Poitiers: L'avocat du prof poursuivi pour apologie du terrorisme dénonce un «acharnement»

SOCIETE Alors que le parquet a classé l'affaire, l'enseignant a été entendu pendant quatre heures par une commission disciplinaire du rectorat...

Mickaël Bosredon
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Illustration d'une classe de lycée.
Illustration d'une classe de lycée. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Jean-François Chazerans, enseignant dans un lycée de Poitiers et suspendu après avoir été soupçonné d'apologie d'actes de terrorisme lors d'un débat en classe après l'attentat contre Charlie Hebdo et un supermarché casher, a été entendu pendant quatre heures vendredi par une commission disciplinaire au rectorat.

Il s'agissait pour la quarantaine de membres de cette commission administrative paritaire d'entendre les explications de ce professeur de philosophie après des propos tenus en classe avec ses élèves de terminale. Le 8 janvier, au lendemain des attentats à Paris, Jean-François Chazerans avait organisé des débats en classe. Des parents d'élèves s'étaient plaints au rectorat pour les propos qu'auraient tenus le professeur.

Le parquet avait également été saisi pour «apologie du terrorisme» mais avait finalement classé l'affaire.

«On essaie de trouver quelquechose pour justifier cette suspension»

C'est sur la base de l'avis du conseil de discipline que le recteur Jacques Moret, qui le présidait, tranchera dans dix jours sur le sort de ce professeur de philosophie. «Ils cherchent à m'accrocher sur l'ensemble de mon oeuvre», a déclaré Jean-François Chazerans à l'issue de son audition.

«On s'écarte de la saisine», a estimé son avocat, Me Amaury Auzou, dénonçant «un peu d'acharnement» à l'encontre de son client. «On essaie de trouver quelque chose pour justifier cette suspension», a-t-il ajouté. Dans cette affaire, «il y a quand même la dignité d'un homme, la présomption d'innocence, et la seule erreur qu'on peut reprocher à Jean-François Chazerans c'est d'avoir provoqué le débat», a conclu l'avocat.

Dans l'éventualité de sanctions, l'enseignant se dit prêt à saisir le tribunal administratif.