Bordeaux: Face à Saint-Etienne, les Girondins ont appliqué la loi du milieu

FOOTBALL Devenus très solides au milieu de terrain depuis deux matchs, les Girondins ont fait évolué leur jeu…

Marc Nouaux

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Le milieu des Girondins Jaroslav Plasil (à d.) à la lutte avec son ancien coéquipier Landry Nguemo, lors de Bordeaux-Saint-Etienne joué le 15 février 2015.
Le milieu des Girondins Jaroslav Plasil (à d.) à la lutte avec son ancien coéquipier Landry Nguemo, lors de Bordeaux-Saint-Etienne joué le 15 février 2015. — AFP

A nouvelle organisation tactique, nouvelle manière de jouer. Dimanche, face à Saint-Etienne, comme ce fut le cas à Evian une semaine plus tôt, Willy Sagnol, le coach girondin, a décidé d’aligner un milieu de terrain très fourni. Sané, Poko, Plasil et Khazri avaient pour mission de densifier l’entrejeu pour laisser le moins d’espaces possibles. Face à une équipe stéphanoise très forte dans ce domaine (Lemoine, Nguemo, Diomandé), la clé du match était de remporter la bataille du milieu. Ce que Bordeaux est parvenu à faire.

Certes, les Girondins ont revu à la baisse leurs ambitions de jeu. «Ce n’est pas l’objectif», se défend Sagnol. Dimanche, s’ils ont eu la possession en première période (60 %), ils ont éprouvé quelques difficultés dans la liaison milieu – attaque. Le but était clairement d’être fort et souverain dans l’entrejeu en remportant les duels et de profiter de transmissions rapides et de projections vers l’avant pour semer le doute dans la défense des verts.

«Lamine en 6, ça fonctionne bien»

Dans cette nouvelle configuration imposée par le staff des Girondins, Lamine Sané se positionne très bas, comme le faisait Sertic lorsqu’il était titulaire, et s’intercale entre les deux défenseurs centraux pour être le troisième relanceur. «On a vu aussi que Lamine en 6 ça fonctionne bien car ça nous permet d’avoir un triangle très complémentaire, note Sagnol. Il y a de la taille, de la force, c’est très bon dans les duels.»

Les arrières latéraux, Contento et Mariano, se placent alors au niveau des attaquants, à la limite du hors-jeu, pour étirer au maximum le bloc équipe adverse. Cette volonté de mettre en place les offensives avait déjà été perçue en début de saison mais n’a pas été focément appliqué à chaque rencontre depuis.

Khazri en électron libre

Placés un cran plus haut que Sané, Poko et Plasil (Chantôme à Evian) brillent par leur activité incessante. Systématiquement en train de se projeter vers l’avant ou de faire du harcèlement sur le porteur de balle adverse, ils essaient d’empêcher les relances. Khazri, placé en pointe haute de ce milieu en losange, a le rôle d’électron libre, venant chercher des ballons très bas et lançant les attaques, comme sur le but de Rolan contre Saint-Etienne. A Evian, c’est tout en perforation qu’il a pu profiter de son nouveau placement au cœur du jeu pour marquer le but vainqueur de son équipe. Cela ne l’a tout de même pas empêché de beaucoup travailler défensivement.

En maintenant un état d’esprit de guerrier, matérialisé par l’omniprésence de Sané et Poko à la récupération, Bordeaux s’est remis à l’endroit dans la course aux places européennes. Reste désormais à ceux qui jouent moins en ce moment (Sertic, Maurice-Belay, Touré) à se mettre au diapason de leurs coéquipiers lorsqu’ils seront amenés à les épauler.

En deux matchs, Bordeaux a gagné la bataille du milieu et un état d’esprit. La confirmation de ce regain de forme et de l’efficacité de cette nouvelle configuration est attendue.