Procès Bettencourt : La milliardaire «victime» d'une «bande organisée»

JUSTICE Les avocats des parties civiles se sont succèdés pour plaider devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, ce jeudi...

Elsa Provenzano

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De gauche à droite, Olivier Pelat, tuteur ad hoc de Liliane Bettencourt et ses deux avocats Arnaud Dupin et Benoît Ducos-Ader.PHOTO / JEAN-PIERRE MULLER
De gauche à droite, Olivier Pelat, tuteur ad hoc de Liliane Bettencourt et ses deux avocats Arnaud Dupin et Benoît Ducos-Ader.PHOTO / JEAN-PIERRE MULLER — AFP

C'est une femme âgée et vulnérable, victime de la malhonnêteté d'un «cabinet noir», que les avocats de Françoise Bettencourt-Meyers et de ses enfants et ceux du tuteur ad hoc de Liliane Bettencourt, Olivier Pelat, ont décrit ce jeudi, lors de leurs plaidoiries.

Un combat pour protéger la milliardaire

L'audience a commencé par la lecture par maître Nicolas Huc-Morel, avocat de Françoise Bettencourt Meyers et de ses deux fils, d'une lettre écrite par sa cliente à sa mère, Liliane Bettencourt : «Ton amitié ( avec François-Marie Banier)  je l'aurais acceptée si elle ne portait pas préjudice à notre famille. Celui qui prétend être ton ami s'acharne à nous dénigrer depuis des années.» Lui et d'autres auraient «bourré le crâne» à la vieille dame, pour lui faire croire qu'il s'agissait d'un procès contre elle, intenté par sa fille.

Les avocats vont décrire à tour de rôle une «bande organisée», selon les termes de maître Arnaud Dupin, avocat du tuteur ad hoc de Liliane Bettencourt, qui s'est peu à peu insinuée dans la vie de l'héritière de l'Oréal pour la manipuler.

Ils dépeignent François-Marie Banier comme l'instigateur principal, parlant d'un
«prédateur», qui a «tissé sa toile». «Ce qui est extraordinaire dans cette affaire c'est comment il a réussi à parfaire en quelque sorte, la troupe, qu'il va plus ou moins gérer, ce cabinet noir. Il va faire en sorte que les personnes soient récompensées, sachant qu'on l'inquiétera moins», estime Benoît Ducos Ader, également avocat du tuteur de la milliardaire.

Une troupe de «malhonnêtes»

Patrice de Maistre et Pascal Wilhelm ont été particulièrement visés par les conseils des parties civiles.«Il gère bien sa fortune, il a été grassement payé, mais pas celle de Liliane Bettencourt», siffle l'avocat à propos de l'ex gestionnaire de fortune de la milliardaire. L'ancien avocat de Liliane Bettencourt Pascal Wilhelm est lui qualifié de «menteur». Maître Dupin estime que si ses actes avaient été limpides il y aurait des traces écrites. «La gestion des avoirs, que ses petits enfants doivent légitimement détenir, serait confiée à un homme qu'elle connait depuis quelques mois?», s'indigne l'avocat. «Tous ces gens ont été malhonnêtes avec Liliane Bettencourt», conclut-il.

Une vulnérabilité avérée selon eux

Le collège d'experts qui a rencontré la milliardaire en juin 2011 l'a estimé vulnérable depuis 2006, après examen de son dossier médical, de ses comptes-rendus d'hospitalisation etc. «Mais ils disent qu'il est permis de s'interroger à partir de 2003», souligne maître Arnaud Dupin, rappelant que les experts sont des gens indépendants, sous serments.

«Pas un remord ici, vous essayer de vous justifier comme des délinquants ordinaires, que vous êtes, le bagout en plus» , lâche maître Ducos-Ader, en clôture de sa plaidoirie.

Ce vendredi, les réquisitions du ministère public sont attendues.