EN DIRECT. Procès Bettencourt : «Un César de la délinquance pour François-Marie Banier»... «Il a tissé sa toile»...

JUSTICE Les avocats de Liliane Bettencourt, de sa fille Françoise Bettencourt-Meyers et de ses petits fils Jean-Victor et Nicolas Meyers vont défendre les intérêts de leurs clients à la barre, ce jeudi...

Elsa Provenzano

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De gauche à droite,  les avocats de Liliane Bettencourt Benoît Ducos Ader, et Arnaud Dupin, discutent. Le tuteur ad hoc de la milliardaire Olivier Pelat est en arrière-plan. PHOTO / MEHDI FEDOUACH
De gauche à droite, les avocats de Liliane Bettencourt Benoît Ducos Ader, et Arnaud Dupin, discutent. Le tuteur ad hoc de la milliardaire Olivier Pelat est en arrière-plan. PHOTO / MEHDI FEDOUACH — AFP

Le procès entamé le 26 janvier devant le tribunal correctionnel de Bordeaux s'intéresse à de présumés abus de faiblesse au préjudice de la riche héritière de l'Oréal. Les débats se sont terminés mercredi en début d'après-midi. Les plaidoiries des parties civiles ont lieu ce jeudi, avant les réquisitions du procureur, attendues vendredi. Pas moins de 19 avocats se succéderont lors de la dernière semaine pour la défense de 9 prévenus. L'ancien infirmier de Liliane Bettencourt Alain Thurin, qui a tenté de se suicider et qui est hospitalisé dans un état grave, avait choisi de ne pas prendre d'avocat.

Pour persuader le tribunal que les prévenus ont bel et bien profité de la vulnérabilité de Liliane Bettencourt, âgée de 92 ans et placée sous tutelle, les avocats s'appuieront certainement sur le rapport rendu par le collège de cinq experts médicaux qui conclut à une vulnérabilité de la milliardaire dès 2006.

Le live est maintenant terminé, merci de l'avoir suivi. 

17 h 33 : Audience suspendue, reprise demain matin, pour les réquisitions à 9 h 15. 
17 h 25 : «Vous êtes des martyrs!» ironise l'avocat
Les honoraires de maître Pascal Wilhelm estimés à 6 millions d'euros par les avocats des parties civiles. 
Maître Ducos-Ader ironise : «Vous avez devant vous des martyrs ! Elle est tellement autoritaire, Liliane Bettencourt, elle vous impose de prendre de l'argent, monsieur Banier!»
 
17 h 19 Des délinquants ordinaires, le bagout en plus
«Wilhelm il me fait de la peine, il porte la robe mais on ne fait pas le même métier. C'est un gros menteur». «Tous ces gens voudraient nous faire croire que séduite par les talents de Banier ( poursuivi pour avoir touché des dons de 400 à 450 millions d 'euros), elle aurait donné tout ça», s'insurge t-il. «D'Orgeval il a des circonstances atténuantes, il aime beaucoup les petits dons par contre», dit il de celui qu'il a appelé, méchamment il le reconnait le «toutou» du photographe. 
«Pas un remord ici, vous essayer de vous justifier comme des délinquants ordinaires, que vous êtes, le bagout en plus.» 
17 h 12 De Maistre dans le viseur
Au tour de Patrice De Maistre de subir les assauts de maître Ducos-Ader.  «Il va tout mettre en place avec son ami de délinquance François-Marie Banier. Et on bourre le crane à Liliane, on lui fait penser que c'est un procès contre elle. De Maistre est parfois un peu sournois : il dit qu'il est malade qu'il a des problèmes de coeur, avec beaucoup de mièvreries. Il n'aurait qu'une retraite de 5000 euros en tant qu'expert comptable, comment pourrait il alors entretenir la maison de son épouse à Saint Tropez?». 

