VIDEO. Aquitaine: «Le but de la loi sur le travail le dimanche est de créer de l’activité et de l’emploi»

INTERVIEW La députée PS Colette Capdevielle défend la loi Macron qui prévoit l’ouverture de commerces jusqu’à douze dimanches par an...

Mickaël Bosredon

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La députée PS Colette Capdevielle
La députée PS Colette Capdevielle — C.Capdevielle

Députée des Pyrénées-Atlantiques, Colette Capdevielle (PS) est montée au créneau samedi à l’assemblée lors des débats sur le travail le dimanche. «Je suis fatiguée qu’on vienne me dire ce que je dois faire le dimanche» a-t-elle lancé aux frondeurs, contre une extension du périmètre d’ouverture. 20Minutes a interviewé l’élue.

Lors des débats à l’Assemblée sur l’ouverture des commerces le dimanche, vous avez poussé un «coup de gueule»: vous demandez à ce qu’on laisse les commerçants s’organiser comme ils l’entendent le dimanche?

Ce sont surtout les élus qui vont décider. La règle reste le repos dominical, c’est dans la loi. En revanche les maires auront la possibilité d’octroyer jusqu’à douze dimanches dans l’année, contre cinq à ce jour. Mais ces dérogations se feront après discussion avec les syndicats et les acteurs économiques locaux: il faudra un accord partenarial sur les compensations. Et dans plusieurs communes, on peut supposer qu’il n’y aura pas douze dimanches d’accordés. Peut-être même que dans certaines villes, ce sera zéro, car il n’y aura pas de demande particulière des commerces. Donc on apporte de la latitude, tout en encadrant très fermement, c’est une bonne chose.

Tout le monde dans votre camp ne pense pas comme vous…

Il y a certaines postures de principe. Je comprends les craintes, mais à partir du moment où cela se fait en concertation, il n’y aura pas de problème. Il ne faut pas perdre de vue que le but de cette loi est de créer de l’activité et de l’emploi, et que dans certains secteurs, le luxe par exemple, les salaires pour travailler le dimanche pourront être multipliés par trois. Surtout, cela se fera sur la base du volontariat pour les employés, qui pourront en sortir quand ils le souhaitent. Enfin, n’oublions pas que les rythmes de vie ont énormément évolué ces dernières années. Certaines personnes demandent à travailler le samedi et le dimanche pour avoir des jours de congé en semaine.

Durant les débats, vous avez aussi pris la défense des «ploucs de province». Pourquoi?

Parce que le débat a été accaparé par les élus parisiens, notamment en ce qui concerne les zones touristiques internationales. Ils ont voulu nous donner la leçon, à nous les provinciaux, parce qu’eux, ils ont des commerces de luxe. Or, c’est un débat qui concerne toutes les villes, pas que Paris, où il se réduit d’ailleurs à trois boulevards: Saint-Germain, Haussmann et les Champs-Elysées. Bordeaux, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz… où la fréquentation touristique peut être très importante, sont tout aussi concernées.