EN DIRECT. Procès Bettencourt: «Une relaxe pure et simple», demandée par la défense d'Eric Woerth

JUSTICE L'avocat d'Eric Woerth, Jean-Yves Le Borgne, plaide ce lundi matin devant le tribunal correctionnel de Bordeaux...

Elsa Provenzano

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Le député UMP Eric Woerth (d) et son avocat Jean-Yves Le Borgne quitte le tribunal de Bordeaux, le 20 février 2015
Le député UMP Eric Woerth (d) et son avocat Jean-Yves Le Borgne quitte le tribunal de Bordeaux, le 20 février 2015 — Mehdi Fedouach AFP

Le tribunal correctionnel de Bordeaux juge dix prévenus depuis le 26 janvier pour abus de faiblesse au préjudice de Liliane Bettencourt et blanchiment. Eric Woerth est poursuivi pour recel d'une somme qu'il aurait reçue de Patrice de Maistre, l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, et qui, selon le témoignage de la comptable Claire Thibout, était destinée à financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le recel dont il est soupçonné est un délit puni de 5 ans d’emprisonnement et de 375.000 euros d’amende.

Woerth nie depuis le début du procès

Actuellement député et maire de Chantilly, Eric Woerth a démenti à plusieurs reprises à la barre les faits qui lui sont reprochés. «Je n'ai pas reçu d'argent liquide de la part de Patrice de Maistre pour financer la campagne électorale. Nous n'avons jamais parlé de ça, a-t-il martelé. C'est un ambassadeur qui donnait une chance de plus de gagner les élections. Et de souligner: je ne connais pas cette maison Bettencourt, je ne connais pas Banier, je ne connais que Patrice De Maistre.»

Le tribunal a cependant relevé des «coïncidences troublantes» concernant des rencontres début 2007 entre l'ex-ministre UMP Eric Woerth, alors trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy, et Patrice de Maistre, sur fond de transferts d'argent depuis la Suisse.

Des coïncidences trop fragiles pour le procureur, qui a demandé la relaxe.

Les avocats d'autres prévenus ( Wilhelm, Courbit, Vejarano, Le Barrois d'Orgeval, Bonduelle et Normand) vont aussi commencer à prendre la parole ce lundi. 

Ce live est maintenant terminé. Merci de l'avoir suivi. 
Audience suspendue, la plaidoirie de maître Le Borgne est terminée. 
11 h 55 Une relaxe pure et simple demandée par l'avocat
«Vous allez bien sûr le relaxer! La preuve des remises n'est pas rapportée et dans les comptes il y a de fortes probabilités pour que cette remise n'ait pas eu lieu. La relaxe c'est aussi une façon de mettre fin à cette curée médiatique, ces atteintes à son image depuis bientôt cinq ans alors qu'il gérait la réforme des retraites. Votre tâche est un devoir de restauration de la vérité. Je vous demande une relaxe pure et simple.»
11 h 42 : Et ça continue! 
Il parle d'une effroyable coincidence à qui on peut tout faire dire. Mais on confond concomitance et causalité, selon l'avocat. «La température de la terre ne cesse d'augmenter et les pirates de diminuer, il y aurait donc aussi un lien de causalité», observe t-il.«On a fouillé tous les comptes d'Eric Woerth et on n'a rien trouvé!»  souligne t-il. 
Alors pourquoi Claire Thibout aurait-elle menti? 
«Je pense que dans ce conflit familial, Claire Thibout avait pris parti pour Françoise Bettencourt. Elle a pu vouloir accuser celui qu'elle considère comme responsable de son propre licenciement  (Patrice de Maistre) et c'est aussi l'ennemi car c'est celui qui s'oppose à un placement de Liliane Bettencourt.»
 
11 h 36 : Il tire à boulets rouges sur Claire Thibout
«C'est l'appétence pour l'affaire d'état qui a ramené Woerth devant le tribunal, selon l'avocat. Est-ce raisonnable? Est-ce équitable?» 
Parle de la «résurrection» de l'agenda de Claire Thibout alors que l'affaire est déjà engagée. «Pourquoi marque t-elle un rendez-vous qui ne la regarde pas?» s'interroge t-il. Il concerne De Maistre et Woerth. 
11 h 27: Les témoignages de Claire Thibout critiqués 
100.000 euros ont été remis à André Bettencourt le 28 janvier, «s'il demande c'est qu'il en a besoin et qu'il n'y en avait plus. Et donc le 18 janvier, Claire Thibout n'avait pas la possibilité matérielle de remettre 50.000 euros». Il démonte aussi l' hypothèse de la sacoche d'André Bettencourt dans laquelle elle a expliqué avoir pioché. «Ce n'est pas possible car cette réserve a été constituée postérieurement», précise l'avocat. 
Ce serait De Maistre qui aurait répondu à la sollicitation de Claire Thibout qui se demandait pourquoi il voulait 150.000 euros. Et là il aurait dit «je vais les remettre à Woerth lors d'un dîner.» De Maistre est son supérieur, l'avocat s'étonne de sa question, et de la précision de la réponse. 
11 h 18 : Les coïncidences 
Dans le premier cercle, il y a une notion de proximité. De Maistre voulant faire passer ses idées et se faire reconnaître. Ces prétendues remises d'argent reposent sur des coincidences (retrait d'espèces de Claire Thibout le 12 janvier 2007 et la remise de 50.000 euros 6 jours plus tard, révélée par Claire Thibout, à Liliane Bettencourt qui la remet à de Maistre qui l'aurait lui même remise à Eric Woerth).