 
17 h 10 «Pour un milliard d'euros, vous pouvez lui faire la bise»
«La salle des coffres (métonymie pour Liliane Bettencourt) vous y êtes rentré et vous vous y êtes prélassé. On est à un milliard d'euros, même si la prévention est plus réduite. Vous pouvez mettre 'affectueusement' à la fin des lettres et lui faire la bise tous les jours.» 
17 h : «Ne me parlez plus de celui-là», Liliane B à propos de Banier 
«Ce qui est extraodinaire dans cette affaire c'est comment il a réussi à parfaire en quelque sorte, la troupe, qu'il va plus ou moins gérer, ce cabinet noir. Il va faire en sorte que les personnes soient récompensées, sachant qu'on l'inquiètera moins»
A propos de Liliane Bettencourt : «J'ai rencontré quelqu'un d'exceptionnel. A l'âge qu'elle a, elle a de la répartie», rapporte l'avocat. «Ne me parlez plus de celui là», a dit Liliane Bettencourt quand elle est entendue par le juge. 
16 h 50 «Liliane B ce n'est pas la cassette c'est la salle des coffres»
Il pense que François-Marie Banier a prémédité ces actes. «Ce n'est pas ce personnage d'hurluberlu, il faut voir comment il a tissé sa toile. On fait des Césars pour tout, il y aura peut être un César de la délinquance et il faudra que François-Marie Banier soit récompensé.»
«Tout le monde l'aime Liliane Bettencourt, ce n'est pas la cassette c'est la salle des coffres», ironise maître Ducos-Ader.
Il qualifie le photographe de «méthodique», «un gourou». «Il a des lettres depuis des années, remarquez avec 1100 m2 à Paris vous pouvez avoir des pièces de rangements». 
16 h 39 «La vulnérabilité ce n'est pas l'incapacité»
«Il y a un moment où les masques tombent et nous y sommes».
«Quand j'entends à longueur de notes et à longueur de réponses que Liliane Bettencourt comprenait parfaitement ce qu'on lui disait, qu'elle était capable d'avoir un discernement. Que des notaires tiennent ce langage alors qu'ils sont censés connaître la loi...La vulnérabilité ce n'est pas l'incapacité, ce n'est pas l'insanité!,  plaide l'avocat. La vulnérabilité c'est un état de faiblesse». L'acte dommageable est commis quand il y a un acte notarié, quand la donation est authentifié, souligne t-il.  
 
