EN DIRECT. Procès Bettencourt: "Une maladie dégénérative est à l'oeuvre depuis 2007"...Les experts psy à la barre.

JUSTICE Cinq experts médicaux comparaissent ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, qui juge dix prévenus pour abus de faiblesse au préjudice de la milliardaire, depuis le 26 janvier.

Elsa Provenzano

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Liliane Bettencourt le 12 octobre 2013 à Paris
Liliane Bettencourt le 12 octobre 2013 à Paris — Pierre Verdy AFP

L'évaluation de la capacité de discernement de Liliane Bettencourt est au cœur des débats du tribunal, qui doit se prononcer sur de présumés abus de faiblesse au préjudice de la milliardaire. Les cinq experts médicaux attendus à la barre ce lundi vont devoir répondre à de nombreuses questions sur l'état de leur patiente entre 2006 et 2011. L'héritière de l'Oréal, âgée de 92 ans et placée sous tutelle, est la grande absente du procès.

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19 h 28 Audience suspendue. Reprise demain à 9 h 30
19 h 20 Sur un conflit d'intérêt supposé
«Vous étiez une intime du juge d'instruction Gentil (elle a été témoin à mariage) est-ce que vous regrettez d'avoir accepté cette expertise?» demande maître Laffont à Sophie Cromb, experte.  
«Non, mais ce n'est pas la question aujourd'hui. Je suis expert auprès de la cour de cassation. Je suis rôdée, j'ai beaucoup d'expériences», répond l'experte. «Je n'étais pas une intime mais une amie de longue date avec son épouse. S'il y avait eu un conflit d'intérêt, je me serais déportée. Il n'y a aucun conflit d'intérêt.»
Le président rappelle que le tribunal n'a pas la charge de juger cet aspect. La cour de cassation a validé l'expertise. 
19 h 06 : Bataille d'experts
C'est à travers les actes qu'on peut se faire une idée sur les capacités de jugement? demande un avocat de la défense. 
«Oui, s'il y avait eu un changement total, qu'elle s'était mis par exemple à distribuer de l'argent, alors qu'elle ne le faisait pas avant», répond Michel Poncet.  
Les experts et le neuropsychiatre ne sont pas d'accord sur la maladie d'Alzheimer. «Avec les nouvelles extensions, on intégre les lésions mixtes à la maladie d'Alzheimer», explique l'un des experts. En gros, eux parlent d'une démence mixte et lui (le neuropsychiatre) d'une encéphalopathie vasculaire.Le neurologue et le neuropsychiatre sont d'accord et donc opposés au collège d'experts. 
18 h 53 : Etait-elle vulnérable? 
«Je ne pense pas que Liliane Bettencourt a une perte de l'autonomie décisionnelle en 2007», estime le neuropsychiatre. Celui-ci est aussi président de l'institut de la maladie d'Alzheimer (LIMA), qu'il a crée il y a 20 ans. C'est une association dont l'objectif est d'accompagner les aidants. 
L'encéphalopathie vasculaire ( qu'il a avancé comme diagnostic) qu'est-ce que c'est? l 'interroge maître Laffont qui défend Patrice de Maistre. «C'est une pathologie de l'encéphale d'origine vasculaire. Il y a une altération vasculaire chez cette dame», répond t-il. 
 
18 h 48 Quelles décisions pouvait-elle prendre? 
Le procureur : Elle est sous tutelle depuis octobre 2011 et vous dites en 2013 qu'elle peut prendre encore des décisions aujourd'hui?
Le neuropsychiatre : Oui, des décisions comme aller au musée par exemple. 
Le procureur : Nous sommes sur des décisions importantes dans ce procès dans la période de prévention, entre 2006 et 2010. Désigner son légataire universel par exemple.
18 h 37 : Le procureur juge le neuropsychiatre catégorique 
Pour lui les émotions (décès de son mari, hospitalisation) ne peuvent pas avoir altérer sa capacité de jugement mais il ajoute «on peut être vulnérable quand on se laisse envahir par des émotions». 
Le procureur : «il n'y aurait pas de vulnérabilité alors qu'elle prend des psychotropes, qu'elle a des affections somatiques et que vous avancez l'hypothèse d'une encéphalopathie vasculaire? Vous êtes très catégorique?»
18 h 31 : Pour le neuropsychiatre, elle n'a pas Alzheimer 
«Pour moi, elle n'a pas une maladie d'Alzheimer. Il est difficile d'évaluer sa capacité décisionnelle mais je crois pouvoir dire que ses capacités ont été altérées en décembre 2010 mais certainement pas en 2009.», estime le neuropsychiatre. Le document de février 2009 fait par le docteur Rémy montre qu'elle n'est pas malade de l'esprit, selon lui. C'est entre février 2009 et décembre 2010 qu'il y a eu une dégradation de sa santé. 
18 h 24 Un neuropsychiatre à la barre
Michel Poncet, neuropsychiatre marseillais retraité depuis 2008, est appelé à la barre. Il est intervenu en 2012, lorsqu'un collègue lui a demandé de donner un avis sur le dossier, qui concerne sa spécialité. Il a écrit un rapport en s'appuyant sur les documents des différents médecins qui ont vu la milliardaire, le rapport des experts et les remarques du neurologue.
 