Pour maître Le Borgne, Claire Thibout n'a alors pas pu remettre 50.000 euros à Liliane Bettencourt, car il n'y avait alors pas assez dans la caisse. 
11 h 09 : Sur les remises d'argent 
En janvier et février 2007 : deux rencontres ont lieu à cette période entre Patrice de Maistre et Eric Woerth dans le contexte du premier cercle de l'UMP (donateurs pour la campagne de Sarkozy). Woerth est alors trésorier du parti.Quand Patrice de Maistre ( qui appartient au premier cercle) demande un entretien à Eric Woerth, celui ci n'a pas de raisons de refuser. «Ces rendez-vous ne sont pas extraordinaires», précise t-il. C'est lors de ces rendez vous qu'il y aurait eu des remises d'argent. 

«Et puisqu'il faut que tout soit suspect», l'avocat évoque le lieu de rendez vous en 2007, dans un café.«Un lieu où il y a le plus de témoins possibles», qui plaide en la faveur de son client, selon lui. S'il y avait eu transmission d'espèces, un bureau aurait été plus discret, estime l'avocat. 
10 h 58  Un recel fantasmé 
«Il fallait qu'il y ait un bourgeois pour prévenir toute iniquité» lance maître Le Borgne.
«La chambre de l'instruction a ri, quand j'ai souligné que j'étais là pour 'un recel tout court', elle a ri mais nous sommes quand même là. Il est poursuivi pour le recel de sommes indéterminées, déjà on ne sait pas de quoi on parle. On a évoqué 50.000, 150.000 et 450.000 euros...»
Parle d'un recel fantasmé...
10 h 51 La présence de Woerth est une anomalie pour son avocat
Maître Le Borgne, conseil d'Eric Woerth, prend la parole et se définit comme le défenseur de l'accident judiciaire, de l'intrus. Pour lui, sa présence est un dommage collatéral, une anomalie. «Il est croutillant d'avoir un nom qui surdimensionne un dossier» relève l'avocat. « Il fallait que ce dossier devienne une affaire d'état pour satisfaire je ne sais quel fantasme! »
Suspension d'audience. Reprise à 10 h 45. 
10 h 26 : 900 millions d'euros à l'institut Pasteur
Son client a très peu vu Liliane Bettencourt. Il n'était pas au courant des deux mandats de protection future. 
On lui reproche d'avoir reçu et enregistré des actes dont des testaments. «C'est quand même incroyable de penser qu'on se fait poursuivre alors qu'on fait simplement son métier!» 
Dans son testament, Liliane Bettencourt voulait donner 900 millions d'euros à l'Institut Pasteur, à sa mort. «C'est pour ça qu'on est là! Françoise Bettencourt Meyers est à la tête d'une immense fortune mais 900 millions d'euros...», lance l'avocat
10 h 13 «Il n'y a pas d'abus de faiblesse»
Patrice Bonduelle n'est pas aux ordres de Wilhelm, plaide l'avocat qui lit des échanges de mails entre les deux hommes. Il rappelle un contexte de réconciliation (protocole d'accord entre Liliane Bettencourt et sa fille) et en même temps il y a un projet de mandat de protection future. «Il n'y a pas d'abus de faiblesse», estime l'avocat, qui lit des demandes d'accords, de signatures, montrant selon lui que les actes ont été établis dans la concertation. 
10 h 03 La relaxe demandée par son avocat
Il demande la relaxe de droit et «pas au bénéfice du doute» pour Patrice Bonduelle, notaire.  
On reproche à son client en 2010 et 2011 d'avoir faciliter des délits d'abus de faiblesse au détriment de Liliane Bettencourt. «Je constate qu'il n'y a pas lieu à la condamnation, c'est ça le droit», lance t-il. IL demande une rigueur particulière pour ce procès particulier. 
 
9 h 53 : «La démesure de l'argent»
«On apprend que le chef de file des experts est témoin de mariage du juge ( Sophie Gromb et le juge Gentil), on a le droit de le dire mais ce n'est pas offensant! » s'insurge maître Chabert, toujours en allusion aux plaidoiries des parties civiles. Il martèle qu'il faut rendre la même justice pour tous et dans ce dossier les situations sont exceptionnelles. «A Lille on avait la démesure du sexe et ici c'est la démesure de l'argent», observe t-il. Rien n'est pire que la moral en droit pénal, estime l'avocat. 
 

9 h 41 Début de l'audience
Maître Chabert, avocat de Patrice Bonduelle commence en critiquant les plaidoiries des parties civiles. «On a besoin de crier qu'elle est victime», observe t-il. «Vous vous ne savez pas mais il y a tous les jours les deux corbillards qui arrivent devant le palais, leurs places sont réservées et en sortent une nuée de personne.» Il fait allusion aux vans mercedes de Françoise Bettencourt-Meyers et ses enfants. Il décrit une mise en place de l'image d'une pauvre femme avec ses enfants. 
Liliane Bettencourt dépense 2,6 millions d'euros frais annuels de voyage. «Lorsqu'elle donne un million à quelqu'un c'est la moitié de son budget vacances. On est dans la démesure!»
La fortune Bettencourt est évaluée à 26 milliards d'euros, «c'est quatre années du budget de la justice» lance t-il.