Présidentielle: Juppé a lancé son marathon vers la primaire de 2016

POLITIQUE Le maire de Bordeaux s’est déplacé cette semaine en Saône-et-Loire, et livre une longue interview au «Figaro Magazine»…

M.B. avec AFP

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Alain Juppé le 10 octobre 2014 à la mairie de Bordeaux.
Alain Juppé le 10 octobre 2014 à la mairie de Bordeaux. — N. TUCAT / AFP

Entre le début de ses déplacements en province, et l’état des lieux de ses réflexions qu’il livre dans une longue interview au Figaro Magazine, Alain Juppé foule les premiers kilomètres de son marathon vers 2017.

Après un automne 2014 marqué par de bons sondages, une interview aux Inrocks, et au passage l'invention du terme «Juppémania», Alain Juppé cherche toujours à entretenir cette image de sage expérimenté qui se permet de saluer la réponse du gouvernement aux récents attentats. Jeudi, il accueillait la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, lors des assises de l'énergie à Bordeaux.

Mardi, il a entamé, comme prévu, ses déplacements en France, par la Saône-et-Loire:

«Je privilégierai non pas tant les meetings que les tables rondes avec des entrepreneurs, des enseignants, des salariés du privé, des médecins, des jeunes...» explique-t-il à l'hebdomadaire, précisant qu'il se rendra «souvent en milieu rural.»

«Entre dix et quinze engagements majeurs à prendre»

«La route est longue», disait-il début novembre, conscient que l'étiquette de chouchou des médias et des sondages deux ans avant une élection pouvait être un handicap. Il égrène dans le long entretien au Figaro Magazine propositions et réflexions. Oui, il a changé d'avis, il faut supprimer l'ISF. Il faut faire «sauter la règle universelle des 35 heures.» Il ne sait pas en revanche s'il faut un contrat unique de travail, un système de retraites par points ou retenir l'impôt à la source.

Bien loin des soixante engagements de François Hollande, il chiffre entre 10 et 15 les «engagements majeurs» à prendre. Et pense que ce sont les 100 jours «avant» la présidentielle qui comptent, et non pas les 100 premiers jours à la tête de l'Etat, «fantasme médiatique.»

Peu de troupes pour l’instant

Son équipe s'organise. «Mon problème aujourd'hui, c'est de répondre à toutes les offres de soutien que je reçois», explique-t-il encore à l'hebdomadaire, et ce alors que Nicolas Sarkozy peine à s'imposer depuis qu'il a pris la tête du parti fin novembre. Mais certains soulignent qu'Alain Juppé a peu de troupes pour l'instant, même s'il a reçu récemment le soutien, symbolique, de l'économiste Alain Minc, autrefois proche de l'ancien chef de l'Etat.

Mais il n'attaque pas Nicolas Sarkozy de front, dont il juge «positivement» les débuts à la tête de l'UMP. Quand il évoque une réforme nécessaire du Conseil français du culte musulman, il glisse d’ailleurs au passage qu'il s'agissait d'une «bonne initiative» de Nicolas Sarkozy.

Il soutiendra Sarkozy s’il perd la primaire

Le maire de Bordeaux se dit «déterminé» en vue de la primaire de 2016, dont il avait d'ailleurs rappelé récemment le cahier des charges: organisation indépendante, vote physique, et définition de qui peut y participer. La commission de Thierry Solère, missionnée pour y réfléchir, fait du «bon travail», selon lui.

Interrogé sur ceux qui lui reprochent sa proximité avec le leader centriste François Bayrou et le vote pour Hollande de ce dernier, Alain Juppé répond: «Pour moi, l'élection de 2017 ne sera pas la revanche de 2012.» «Je me situe très clairement dans une perspective de rassemblement de la droite et du centre», répète-t-il, qualifiant le FN de «parti de dénigrement. » Et si jamais il perdait la primaire au profit de Nicolas Sarkozy, un cas de figure susceptible de faire émerger le candidat François Bayrou, Alain Juppé l'assure: «bien évidemment», il soutiendra «celui ou celle qui aura été désigné» par cette primaire, donc l'ancien président.