16 h 33 Reprise de l'audience, plaidoirie Benoît Ducos-Ader 
«C'est une affaire dans laquelle j'avais un sentiment de honte et de tristesse pour les prévenus, parce que ce qu'ils ont fait est d'une grande bassesse, au moins pour la quasi totalité d'entre eux.» «La brochette n'est pas banale, dit il en montrant le banc des prévenus, on a un ministre par exemple qui est aujourd'hui un intermittent du spectacle (Woerth est absent)». 
Audience suspendue jusqu'à 16 h 25 
16 h 10 Liliane n'est pas absente 
«Tous ces gens ont été malhonnêtes avec Liliane Bettencourt. Tout le monde dans les bancs de la défense a voulu torpillé l'instruction. Liliane Bettencourt n'est pas absente, est bien présente et vous demande de lui rendre justice», termine maître Dupin. 
16 h 03 Pascal Wilhelm savait qu'elle était vulnérable
A propos de l'investissement réalisé par Liliane Bettencourt dans l'entreprise de Courbit via Pascal Wilhelm : «Courbit n'a peut être pas vu qu'elle était vulnérable, il ne l'a pas vu longtemps et elle donne le change. Mais Pascal Wilhelm le sait lui!» Si il avait été limpide il y aurait des traces écrites. «La gestion des avoirs que ses petits enfants doivent légitimement détenir serait confiée à un homme qu'elle connait depuis quelques mois?», s'indigne l'avocat. 
15 h 57 : Au tour de Pascal Wilhelm
«Il gère bien sa fortune, il a été grassement payé, mais pas celle de Liliane Bettencourt», siffle l'avocat à propos de l'ex gestionnaire de fortune de la milliardaire Patrice de Maistre. 
«Pascal Wilhelm, ce qu'il a dans la peau, c'est le mensonge, constant», enchaîne l'avocat au sujet de l'ancien avocat de l'héritière de l'Oréal.
15 h 48 L'avocat charge Patrice de Maistre
L'avocat s'attaque maintenant à Patrice de Maistre. Celui-ci va mettre en place un système de mise à disposition d'espèces, il s'occupe des comptes en Suisse, selon l'avocat (alors que De Maistre dément). «Il a un rôle actif pour que Liliane Bettencourt ne se constitue pas partie civile», selon lui. Il a fait signé un reçu suite à une remise d'argent (on le sait grâce à un enregistrement de 2009) et ensuite il détruit ce reçu et dit qu'il n'a pas touché d'argent, détaille l'avocat.  
15 h 37 : Le photographe aurait fait faire une note à la milliardaire 
Il en a conscience de cette vulnérabilité, estime l'avocat. Il emporte Liliane Bettencourt à Marrackech alors que Françoise Bettencourt subi une importante opération. Et, le 27 mai 2007 il lui fait faire une note «il n'y a pas eu de forcing pour l'assurance vie, vous avez bien fait d'accepter». 
15 h 29 Une assurance-vie à 262 millions d'euros
 Après la mort du mari de Liliane Bettencourt, Lindsay Owen-Jones, président du groupe l'Oréal jusqu'en 2011, écrit une lettre à Liliane Bettencourt pour lui proposer de diminuer sa présence aux conseils d'administration. 
Quand elle n'allait pas bien, pendant cette période, François-Marie Banier lui a dit qu'ils allaient régler la question de l'assurance-vie (262 millions d'euros), explique l'avocat. 
15 h 19 : «Tout le monde a vu qu'elle déclinait»
«L'état de vulnérabilité est établi depuis 2006 mais pas que pour les experts», poursuit maître Dupin. Un médecin dès 2007 demande placement sous tutelle. «Si cela avait été une simple affaire d'abus de faiblesse, un certificat médical aurait suffi, estime l'avocat. La réalité c'est que tout le monde a vu qu'elle n'allait pas bien, qu'elle déclinait, même si c'est vrai que c'est une femme combattive qui a recouvré certaines de ses facultés.» 
15 h 10 : Des médecins spécialistes dans leurs domaines 
«Ce ne sont pas des médecins pris au hasard, c'est un collége d'experts», composé de spécialistes.Parmi eux, deux éminents médecins de la faculté de Bordeaux. Et au total, cinq professionnels dans leurs disciplines, qui examinent la milliardaire en juin 2011. C'est aussi un rapport sur pièces avec les certificats médicaux, les rapports d'hospitalisation. Ils concluent à la vulnérabilité de Liliane Bettencourt à partir de 2006.
«Mais ils disent qu'il est permis de s'interroger à partir de 2003», souligne l'avocat. Les experts sont des gens indépendants, sous serments. Il rappelle qu'il n'y pas eu de demande de contre-expertise. 
14 h 55 : Un médecin recommandé par François-Marie Banier 
En 2003, Liliane B n'est pas bien, bourrée de cachets à cette époque. Les prescriptions du médecin Lablanchy sont importantes (35 médicaments par jour); il a été recommandé par François-Marie Banier (ce qu'il dément). «ça c'est l'oeuvre de François-Marie Banier!» lance l'avocat.  
Il ironise sur les rapports de médecins qui disent que tout va bien, alors qu'il n'y a pas eu d'examens mais seulement des «conversations mondaines», selon lui. 
14 h 48 : Les prévenus auraient essayer de déstabiliser le juge Gentil
L'avocat estime qu'il y a eu des informations dissimulées à la justice. Les prévenus auraient selon lui voulu empêcher les juges d'enquêter sur l'affaire. Ils ont essayé de déstabiliser le juge Gentil, selon lui. Il parle d'attaques de magistrats par voie de presse. Il y a des mensonges terribles. 
14 h 32 Le petit personnel...
«On traite avec mépris le personnel qui fait des attestations. L'état de santé de Liliane Bettencourt depuis 2006 dérange», continue l'avocat. Des licenciements interviennent en 2008, 2009 parmi les employés de la maison Bettencourt, selon l'avocat, quand ils deviennent gênants pour François-Marie Banier et Patrice De Maistre. Ces employés ont fait des attestations pour témoigner de l'état de faiblesse de la milliardaire en 2006. Pour Banier c'est du «petit personnel». François-Marie Banier au téléphone avec Liliane Bettencourt, dit à propos de la plainte : «mr et mme ( Françoise Bettencourt et son mari) finiront en prison pour avoir attaqué leur mère». 
14 h 29 : Des interviews préparées, séquencées 
Les interviews de Liliane Bettencourt par Claire Chazal et Marc-Olivier Faugiel ont été préparées séquencées, selon l'avocat, pour montrer à l'opinion publique qu'elle va bien. Pour lui, ces apparitions publiques ont éte orchestrées par une partie des prévenus. 
14 h 23 : Les écoutes «un instant de direct»
Pour maître Dupin, on peut parler de «bande organisée», il évoque «des avocats qui ont délaissé la robe pour les millions», des notaires qui ont fait semblant de ne pas voir et «un artiste qui a montré sa personnalité jusque devant le tribunal». 
Mais il y a les écoutes. Un instant de direct de ce qui s'est passé dans la maison en 2008 / 2009. 
14 h 14 Les faits sont simples
Son image a été très médiatisée alors que «chez les Bettencourt on vous éduque pour être pudique, certainement pas exubérant», souligne maître Dupin. Liliane Bettencourt comme sa fille a été élevée dans cet esprit, explique l'avocat.
«Il y a la réalité d'un dossier. Les faits sont simples. Vous aurez simplement à appliquer le code», lance t-il à l'intention des juges. 
Olivier Pelat fait des comptes-rendus réguliers à Liliane Bettencourt du procès. 
L'avocat décrit des moments en famille, maintenant, qui permettent, selon lui, de rattraper le temps perdu, (c'est à dire quand elle était sous la coupe de François-Marie Banier.)
14 h 09 : Reprise de l'audience, «Liliane Bettencourt, une victime»
Maître Arnaud Dupin, avocat du tuteur ad hoc de Liliane Bettencourt, Olivier Pelat à la barre : « Sept lettres un mot qui a fait défaut, sept lettres un mot que Liliane Bettencourt n'a jamais entendu, celui de victime. La réalité qui a du sens, c'est bien que Liliane Bettencourt a été victime de tous les prévenus présents depuis le début du procès. La stratégie de la défense, qui consiste en une inversion des réalités, ne peut nous empêcher de considérer Liliane Bettencourt comme victime ». 
 
