Bordeaux: Tareq Oubrou pointe un «problème de recrutement des imams en France»

RELIGION L'imam de Bordeaux s'exprimait avant de recevoir le ministre de l'Intérieur dans l'après-midi...

20 Minutes avec AFP
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L'imam de Bordeaux et théologien Tareq Oubrou, le 27 décembre 2013
L'imam de Bordeaux et théologien Tareq Oubrou, le 27 décembre 2013 — Mehdi Fedouach AFP

Le Recteur de la Mosquée de Bordeaux, Tareq Oubrou, a jugé «grave» mercredi l'absence d'imam à la mosquée de Pau, préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Le théologien, connu pour ses positions à contre-courant, commentait sur France-3 Aquitaine l'absence d'imam à la mosquée de Pau depuis fin 2013, avant d'aller accueillir dans l'après-midi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, aussi en charge des cultes, dans la mosquée qu'il gère à Bordeaux.

En fin de matinée, le ministre avait annoncé une série de mesures concernant la communauté musulmane et l'islam, deuxième religion en France, notamment sur la formation des imams.

«Course à la construction de mosquées»

«C'est grave d'avoir une mosquée sans références religieuses», a-t-il estimé à propos de l'exemple de Pau. Et d'ajouter plus généralement: «Beaucoup de mosquées malheureusement se construisent sans penser au contenu de l'enseignement, sans penser à l'imam qui doit gérer le culte. Cette course à la construction de mosquées, sans préparer un projet pour l'éducation religieuse des enfants, peut aboutir à des situations comme celle de Pau: une mosquée sans imam», a-t-il prévenu.

L'imam de Bordeaux a une nouvelle fois pointé du doigt «un problème de recrutement des imams» en France, expliquant que «c'est en fonction de son profil, de son charisme, que les associations (cultuelles) choisissent» un imam. «Donc il n'y a pas un barème, il n'y a pas des critères universels objectifs qui permettent le recrutement de l'imam», a-t-il poursuivi.

«Parfois le politique, pour acheter le calme, affecte des salles de prières»

«Il y a une responsabilité qui incombe aux associations cultuelles et aux religieux eux-mêmes de faire le ménage, de faire un travail endogène dans leurs traditions musulmanes», a souligné le Recteur de la mosquée de Bordeaux.

«Mais il y a également la République et les autorités qui ne doivent pas délivrer des autorisations de construction de mosquées sans avoir un projet, un contenu et des gens désignés dignes de confiance» pour gérer le culte.

Et de conclure: «Parfois le Politique, pour acheter le calme, affecte des salles de prières sans prendre soin du contenu et du profil de l'imam désigné.»