Signature du contrat 13 septembre. Son poste consistait à faire des recherches , aller voir de nouvelles opportunités d’investissements, surveiller les fonds et gestionnaires.