Aquitaine: Un boulanger des Landes veut travailler 7 jours sur 7, et fait réagir en pleine polémique sur le travail le dimanche

ECONOMIE Le boulanger installé à Saint-Paul-lès-Dax, dans les Landes, a reçu le soutien de François Bayrou et de François Fillon...

E.P. avec AFP

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L'étalage d'un boulanger. Illustration.
L'étalage d'un boulanger. Illustration. — Philippe Huguen AFP

Un boulanger installé à Saint-Paul-lès-Dax a été contraint, après une mise en demeure de l'Inspection du Travail avec risque de saisie du Tribunal administratif, de respecter l'obligation de fermer un jour par semaine, comme l'impose un arrêté préfectoral de 1999, a t-on appris ce mardi.

«J'ai ouvert 7 jours sur 7 pendant 3 ans et demi. Je crée des emplois et de la richesse, je ne vois pas pourquoi on m'empêcherait de le faire», a expliqué Stéphane Cazenave, qui emploie 22 salariés et avait obtenu en 2014 le prix de «la meilleure baguette de France» au 1er Master national de la baguette de tradition française.

S'il s'est mis en règle depuis le deux février dernier, en fermant boutique le lundi, Stéphane Cazenave conteste toujours l'arrêté préfectoral: «Cela représente une perte sèche de 250.000 euros de chiffre d'affaires par an, je vais devoir licencier un ou deux salariés», affirme le boulanger.

La confédération des boulangers en opposition avec le boulanger landais

La confédération des boulangers a réitéré mercredi son attachement au jour de fermeture hedbomadaire. «Nous sommes attachés à ces arrêtés préfectoraux» qui déterminent les jours de fermeture des boulangeries, «ce n'est pas pour empêcher les gens de travailler mais c'est pour trouver des équilibres, promouvoir la qualité des produits», a réagi Jean-Pierre Crouzet, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie.

Car pour lui, si toutes les boulangeries étaient ouvertes sept jours sur sept, il n'y aurait pas pour autant plus de demandes. Il faut donc se partager le marché et surtout, ces jours de fermeture stimulent la concurrence, en permettant à un client de tester une autre boulangerie une fois par semaine, explique-t-il.

Bayrou et Fillon soutiennent le boulanger

Le président du MoDem, a apporté mercredi son soutien au boulanger, le jugeant victime d'un «abus» néfaste à l'emploi. Sur Radio Classique et LCI, le maire de Pau a demandé qu'«on laisse travailler ceux qui ont envie de travailler».

Dans un billet posté sur son blog, l'ancien Premier ministre UMP, François Fillon, a apporté «tout son soutien» à Stéphane Cazenave, «dans sa volonté d'être libre de travailler 7 jours sur 7», après s'être entretenu avec lui mardi matin. «Que le travail puisse dans notre pays être considéré comme un délit et la passion d'un artisan ainsi bridée doit nous alerter sur l'absurdité de notre système», écrit François Fillon.

Une autre boulangerie de la région concernée

Alors que le débat fait rage sur la loi Macron et notamment en ce qui concerne le travail dominical, une autre boulangerie du Sud-Ouest, Carrément Gourmand à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques, a également été contrainte la semaine dernière à un jour de fermeture dans la semaine, pas forcément le dimanche, en l'occurence le boulanger a choisi le mercredi, cette disposition étant valable dans toute la France.

Dans le passé, des organisations professionnelles de boulangers avaient bien saisi la justice pour obtenir l'annulation de cette disposition, mais, au terme d'une longue procédure, la plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'Etat, avait validé les arrêtés préfectoraux.