Audience suspendue jusqu'à 14 h. 
12 h 19 Fin de la plaidoirie pour le conseil régional de notaires
Maître Bonduelle a pris toutes les précautions pour s'assurer de la volonté de la mandante. Il a en son âme et conscience considérer que les conditions étaient réunies pour que l'acte soit reçu (en l'occurence le mandat de protection future), termine l'avocate. Elle sollicite en cas de condamnation un euro de dommages et intérêts. 
12 h 13 : Le rôle du notaire 
Maître Pascaline Dechelette Tolot, prend la suite, toujours pour la chambre interdépartementale des notaiires. Beaucoup d'actes notariés ( testaments, dons, etc) ont été évoqués au cours des débats. «Le notaire se doit de recevoir un acte lorsqu'il est requis. Sauf exception, il ne peut pas refuser d'instrumenter. Il n' a pas pour rôle de se mettre à la place de son client. Il doit apprécier les capacités de son client, avant un acte», rappelle l'avocate. 
«Le 11 décembre 2007,  ils ont constaté la volonté de Liliane Bettencourt de faire un testament authentique au bénéfice de François-Marie Banier. On peut regretter qu'il n'y ait pas eu de délai de réflexion, c'est une question d'appréciation, mais il y avait une volonté exprimée par Liliane Bettencourt», explique t-elle. 
12 h 05  Les notaires se défendent 
Alexandre de Konn, du cabinet Lefèvre Pelletier associés, avocat pour la chambre interdépartementale des notaires de la cour d'appel de Paris, qui se porte partie civile systématiquement dès qu'un notaire est prévenu dans une affaire. Ici il s'agit de mâitre Normand, et maître Bonduelle, poursuivis pour complicité d'abus de faiblesse. La profession a été écornée par cette affaire. 
Suspension d'audience de 5 minutes
11 h 44 : Un euro symbolique et la reconnaissance d'un combat 
Demande d'un euro symbolique mais surtout reconnaissance d'un combat pour la vérité, pour Liliane Bettencourt. Fin de la plaidoirie de Maître Labrousse. 
11 h 37 Des hommes de loi qui sont des prévenus
Maître Normand fait des «conneries» des actes «qui lui brulent les doigts», selon les mots du notaire à la barre, rappelle maître Labrousse. 
« Maître Wilhelm qui devait être le réconciliateur a trahi la famille », continue t-il. Il veut s'accaparer la gestion de la fortune de la milliardaire, selon l'avocat. Il veut par exemple bloquer les fonds de Liliane B jusqu'aux 40 ans des petits enfants. 
11 h 34 Dénigrement de la famille
Déclaration de Nicolas Meyers (petit fils de la milliardaire) à la barre citée : «Un matin elle ( Liliane Bettencourt) m'a dit 'je ne veux plus te voir, quand je te vois, je vois ta mère'. J'ai mesuré alors l'entreprise de dénigrement de notre famille.»
 