18 h 12 : Un état de confusion mais pas de démence
Maître Dupin : un des médecins traitants a constaté que «L'état de Liliane Bettencourt s'était dégradé», c'était en 2006. Elle a été vulnérable mais pas en état cognitif déficient permanent, les experts et le neurologue sont d'accord là dessus. Mais cela rend possible des problèmes de jugement, ajoute un des experts.  
Maître Cornut-Gentil, avocat de François-Marie Banier, cite le médecin traitant plus loin dans son propos «afin qu'elle puisse recouvrer l'état intellectuel qu'elle avait auparavant».«Il y a un syndrome confusionnel, qui entame temporairement les capacités mais pas un syndrome démentiel», commente le neurologue Laurent.
17 h 50 : Suspension d'audience, reprise à 18 h 10. 
 
17 h 30 : Pas une démence avérée mais une fragilité
Lecture d'un autre courrier de Liliane Bettencourt à François-Marie Banier, dans lequel elle écrit très bien, fait des références culturelles et évoque des épisodes de sa vie. En 2006 / 2007 / 2008 : il n'y a pas de démence avérée, dans le sens où elle n'avait pas de dépendance dans tous les événements de la vie quotidienne. Mais elle avait alors des légers troubles cognitifs, associés à la surdité, selon les experts missionés. Elle était à ce moment là dans une situation de fragilité, selon eux. 
 
17 h 20 : «Vous pouvez signer deux fois le chèque»
Selon le professeur en neurologie, il ne faut pas dénier la valeur clinique d'un entretien qui dure 1 h 30 ( et non retenu dans le premier rapport des experts). Elle y fait part de ses difficultés suite à la plainte de sa fille. Elle se dit consciente que sa mémoire est diminuée. Pour lui, ce n'est pas le compte-rendu médical d'une personne avec une démence avérée. 
«Ce qui me gêne ce sont les troubles de mémoire, car vous pouvez signer deux fois le chèque», lâche le neurologue. 
 
17 h : «Est-ce qu'il y avait quelque chose à cacher?»
«Avoir des lésions Azheilmer ne veut pas dire qu'on est incapable de prendre une décision», estime le professeur de neurologie.
Le procureur regrette qu'il n'y ait pas eu d'IREM en 2010. «Elle ne voulait pas et son entourage n'a pas insisté. Est-ce qu'il y avait quelque chose à cacher?» s'interroge t-il. «L'IREM n'aurait pas donné toutes les réponses», précise le neurologue, qui estime qu'un examen clinique est plus pertinent que les tests ou même les imageries. 
16 h 46 : Les experts persistent dans leur second rapport
«La question c'est : Est-ce qu'il y a vulnérabilité? Que ce soit à cause de la surdité et de problèmes cognitifs ( mémoire etc.)», souligne un des experts. Et ils pensent que cette vulnérabilité démarre en 2006. Pour le neurologue mandaté par la défense, elle n'est formellement démente qu'à partir de 2010 et a pu avoir des plages de lucidité. Pour lui, la démence s'installe progressivement. Les experts missionés estiment que les conclusions du neurologue ne comportent aucune analyse mais seulement une opinion. Pour eux, il y a bien un trouble manifeste du jugement. «Il y a une maladie dégénérative à l'oeuvre depuis au moins 2007. L'évaluation du jugement est difficile à démontrer. Ce sont les actes eux-même qui peuvent servir à l'évaluer»,ajoute un autre expert. «Il y a une vulnérabilité certaine à cause de l'altération de fonctions cognitives et une altération réelle des possibilités de compréhension et de conversation», conclut -il. Les remarques du neurologue ne modifient donc pas les conclusions des experts. 
16 h 30 : Les experts pensent que la milliardaire présente une démence depuis 2006
«Un déficit cognitif lié à des problèmes vasculaires et une surdité profonde donnent une vulnérabilité. Mais il n'y a pas eu de bilan cognitif», dit l'un des experts. Un autre souligne qu'il est bien sûr difficile de situer le début des troubles. Mais pour lui, ces jours, ces semaines pour récupérer de son état confusionnel, en 2006 ( après son hospitalisation) sont importants. Ils marquent probablement le début de l'altération de ses capacités cognitives.

