Attentat à «Charlie Hebdo»: Accusé d'avoir perturbé la minute de silence, un prof de philo de Poitiers suspendu

ATTAQUES TERRORISTES À PARIS L'enseignant nie les faits qui lui sont reprochés...

M.B.

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Un enseignant dans sa classe le 9 septembre 2014 à ParisR
Un enseignant dans sa classe le 9 septembre 2014 à ParisR — Fred Dufour AFP

Un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo à Poitiers a été suspendu par le rectorat, accusé par les parents d'élèves d'avoir perturbé la minute de silence organisée le jeudi 8 janvier en mémoire des victimes de la tuerie à Charlie Hebdo. Les parents d'élèves se basent sur le récit des lycéens, qui racontent que l'enseignant aurait tenu des propos déplacés, selon une information révélée par la Nouvelle République. La suspension est d'une durée de quatre mois.

Le professeur nie les faits qui lui sont reprochés. Il explique avoir simplement instauré un débat après la classe, à la demande des élèves, sans jamais avoir commis une quelconque apologie du terrorisme.

Enquête ouverte

Le syndicat Snes-FSU a, lui, pris la défense de l'enseignant. «Le rectorat a tranché sur le simple dire des enfants, avant même d'avoir entendu le professeur. Ce jeudi-là, tous les enseignants ont été pris dans cette difficulté de devoir parler des événements sans qu'on nous donne la méthode. On se sent tous dans la même situation que lui», explique Magali Espinasse, cosecrétaire académique du syndicat.

Le parquet a tout de même été saisi de l'affaire, et a ouvert une information judiciaire pour «apologie d'actes de terrorisme.» L'enquête a été confiée à la police judiciaire.

L'intéressé raconte avoir «pris un véritable coup de massue», mais a aussi reçu un grand nombre de soutiens au sein de l'établissement. Des lycéens solidaires appellent même à une manifestation en soutien au professeur, mercredi à Poitiers.