11 h 28 : «Votre fille a déraillé, pour moi»
Flatterie, mensonge, duperie et irrespect ont été utilisés pour asseoir l' emprise des prévenus, selon l'avocat. On a essayé de culpabiliser les parties civiles en disant
« quelle image vous donnez de cette femme (faible, abusée etc)? »
Ce serait la trahison de la personne qu'on veut défendre, alors qu'il s'agit bien de la protéger, rappelle l'avocat. 
De Maistre cité dans un des enregistrements clandestins: «votre fille a déraillé pour moi. Elle est butée, butée, butée ! On est entrain de faire ce qu'il faut pour les neutraliser mais il faut que vous soyez patiente». 

 
11 h 20 : un conflit mère-fille construit par les prévenus 
François-Marie Banier et d'autres qui avaient une emprise sur la milliardaire, selon lui, et ont réussi à lui faire croire qu'elle était victime de sa fille. Le conflit entre elles est construit «de toutes pièces». 
Les propos de Jean-Victor Meyers à la barre sont repris par l'avocat, qui se rappelle de l'enterrement de son grand père, en 2007. «Au moment de se préparer, elle m'a demandé quelle paire de gants serait assortie à son manteau. Où est-ce que tu m'emmènes? Qu'est-ce qu'on fait ici?», avait-il raconté. 
11 h 14 : « Pas un vulgaire combat d'argent »
Maître Labrousse plaide pour la fille de Liliane Bettencourt et ses deux enfants :«On a voulu les faire taire. Elle dérange cette famille, elle dérange les projets de fraude commis au préjudice de Liliane Bettencourt». On leur a opposé un préjudice indirect et donc irrecevable alors que leur démarche est légitime, selon lui. «On a voulu faire croire que c'était un vulgaire combat d'argent». «Et qui vient dire ça? Ceux qui ont touché toutes ces sommes? C'est la défense par une fille de sa mère et par les petits enfants de leur grand mère.»
10 h 53 suspension de l'audience pendant 10 minutes. 
10 h 51 : «Il me tue»
C'est un dossier complexe. Je tiens à dire et redire c'est la raison pour laquelle la famille est aujourd'hui présente. Les paroles de Liliane entendues lors de l'audience citées par l'avocat : «C'est quelqu'un ( François-Marie Banier) que j'aime beaucoup, il est très intelligent. Mais il me tue, il deviendrait trop exigeant. Faut pas qu'il me tue, faut pas qu'il me tue». Combat d'une famille qui s'aime et qui est unie aujourd'hui. Fin de la plaidoirie d'Huc-Morel. 
10 h 37 L'échec du protocole d'accord
Retour sur le protocole d'accord signé entre la mère et la fille : «on veut parvenir à rétablir la paix et l'unité familiale, qui ne soit plus parasitée par les prédateurs qui ont été écartés». Il a été fait dans l'intérêt de Liliane Bettencourt, pour qu'elle voit enfin un médecin, et elle a aussi récupèré 700 millions d'euros d'assurance-vie.
«Nous pensions que les choses pourraient s'arrêter là, s'arranger. Elle a vécu comme une trahison ce qui s'est passé après. Elle pensait retrouver sa mère. Mais au mois de mars 2011, 3 mois après la signature de l'accord,il y a la découverte de ce que faisait l'homme de confiance», plaide l'avocat. 
10 h 30 : Les enregistrements clandestins évoqués 
«Il s'est dit ( De Maistre, l'ex gestionnaire de fortune) que lui aussi il pouvait avoir droit à un petit cadeau!», lance l'avocat. Il va également se faire désigner tuteur en mars 2010.