 
16 h 15 : Des lettres de la milliardaire lues à l'audience 
Deux lettres de Liliane Bettencourt envoyées à François-Marie Banier ont été lues.Elle y parle de sa convalescence «l'eau, cette jouvence», explique t-elle, par exemple. «C'est très bien écrit, et cela montre qu'il n'y a pas de démence avérée, il n'y a pas besoin de tests MMS ( tests de mémoire pour la maladie d'Alzheimer)», réagit le neurologue après la lecture des lettres. 
16 h 05 : «Un don de 262 millions d'euros après une situation de confusion»
Dès 2003, des antipsychotiques sont prescrits à deux reprises, relève le procureur de la République, qui souligne une fragilité dès cette époque. « Et 10 jours après une situation de confusion,(elle vient d être hospitalisée en septembre 2006 ) elle fait un don très important de 262 millions d'euros, une plaisanterie...» ajoute t-il. 
15 h 54 : Mise en cause du neurologue par un avocat des parties civiles 
Maître Dupin «A quel titre avez vous pu avoir des informations médicales auprès du médecin sur l'état de Liliane Bettencourt?» «On communique tout le temps entre nous»,répond le neurologue Bernard Laurent. «Oui, mais là, Liliane Bettencourt n'est pas votre patiente», rétorque Maître Dupin. Le neurologue a travaillé sur pièces, en analysant le dossier. Il n'a jamais rencontré Liliane Bettencourt. 
15 h 40 : «Moins bien suivie que n'importe quel patient de mon service»
Le docteur Rémi a détruit le dossier médical de Liliane Bettencourt, or il est le seul à l' avoir vue à deux reprises, ce qui ne permet pas au tribunal d'apprécier l'évolution de son état. Le neurologue Bernard Laurent évoque «une kyriade de médecins et une kyriade de médicaments et ajoute, elle a été moins bien suivie que n'importe quel patient de mon service à Saint-Etienne».
Il explique qu'elle souffre une démence mixte : des lésions d'alzheimer et des lésions vasculaires (qui interviennent de façon normale lors du vieillissement).  

15 h 25 : Critique de l'expertise par un neurologue 
Il regrette que l'entretien de Liliane Bettencourt avec le neurologue Yves Agid n'ait pas été retenu dans le rapport des experts. S'il n'y a pas eu de test lors de cet entretien, il ne les estime pas nécessaires. «On peut faire le diagnostic de la maladie d'Alzheimer juste en parlant avec le patient, c'est souvent le mieux d'ailleurs», précise Bernard Laurent. Il conteste l'entrée de la démence en 2006 ( comme le disent les 5 experts mandatés pour l'expertise) car pour lui son état confusionnel a été temporaire. Il fixe le début de la démence, fin 2010. «Il n'y avait pas de démence avérée. On le voit dans le test (MMS)».  

15 h 13 Reprise de l'audience avec un médecin mandaté par la défense
Suite à l'expertise menée par les 5 experts en septembre 2011, la défense a chargé Bernard Laurent, professeur de neurologie, de faire des observations sur celle-ci. Ils n'ont pas demandé de contre-expertise. Il est donc entendu en tant que témoin. 
Il a fait une note le 24 mars 2012. 
«J'ai accepté cette mission parce qu'il manquait quelque chose d'important, le rapport du docteur Rémi fait en 2009. Je me suis demandé, est-ce que c'est une fluctuation d'experts ou de l'état de Liliane Bettencourt?». 
En 2009, l'expertise qui est réalisée n'est pas celle d'une maladie d'Alzheimer, selon le neurologue. «Pour moi, à ce moment-là, il est faux de dire qu'elle avait des troubles du langage et des troubles cognitifs.En aucun cas, je pense qu'elle avait un trouble du jugement à ce moment-là», explique t-il. 
 
