Un médecin français dans les derniers candidats à un voyage sur Mars

SCIENCES Le Bordelais, Jérémyu Saget, fait partie des cent dernières personnes encore en lice pour participer à une colonisation de la Planète Rouge…

Mickaël Bosredon

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Jérémy Saget, dernier Français en lice pour un voyage sur Mars
Jérémy Saget, dernier Français en lice pour un voyage sur Mars — J.SAGET

C’est le seul Français encore en lice. Jérémy Saget, 37 ans, médecin généraliste dans la banlieue de Bordeaux, fait partie des cent derniers candidats au voyage sur Mars. Il a déjà passé les deux premières épreuves de sélections, qui ont vu le nombre de candidats fondre de 202.586 à 680 puis à cent. Il reste encore un troisième round à réussir pour figurer parmi les 24 hommes et femmes qui seront retenus pour ce voyage sans retour.

Le projet Mars One a été lancé par deux Néerlandais, Bas Lansdorp et Paul Römer, l'un des créateurs du programme Big Brother. Les entretiens scientifiques sont coordonnés par le Dr Norbert Kraft, qui a travaillé pendant plus de 15 ans pour la Nasa, puis pour l'agence spatiale japonaise.

Un premier satellite de communication devrait être envoyé sur Mars en 2018, et la base installée en 2022. Six groupes de quatre personnes auront alors pour mission de coloniser la planète Mars, lors de voyages prévus entre 2024 et 2033. La durée de cet aller simple est estimée à environ sept mois. Pour financer ce programme estimé à environ six milliards de dollars, il est prévu que la société de production audiovisuelle Endemol filme la vie au sein de la base martienne, pour offrir le «plus grand spectacle médiatique de l'histoire».

Spécialisé dans la médecine aérospatiale

Spécialisé dans la médecine aérospatiale, Jérémy Saget est devenu médecin de vol parabolique, au sein du staff médical de Novespace, filiale du CNES implantée à Mérignac. Il est aussi marié et père de deux enfants. Contacté par 20 Minutes, il a livré ses premières impressions (ses réponses ont été fournies par mail).

«C’est la concrétisation d’un rêve (…) Je suis persuadé que le futur se tient, là, parmi nos songes, et que certains valent plus que la peine d’être vécus.» A nos confrères de Sud-Ouest, il a confessé être «un mari et un père aimant » mais qu’il ne voulait pas renoncer à ce qui le définit. «Je ne suis pas croyant, mais ce type de projet nécessite une forme de foi. Ma famille le sait. Je les aime et  - d'une manière ou d'une autre - je serai toujours là pour eux.»

«C’est la nature de l’homme d’explorer, se dépasser, s’aventurer»

Concernant ses motivations, il explique que lorsque qu’il avait deux ans, il voulait être «savant». «Ensuite, j’ai voulu être cascadeur, et à cinq ans je trouvais qu’astronaute était une belle synthèse de vocation. Sans doute un grand-père pilote de chasse, formé aux Etats-Unis et lui-même candidat astronaute à la fin des années 1960 a eu une petite influence…»

«A 20 ans, à l’occasion de la mission Mars Pathfinder, je suis tombé sur un article sur la future mission habitée vers Mars, projetée à cette époque à 2020 et j’ai alors compris que notre génération, pour la première fois de l’humanité, verrai l’homme sur Mars (…) J’ai promis de m’y consacrer d’une manière ou d’une autre, de vivre cela de près.C’est la nature de l’homme d’explorer, se dépasser, s’aventurer. Je pense qu’il faut inspirer les nouvelles générations, ré-enchanter le monde.»

«Ce que je crains le plus, c’est le voyage vers Mars»

Jérémy Saget n’en a pas moins quelques appréhensions. «Ce que je crains le plus, en pleine conscience, c’est le voyage vers Mars, avec mention spéciale pour l’EDL [Entry, descent and landing, soit Entrée, descente et atterrissage], huit minutes de terreur, puis la vie sur place ISRU [Utilisation des ressources in-situ], avec tous ces défis inédits qui nous attendent, avec cette "pale blue dot" [point bleu pâle, comprendre la Terre] dans le ciel rouge et poussiéreux.»

Le médecin sait toutefois qu’il n’en est encore qu’au début de l’aventure. Il lui reste maintenant à franchir les prochaines étapes de sélection, pas les plus faciles, puisqu’il s’agira de prouver ses capacités à vivre en communauté, avant de passer aux phases d’entraînement proprement dites.