Jordan Galtier, joueur de l'US Lège-Cap-Ferret en CFA 2.
Jordan Galtier, joueur de l'US Lège-Cap-Ferret en CFA 2. — JDP

FOOTBALL

Bordeaux: «Je ne veux pas être formaté par mon père», raconte Jordan Galtier, fils de Christophe

Avant Bordeaux-Saint-Etienne, on découvre le fils de l’entraîneur des verts, joueur de CFA 2 à Lège-Cap-Ferret…

Jordan Galtier est le fils de Christophe. L’entraîneur de Saint-Etienne, qui rendra visite à Bordeaux, dimanche à 14 h, a transmis la passion de coacher à son fils de 25 ans, joueur de CFA 2 à Lège-Cap-Ferret [passé par Auxerre, Bordeaux, Fréjus et Arles-Avignon] et déjà éducateur chez les jeunes. Serein et sympathique, il nous parle sans détour de son entraîneur de père, dont il tient à s’affranchir, pour ne pas être formaté par ses idées.

A 25 ans, vous êtes déjà tourné vers le coaching…

J’entraîne les U17 DH de mon club et je suis en train de passer mon BEF [brevet d’entraîneur de football]. Dans ma promo, il y a des anciens pros donc j’apprends énormément avec eux. Je pense que je vais basculer dans pas longtemps comme éducateur. Je prends du plaisir en ce moment dans ce club, avec des copains et dans cette région. Je profite de jouer au maximum, ne serait-ce que pour le diplôme, cela permet de s’adapter et de mettre en œuvre des choses auxquelles je pense en tant qu’entraîneur.

C’est votre père qui vous a transmis cette passion d’entraîner?

Je ne sais pas, je me pose souvent la question de savoir si inconsciemment, je fais ça par rapport à lui ou si c’est ma passion. Il y a trois-quatre ans, à Avignon, je voulais faire analyste vidéo et lui m’a conseillé de passer mes diplômes, de voir si ça pouvait me plaire. Il n’avait pas tort, le foot c’est toute ma vie. Depuis que j’ai 13 ans je suis toujours dans le monde pro ou semi-pro, j’ai ça dans le ventre.

Il vous donne des conseils pour avancer?

Pour l’instant, on n’échange pas tellement car j’ai envie de faire tout seul. J’écoute plutôt mes entraîneurs à Lège, Alexandre Torrès ou Nicolas Sahnoun, je vais au Haillan voir ce que tous les éducateurs font… En mars je vais aller à Saint-Etienne, je regarderai comment travaillent les différents entraîneurs et j’échangerai avec mon père mais je n’ai pas envie d’être formaté par ses idées. En début de saison, quand j’ai eu l’équipe des U17, je l’ai appelé pour qu’il m’aide dans la façon de construire une séance d’entraînement mais c’est tout. Pour moi, c’est vachement important de se faire seul.

Jordan Galtier en discussion avec son père, Christophe Galtier. - JDP

Vous pourriez travailler avec lui un jour?

Pourquoi pas. Je ne sais pas. Ca peut être cool comme tout le contraire. J’y pense souvent car je me dis que si un jour il m’appelle, est-ce que je suis sûr d’y aller? On voit que René Girard travaille avec son fils Nicolas [préparateur physique] mais lui, il a passé tous ses diplômes avant que son père ne le prenne dans son staff. Il faut que cela se passe dans ce sens et non l’inverse, je ne veux pas travailler avec mon père simplement parce que je suis son fils mais pour les compétences que je peux apporter.

En tant que joueur, il vous a beaucoup soutenu?

Pas plus qu’un autre père. Il n’était ni omniprésent ni absent. Parfois des mots durs, que l’on n’aime pas entendre à 18 ans, parfois des mots de réconfort. Je pense qu’il a été juste. C’est sa manière d’être et je trouve qu’il dégage ça en tant qu’entraîneur.

Suivez-vous tous les commentaires des supporteurs et des médias à son sujet?

Quand j’étais plus jeune, j’allais voir ce que disaient les supporteurs mais maintenant je n’y vais plus car je me suis rendu compte que l’on ne peut pas tous faire l’unanimité.

Les entraîneurs dégagent un côté parano, c’est aussi votre avis sur lui?

Je trouve que pas du tout. J’ai entendu certains journalistes qui l’ont dit mais moi je ne trouve pas. Il parle, il ne fait pas de langue de bois et je l’admire pour ça. Globalement, j’aime l’image qui sort de l’homme public.

Vous arrivez à vous voir malgré vos plannings chargés?

Très peu. Je ne l’ai pas vu depuis mai. On se parle plusieurs fois par mois au téléphone pour parler de foot. Disons qu’il a tous ses problèmes à gérer. Il a 24 joueurs à gérer au quotidien, plus les médias, après le soir, il y a sa femme, et ensuite ses enfants… Je comprends qu’il n’ait pas trop le temps.