Affaire Bettencourt: Tout comprendre au premier volet avant l'ouverture du procès

JUSTICE Le premier procès de l'affaire Bettencourt s'est ouvert ce lundi à Bordeaux. Dix personnes sont soupçonnées d'avoir profité de la vulnérabilité de l'héritière...

Elsa Provenzano

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Le palais de justice de Bordeaux
Le palais de justice de Bordeaux — M.B./20MINUTES

Ce lundi s'ouvre au tribunal correctionnel de Bordeaux le premier volet du procès Bettencourt, qui intervient plus de sept ans après le début de l'affaire. Elle a commencé par la plainte pour abus de faiblesse contre le photographe François-Marie Banier, déposée par la fille de Liliane Bettencourt.

Pourquoi à Bordeaux? Le transfert de l’ensemble des dossiers de l’affaire Bettencourt a eu lieu le 17 novembre 2010 de Nanterre à Bordeaux, par décision de la cour de cassation «dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice», explique-t-on à Bordeaux. Le dépaysement avait été demandé en raison des dissensions entre les magistrats saisis du dossier.

Qu’est-ce qui est jugé? Du 26 janvier au 27 février c’est uniquement le volet «abus de faiblesse» au préjudice de la milliardaire Liliane Bettencourt qui va être jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. L’héritière de l’Oréal, 92 ans, a été examinée par des médecins en 2011 qui ont avancé le diagnostic d’une «démence mixte» et d’une «maladie d’Alzheimer à un stade modérément avancé».

Trois autres volets de cette affaire seront jugés ultérieurement, également à Bordeaux: du 23 au 25 mars le volet trafic d’influence, dans lequel comparaissent Patrice de Maistre et Eric Woerth, et les 8 et 9 juin, le volet violation du secret professionnel, qui verra comparaître la juge Isabelle Prévost-Desprez. Pour atteinte à la vie privée, l’ancien majordome Pascal Bonnefoy et cinq journalistes doivent comparaître à une date encore indéterminée.

Qui sont les prévenus? Dix prévenus comparaissent pour les chefs d’accusation d’abus de faiblesse et abus de confiance aux dépens de Liliane Bettencourt, mais aussi blanchiment et recel. Parmi les principaux prévenus, François-Marie Banier, 67 ans, photographe et ami de Liliane Bettencourt, dont la fortune est estimée à 30 milliards d’euros. Il est soupçonné d’avoir bénéficié de dons (en numéraires et en œuvres d’art) qui se chiffrent en centaines de millions d’euros. Patrice de Maistre, 65 ans, l’ancien homme de confiance des Bettencourt comparait lui pour abus de faiblesse et blanchiment. Eric Woerth, 58 ans, député UMP et ancien trésorier de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy, est renvoyé pour recel d’une somme qui lui aurait été remise par Patrice de Maistre.

Combien de journalistes couvrent l'événement? Plus de 150 journalistes se sont accrédités pour suivre ce procès exceptionnel qui va durer cinq semaines. La capacité de la salle d’audience étant limitée à 140 places, une salle de retransmission des débats, pouvant accueillir 65 personnes, a été installée. La place de la République sera réservée au stationnement des cars des télévisions venues couvrir l’événement.

Quelles mesures de sécurité aux abords du tribunal? L’ampleur du procès et le plan Vigipirate cumulés conduisent à une présence policière renforcée. Il y aura 7 policiers au Palais et ses abords, 6 réservistes et 3 agents de l’unité de l’ordre public (UOP). Vigipirate oblige, des patrouilles réunissant militaires et policiers vont aussi régulièrement passer par le Palais de Justice. Lundi, pour l’ouverture du procès, les effectifs chargés de la sécurité routière seront aussi mobilisés. Au total, il y aura 9 policiers supplémentaires présents au tribunal par rapport à un procès «classique» en correctionnelle.