Bordeaux: L’illumination Maurice-Belay

Laurent Brun

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Nicolas Maurice-Bellay, lors du match contre le FC Nantes, le 12 décembre 2014.
Nicolas Maurice-Bellay, lors du match contre le FC Nantes, le 12 décembre 2014. — OUEST MEDIAS/SIPA

Si le milieu de terrain offensif est parfois sujet à la moquerie médiatique, en raison de statistiques de jeu faméliques, il n’en est pas moins concerné par l’objectif collectif. Celui du footballeur, qu’il est avant tout.

L’Antillais d’origine, adepte de l’autodérision sincère, ne se cache pas derrière un mur d’excuses. Au contraire, il assume et parle. Sauf que, par nature, il ne dira jamais que ses performances sont impactées de plein fouet par une blessure récurrente à un genou. Il se garde bien, par modestie ou pudeur, de démonter l’argument de l’intermittence. Non, «N.M.B.» serre autant les dents que les strappings, et joue comme il peut. Pas toujours comme il veut. Il se contente du nombre de minutes que son entraîneur lui octroie. Avec parcimonie.

Une solution offensive dynamisante

Parce qu’avec son joueur, Willy Sagnol y va au jour le jour. Question de principe, question de santé. Un coach est là pour appliquer une méthode de jeu, obtenir des résultats, mais aussi préserver l’intégrité physique de son effectif. «Un fonctionnement au quotidien», comme il dit. Et Maurice-Belay entre aujourd’hui dans ce cadre-là. Quand il entre en jeu, comme ce fut le cas dimanche à Chaban-Delmas face à Guingamp (1-1), il fait le job. Il a, au retour des vestiaires, nettement éclairé une partie qui manquait singulièrement d’éclat. Menés logiquement 1-0, les Marine et Blanc peinaient.

Le «substitute» leur a alors rendu la tâche plus simple. «Il nous a fait beaucoup de bien, déclarait Willy Sagnol. Il ne s’était pas vraiment entraîné cette semaine à cause de son genou et, tenir quatre-vingt-dix minutes c’était difficile pour lui. Mais on a vu que sa finesse technique, quand il est en jambes, il nous fait beaucoup de bien, expliquait le technicien. C’est ce qu’il nous apporte, et j’espère que ça va continuer, sans pépins physiques… »

Faire le maximum

Un souhait, plus qu’une certitude, pour un coach en manque de réserve, actuellement. Car entre les graves blessures et les absences, pour cause de Coupe d’Afrique des Nations, pas évident de composer un onze de départ étoffé. En ce sens, Maurice-Belay, même amoindri physiquement, apporte une solution. Dynamisante et offensive, quand créer des décalages, conserver le ballon, et se projeter judicieusement vers l’avant ont été ses points forts. Étrangement, les siens en ont profité pour égaliser, arracher le point du nul, et garder une 7e place au classement (34 points), encore synonyme d’espoir…

«Dans l’intention, en deuxième mi-temps, c’était très bien, se contentait de dire l’intéressé. Je ne me suis pas entraîné pendant deux ou trois jours, je ne savais pas ce que ça allait donner. Et c’était une décision pas facile que de me faire commencer ou pas, confiait-il. J’ai essayé de faire le maximum mais ça n’a pas suffi (sic). C’est compliqué parce que j’ai besoin de rythme. L’entraînement, c’est ce qui permet d’engranger de la confiance, de répéter les gammes ; mais rester sans, et reprendre derrière, c’est pas facile.» Pourtant, on aurait juré que si.