13 h 43 : Suspension de l'audience et reprise à 15 h. 
13 h 35 : La surdité de la milliardaire évoquée
Liliane Bettencourt est atteinte de «surdité profonde», selon l'expert ORL. «Elle l'avait toujours surmonté cette surdité», selon la défense qui rapporte les témoignages de personnes qui arrivaient à communiquer avec elle, seul à seul. «Mais il suffit qu'il y ait un petit bruit ou qu'elle tourne la tête pour que la compréhension soit perturbée», pointe l'expert ORL. 
13 h 25 : Sur la capacité de la milliardaire à comprendre qu'elle est expertisée
«Comment pouvez vous vous assurer du consentement de Liliane Bettencourt à l'expertise?», interroge maître Laffont. «Son infirmier lui répétait nos propos. On lui a expliqué pourquoi nous étions là et elle nous a indiqué qu'elle comprenait bien», répond Sophie Cromb. «Je note donc qu'en juin 2011, Liliane Bettencourt était capable de consentir à une expertise» lance alors maître Laffont. «L'expertise je ne sais pas, mais elle a compris qu'on allait procéder à des tests, ça oui», répond Sophie Cromb. 
 
13 h 10 Les experts sur le gril
Maître Pierre Haik cuisine Sophie Gromb, experte, sur le fait qu'elle soit arrivée en même temps que le juge Gentil. «Nous n'avons jamais été seuls tous les deux», se défend Sophie Gromb. Les experts disent avoir passé la matinée (de 8 h à 12 h 30) chez Liliane Bettencourt pour leur expertise et maître Haik rapporte qu'ils sont restés moins de deux heures. On en saura pas plus sur ce point. 
«Une dizaine de personnes débarquent chez une personne âgée, sans l'avoir prévenue. Alors que tous ceux qui la respectent savent qu'il faut venir la voir en fin de journée», attaque maître Laffont. «On a été introduit un par un dans sa chambre. Je me suis adressé à elle avec extrêmement de douceur à Liliane Bettencourt. Et, nous menons nos investigations quand nous pouvons le faire, les personnes ne sont pas prévenues», répond un expert. 
12 h 55 : Une sommité en neurologie écartée selon la défense
Maître Laffont interroge les experts sur les éléments en leur possession pour rendre leur premier rapport. La défense estime que les experts ont décidé de «passer à côté» de certains documents. «Vous avez des regrets sur le déroulé de l'expertise?» interroge maître Laffont. 
«Aucun regret car le rapport (du docteur Agid) comporte très peu de données chiffrées, il est très peu informatif», répond un des experts. «C'est une sommité en neurologie, et le professeur Agid dit qu'il n'y a pas de troubles cognitifs propres à révéler une pathologie», souligne la défense. Un des experts répète que l'absence de test et de données chiffrées est problématique. 
 
12 h 49 La défense continue d'interroger les experts
«Un état stable et satisfaisant», «elle n'a pas besoin de mesures protection», l'avocat de Banier cite le compte-rendu d'un médecin de 2009, qui selon lui a été écarté par les experts. «Quand on regarde précisément les réponses, on en tire des conclusions différentes»,répond un des experts. «Je précise qu'à aucun moment dans notre première mission, il nous a été demandé de nous prononcer sur un compte-rendu médical mais de répondre à 12 questions», ajoute un autre. 
12 h 40 : Mise en cause par la défense de la rigueur intellectuelle des experts
La défense attaque les experts sur un compte-rendu médical qu'elle leur reproche de ne pas avoir lu. Les experts répondent qu'ils ont eu accès à un document qui relate ce compte-rendu, lors du premier examen. «Je suis là pour évaluer la rigueur intellectuelle des experts et là je crois qu'il y a un petit défaut», s'emporte maître Cornut-Gentil. 
12 h 27 Méthode de travail des experts 
Maître Cornut-Gentil, avocat de Banier, interroge les experts sur leur méthode de travail. Ils expliquent qu'ils n'ont pris connaissance que de leur mission (document officiel destiné aux experts), avant de voir la milliardaire. Les documents de la procédure leur ont été remis a posteriori et il les ont consulté après les entretiens. La défense déplore qu'ils n'aient pas pris en compte avant, l'ensemble de la procédure et notamment les comptes-rendus des médecins. 
 
