Procès Bettencourt: Le testament de la première fortune de France «plié en une semaine»

JUSTICE Entre le 4 et le 11 décembre 2007, des dispositions sont prises pour que François-Marie Banier devienne l'executeur testamentaire de Liliane Bettencourt...

Elsa Provenzano

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La défense de plusieurs protagonistes de l'affaire Bettencourt conteste mardi la validation de l'enquête dans le volet abus de faiblesse du dossier devant la Cour de cassation, qui se penchera par ailleurs sur les agendas de Nicolas Sarkozy.
La défense de plusieurs protagonistes de l'affaire Bettencourt conteste mardi la validation de l'enquête dans le volet abus de faiblesse du dossier devant la Cour de cassation, qui se penchera par ailleurs sur les agendas de Nicolas Sarkozy. — Francois Guillot AFP

Le tribunal correctionnel de Bordeaux s'est intéressé ce mardi au testament rédigé en 2007 au bénéfice du principal prévenu, le photographe François Marie Banier, qui comparait pour abus de faiblesse au préjudice de la milliardaire.

C'est au cours d’un déjeuner chez François Marie-Banier, le 4 décembre 2007, que la possibilité que celui-ci devienne exécuteur testamentaire de Liliane Bettencourt est évoquée, soit seulement quelques semaines après la mort d'André Bettencourt, le mari de la milliardaire. «J’ai toujours dit que je trouvais ridicule cette désignation de légataire universel. Je ne l’ai influencé en rien» se défend François Marie Banier.

C'est le 11 décembre que le testament sera signé. «En une semaine, c’est plié, il y a une certaine urgence!», remarque Denis Roucou le président du tribunal. «Ils ont fait comme Liliane  Bettencourt voulait. Je n’y avais pas d’intérêts, j’avais suffisamment d’argent dans ma vie», se cantonne à répondre le photographe.

«Cet acte me brûlait les doigts»

Le 11 décembre, la signature est organisée chez maître Normand, le notaire de Liliane Bettencourt. Celui-ci reçoit un coup de fil d’un autre notaire, en contact avec François-Marie Banier,  lui demandant un rendez-vous dans l’après-midi même pour signer un testament. Il se rend avec Madame Bettencourt à l'étude de maître Normand et la rédaction du testament se fait de manière très rapide.

«J'ai eu le sentiment que cet acte me brûlait les doigts» raconte après coup le notaire, prévenu pour complicité d’abus de faiblesse. Il marque dans son dossier que c’est une «connerie» et affirme n’avoir de cesse à partir de ce moment de faire révoquer le testament (qui le sera effectivement en 2010). «Le rôle de légataire universel a une dimension morale, incompatible avec Banier», explique-t-il à la barre.

«Mais pourquoi avez-vous alors accepté la signature?», s'étonne le président du tribunal. «J’étais tétanisé par cette disposition et Liliane Bettencourt était très déterminée», répond maître Normand. Il a eu l'impression que la milliardaire agissait par dépit, par réaction contre sa fille, avec qui les relations étaient difficiles.