Gironde: L'idée pour mieux gérer les prélèvements d'eau potable, d'ici 2021

ENVIRONNEMENT Des études sont en cours pour installer des forages permettant une gestion durable des nappes profondes...

Elsa Provenzano

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Eau potable. Le 16 03 2010
Eau potable. Le 16 03 2010 — G. VARELA / 20 MINUTES

En Gironde, on pompe quasiment toute notre eau potable dans les nappes profondes. Alors qu'en France, en moyenne, 60% de cette ressource provient de nappes souterraines, dans le département cette part grimpe à 97%.

L'eau prélevée, qui a l'avantage de ne comporter aucun polluant, est surexploitée sur le centre du département. La mise en place d'un champ captant, c'est-à-dire de forages mieux répartis sur le territoire, doit permettre de rééquilibrer ces prélèvements. Les deux commissions des schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Nappes profondes de la Gironde et des lacs Médocains travaillent en ce sens depuis le début des années 2000.Le point sur ce projet déterminant pour la préservation de la ressource.

Calendrier du projet

L'idée d'un champ captant est évoquée dès 1996, et se montre nécessaire à partir de 2003. Bruno de Grissac, hydrogéologue qui fait partie de la commission locale de l'eau du SAGE Nappes profondes de Gironde, précise que la concentration des prélèvements en un seul endroit crée des dépressions dans les nappes locales et comporte un risque de pollution des nappes souterraines par des eaux de surface. Des études de faisabilité du projet ont été réalisées entre 2000 et 2007. Et la Métropole a décidé de porter la maîtrise d'ouvrage depuis janvier 2013.

Les premières étapes seront des forages d'exploration complémentaires, puisque les premiers ont déjà eu lieu. Lorsqu'on connaîtra mieux la nature du sous-sol, dix à quinze forages d'exploitation devraient être proposés. Ils sont envisagés à Sainte Hélène, Saumos, Le Temple  et devraient permettre de puiser environ 10 millions de m3 par an, soit 10 % des besoins du département. L'eau serait acheminée sur Bordeaux et l'Entre-deux-Mers.

Ensuite, arrivera la finalisation avec l'implantation des canalisations. Il faudra les relier et les ramener vers l'agglomération. Le projet global sera arrêté en 2017 et soumis à enquête publique. Le champ captant devrait être mis en service, au plus tard, en 2021.

Un projet à 50 millions d'euros

Les deux commissions concernées en sont au stade de l'examen des impacts sur les milieux, les usages. Les forestiers sont invités à la table des discussions, puisque le sable des landes, une des premières couches souterraines, pourrait être impacté. «C'est une inquiétude légitime car les pins sont très sensibles au niveau des variations de la nappe», précise Bruno de Grissac. Plus on déplace les forages vers le Sud-Ouest, moins il y a d'impact mais plus on les éloigne de l'agglomération Bordelaise et plus le projet va coûter cher. A l'heure actuelle, il est évalué à 50 millions d'euros.

Prix pour le consommateur

Depuis 2003, la Lyonnaise des Eaux a commencé à augmenter les prix de l'eau potable en Gironde, anticipant ce chantier. La hausse devrait ainsi rester limitée dans les années qui viennent. «Elle pourrait même passer inaperçue», estime Bruno de Grissac.