Affaire Bettencourt: Le procès déjà suspendu

JUSTICE Le tribunal doit examiner une question prioritaire de constitutionnalité...

Elsa Provenzano

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Ouverture du procès Bettencourt à Bordeaux, le lundi 26 janvier 2015.
Ouverture du procès Bettencourt à Bordeaux, le lundi 26 janvier 2015. — E.Provenzano / 20 Minutes

Des absents et des questions de procédure. Le premier procès de l'affaire Bettencourt sur les abus de faiblesse qui auraient été commis au préjudice de la milliardaire Liliane Bettencourt s'est ouvert ce lundi à Bordeaux. L'audience a été suspendue jusqu'à mardi matin, le temps pour le tribunal d'examiner une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par les avocats des deux principaux prévenus, Patrice de Maistre, ex-gestionnaire de la fortune de l'héritière de L'Oréal, et le photographe François-Marie Banier, son confident. Ils ont déposé cette QPC autour de la notion de «blanchiment» d'argent dont doivent répondre leurs deux clients, également poursuivis pour «abus de faiblesse».

«Ce qui est en cause, c'est l’interprétation de la Cour de la cassation du blanchiment, qui estime que la même personne peut être poursuivie à la fois pour un fait principal et également pour blanchir l’argent. La question est intéressante. Je pense que le tribunal devrait la rejeter car plusieurs décisions de la Cour de cassation ont estimé que le texte du Code pénal sur le blanchiment était clair. Mais c'est de bonne guerre de poser des QPC», a commenté Me Benoît Ducos Ader, avocat de Liliane Bettencourt.

Le procureur adjoint, Gérard Aldigé, a fait savoir lors du début des débats qu'Alain Thurin, l'un des dix prévenus et ex-infirmier de Liliane Bettencourt, avait tenté de se suicider. «On ne sait pas s'il est vivant ou mort», a précisé le président du tribunal Denis Roucou. «Cet homme a quand même été aux côtés de Mme Bettencourt pendant longtemps, c’est particulièrement triste de savoir que cet homme a attenté à ses jours», a réagi Me Benoît Ducos Ader, à la fin de l'audience.

Claire Thibout absente

On a aussi appris lors de cette matinée que Claire Thibout, l'ex-comptable de la milliardaire et l'un des témoins clés de l'affaire, qui a été mise en examen pour «faux témoignage» en novembre 2014, était absente et qu'elle avait fourni au tribunal un certificat médical à durée indéterminée.

Le procès doit reprendre ce mardi, à partir de 9 h 15.