12 h 15 : «Quasi incapacité de comprendre ce qui lui était demandé»
Le constat, le jour de l'expertise : «Liliane Bettencourt était dans la quasi incapacité de comprendre ce qui lui était demandé». Elle s'est fréquemment excusée de ne pas pouvoir répondre aux questions des experts. «On a rencontré une personne de 88 ans qui a encore des réflexes de femme du monde, très éduquée. Il est plausible d'imaginer que si elle a l'initiative de la conversation, elle puisse abuser de son interlocuteur. Par contre, j'ai des doutes sur le fait qu'elle puisse répondre». 
12 h 06 Qu'est-ce que la vulnérabilité?
Une question de maître Ducos Ader, avocat Liliane Bettencourt, est posée sur le contexte de la rencontre avec la milliardaire. Les experts ont attendu le temps qu'elle se prépare. «Elle était coiffée, maquillée et avez l'air heureuse qu'on s'occupe d'elle», raconte Sophie Cromb, experte. Aucune réticence n'a été constatée de la part de la milliardaire, avant d'accepter les entretiens avec les experts (c'était en 2011).

Sur la définition de vulnérabilité : «si vous ne pouvez pas comprendre les propos qui sont tenus vous pouvez ne pas avoir la capacité de répondre», note un expert. 
Lors du passage de l'audiomètre, elle avait du mal à affirmer «j'entends ou je n'entends pas». 
11 h 50 Audience suspendue. Reprise à 12 h. 
11 h 45 : «Un état de fragilité certain»
Expert psy : «Elle est dans un état de fragilité certain, elle a des problèmes physiques certains, elle vit dans un milieu protégé qui manque de stimulations. Elle est d'une exquise politesse, ce qui est pour l'expert, un réflexe conditionné». 
Un autre expert : «elle souffre de troubles temporels et spatials manifestes, constatés en 2007». Il parle d'une mauvaise appréciation des informations complexes et déplore que des tests n'aient pas été faits ou aient été détruits. «c'est très étrange et très ennuyeux». 
11 h 43 Chronologie des troubles 
Dès 2001 : Liliane Bettencourt se plaint de problèmes de mémoire. En septembre 2006, après une chute aux Baléares, c'est le début net des troubles qui affectent la milliardaire. En décembre 2007, les experts valident le déclin cognitif et il est évident en 2011. 
11 h 32 «Une altération des prises de décision est possible»
Retour sur les problèmes de santé de l'héritière de l'Oréal : elle a eu un cancer du sein  en 1986, un cancer du colon, une récidive de tuberculose (contractée en 1947  et qui avait provoqué sa surdité). «Elle souffre d'une surdité très importante», selon un spécialiste et expert.  «Il y a une altération des fonctions de compréhension et des fonctions conversationnelles. Et une alteration des prises de décision est possible», onclut ce spécialiste. 
Conclusion de l'expertise psychologique : «Elle ne permet pas de dire qu'elle dispose de toutes ses facultés de volonté et de décision». 
11 h 24 : «Une coquille vide»
Un des experts  : «Dans sa vie, elle a toujours été admirée. Elle nous a paru très femme du monde mais nous ne pouvons pas nous empêcher de la comparer à une 'coquille vide' même si l'expression est difficile.» Elle avait une attitude très travaillée, soucieuse de son apparence, selon lui. 
11h08 étude du dossier médical 
21 scellés qui remontent jusqu'en 1998 ( des cahiers infirmiers, des prescriptions, des dossiers médicaux, des comptes rendus opératoires) ont été examinés. 
«Des anomalies à l'imagerie sont constatées dès 2002 et elles interrogent sur le déclin des capacités intellectuelles, constaté par la suite», note Sopie Cromb, experte. 
Une démence mixte est évoquée à plusieurs reprises (dégénérative et vasculaire) est évoquée à plusieurs reprises dans les documents passés en revue. 
En octobre 2003 : les troubles cognitifs sont mis sur le compte de l'âge.
« Elle fait des phrases mal construites, oubli des événements récents, elle se répète », constate l'un des médecins, qui l'examine plus tard et pense, lui, qu'il s'agit d'une démence mixte. 
10 h 58 Elle faisait seulement des réponses stéréotypées 
Un autre expert psychologique qui succède aux autres rapporte son entretien avec Liliane Bettencourt : «Elle n'a quasiment pas été capable de répondre aux questions posées. Je me suis contenté d'un test très simple de vocabulaire et elle n'a pas pu répondre. Elle n'était capable que de faire des réponses stéréotypées 'oui je comprends', 'oui bien sûr'. Elle souffrait de surdité mais «l'infirmier lui répétait tout, et faisait des efforts pour qu'elle comprenne», précise l'expert. 
10 h 45 : Liliane Bettencourt ne connait pas son âge en 2011
Sophie Auriacombe, experte, rend compte du test qu'elle a fait passer en 2011 à Liliane Bettencourt. C'est un test crée en 1975 utilisé pour se donner une idée de l'état intellectuel de la milliardaire. Son infirmier lui rapporte les questions de l'experte à l'oreille, car elle a  des problèmes de surdité. Elle lui demande par exemple le jour, le lieu où elle se trouve. A la seconde,«elle regarde par la fenêtre et dit je dois être à Paris, Pour elle ce n'est pas évident», explique l'experte. Quand elle lui demande son âge, elle ne peut pas dire qu'elle a 88 ans mais elle connait sa date de naissance. «Comme elle ne connait pas l'année, elle ne peut pas me répondre», précise l'experte.
Elle lui fait aussi écrire 3 mots, elle les lit, les apprend, mais après une interférence brève elle ne se rappelle plus que d'un seul mot. 
10 h 36 : Un dossier médical détruit
On interroge le témoin sur le sérieux du médecin qui a fait passer le test en question à Liliane Bettencourt. «C'était un neuropsychiatre reconnu mais il était un peu en fin de parcours», lâche-t-il. «Il avait 78 ans», précise le président du tribunal. «Il l'a vu deux fois, c'est lui qui aurait pu constater une évolution, mais il a détruit le dossier médical», ajoute le président. L'avocat de la défense dit que cela n'enlève rien au sérieux de son examen. 
 