En décembre 2007 : dépot de plainte et en 2010, alors qu'on en est à peu près au même point, il se passe quelque chose d'imprévu. Pascal Bonnefoy, le majordome, appelle Françoise Bettencourt pour lui apprendre qu'il a placé un enregistreur dans la maison de sa mère. Précaution : les CD des enregistrements sont donnés à un huissier qui procède à une transcription. Tout sera remis au tribunal correctionnel de Nanterre. 
10 h 22 : «heureusement, des juges ont continué leur travail»
Si l'enquête qui démarre vite , le ressenti de la famille c'est qu'ensuite il y a un coup d'arrêt, en 2009. «On fait en sorte que l'expertise n'ait pas lieu, de cacher Liliane Bettencourt... »
Il rappelle que le PV de police avait fuité dans la presse. Ce n'était plus 500 millions mais 2 milliards le montant en cause. Pendant tout ce temps, selon lui, on explique à la milliardaire que sa fille est contre elle et qu'elle veut l'enfermer. «Heureusement il y a des juges qui ont souhaité continuer leur travail». 
10 h 14 : Une étonnante donation de 5 millions d'euros
Le 7 février 2008 : persquisition au domicile de François-Marie Banier. Son ami, Martin d'Orgeval se rapproche alors de la milliardaire.«On fait le ménage dans le personnel qui travaille au domicile de Liliane Bettencourt. On la convainc que c'est un acte de guerre alors que c'était un acte d'amour ». 
En avril 2008 : des tentatives de régulation sont organisées avec l'aide du notaire Jean-Michel Normand. 
23 septembre 2008 : «étonnante donation» à De Maistre de 5 millions d'euros et qui coûte 8 millions à Liliane Bettencourt. «Alors qu'il a déjà un salaire, dont il choisit le montant», s'insurge l'avocat. 
10 h 09 : «C'est un pied dans la famille»
11 décembre 2007: réunion de plusieurs prévenus qui évoquent une adoption ( du photographe par Liliane Bettencourt) et le fait que l'artiste devienne légataire universel et ce peu après le 19 novembre 2007, date de la mort d'André Bettencourt. Quand il devient légataire universel «c'est un pied dans la famille». Et il héritait de la maison de famille, des meubles, d'une partie de la société alors que comme son tuteur l'a dit Liliane B a «L'Oréal qui coule dans ses veines». 
9 h 59 25 000 euros par jour dépensés par les artistes
«On a la conviction quand on dépose la plainte qu'il a dû se passer quelque chose en 2006». «On ignorait que François Banier s'était fait désigné bénéficiaire d'un contrat d'assurance de vie, juste après son retour d 'hospitalisation. Un montant de 262 millions d'euros, excusez du peu...».
« Le photographe et son ami ont des activités artistiques continuellement déficitaires donc il faut un mécène», estime l'avocat. Et le train de vie des artistes est important : 25.000 euros par jour selon les calculs de l'avocat. 
9 h 54 Une personne vulnérable
Il est question de beaucoup d'argent mais nous ne sommes pas là pour ça. Il revient sur l'adoption de François-Marie Banier par la milliardaire, qui a bien été envisagée selon lui, notamment par Maître Normand, l'un des prévenus. Un des déclencheurs de la plainte en 2008, pour l'avocat. «Liliane Bettencourt est une personne vulnérable. Elle à 83 ans, en 2006. C'est une personne malentendante et c'est une vieille dame qui a été hospitalisée plusieurs fois», détaille l'avocat qui s'appuie sur le rapport des experts. 
9 h 48 Un dossier hors du commun
L'avocat parle d'un dossier extraordinaire, passionnel, 40 médecins se sont penchés sur Liliane Bettencourt. Les montants sont exceptionnels, «on ne parle que de millions» Des personnes qui ont été entendues plus de 18 fois (Claire Thibout par exemple).
Il évoque le principal prévenu François-Marie Banier :«Vous avez d'un côté un beau-parleur, l'amuseur qui est devenu un monsieur sans gêne. A su conquérir sa proie à force de flatteries». 

 9 h 38 : Début de l'audience. 
La parole aux parties civiles.L'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers Nicolas Huc-Morel commence par la lecture d'une lettre de sa cliente à sa mère.« Il y a une limite au delà de l'acceptable ». «Ton amitié je l'aurais acceptée si elle ne portait pas préjudice à notre famille. Celui qui prétend être ton ami s'acharne à nous dénigrer depuis des années.» «Je nous devais de porter plainte.» L'avocat parle d'un «combat» d'une fille et des ses enfants