10 h 27 Lors d'un test, elle n'avait pas retrouvé le nom du premier ministre 
Maître Cornut-Gentil, avocat de François-Marie Banier, principal prévenu, interroge le témoin. «Devant des cas d'anxiété certains médecins prescrivent ce médicament ( l'anti-psychotique) sans qu'il y ait un diagnostic de maladie d'Alzheimer qui ait été posée?» Le témoin acquiesce. 
Le président du tribunal rappelle qu'elle n'avait pas retrouvé le nom du premier ministre lors d'un test. «Il est étonnant que Madame B n'ait pas pu répondre à cette question», convient le médecin.«Elle l'a retrouvé après, moi aussi ça m'arrive ce genre de choses», répond l'avocat de la défense. 
«Avec ces tests, on fait une photographie le jour J, il peut y avoir des fluctuations importantes. Cela n'a rien de linéaire», commente le médecin.
10 h 17 : La milliardaire prenait beaucoup de médicaments 
Une deuxième ordonnance en date d'octobre 2003 lui avait été montrée. Il s'était étonné du nombre de médicaments prescrits à la milliardaire : 27 le matin, 7  le midi, 15 le soir et 7 au coucher. Plusieurs ordonnances étaient alors superposées. «On pouvait craindre que les ses capacités intellectuels et mnésiques ne soient pas optimales», commente le médecin. Lui, ne l'aurait pas prescrit, en raison de l'âge de la patiente. 
10 h 08 Un antipsychotique qu'on peut donner au début d'Alzheimer préscrit 
Oublier le nom du premier ministre, comme cela a été le cas de Liliane Bettencourt, aurait dû donner lieu à des examens plus approfondis, estime le médecin.  Lors de la deuxième audition, on avait montré à ce médecin une copie d'une ordonnance d'un psychiatre datée de 2003. Elle comporte des compléments alimentaires, des vitamines mais aussi des médicaments allopathiques : des anti-dépresseurs, un anti-psychotique «qu'on peut donner au début de la maladie d'Alzheimer, à juste titre», estime le médecin  auditionné. 
10 h Début de l'audition de Claude Magerand, médecin psychiatre
Il est entendu en tant que témoin à la barre. Il est expert auprès de la cour d'appel de Paris mais n'a pas fait d 'expertise dans le dossier. En octobre 2010, entendu par la police. «Je n'ai jamais vu madame Bettencourt».On lui demande de définir «Troubles neuro-cognitifs» : difficultés de discernement, des incapacités à intégrer différents propos, peut se manifester avec des troubles de l'humeur, du caractère. Il détaille
des tests cliniques pratiqués dans les centres-mémoire. En complément des tests IRM et cela peut être aussi une ponction lombaire. «Ces tests sont essentiels pour évaluer la maladie d'Alzheimer? », interroge le président. Le témoin approuve. 

9 h 45 Début de l'audience 
Cinq experts médicaux vont être entendus aujourd'hui. Le président du tribunal constate l'absence de maître Wilhelm. «Ce n'est pas une audience à la carte», s'agace le président. Des expertises contradictoires ont été menées.
En décembre 2010, la juge Isabelle Prévost-Desprez avait ordonné une expertise qui n'a pas eu lieu.