Bordeaux: L'incinérateur de Cenon sera finalement en service jusqu'en 2027

ENVIRONNEMENT Alors qu'une fermeture en 2015 avait été envisagée, la Métropole a décidé que l'exploitation s'y poursuivrait jusqu'en 2027...

Elsa Provenzano

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L'usine d'incinération des déchets de Cenon a été mise en service en 1985.
L'usine d'incinération des déchets de Cenon a été mise en service en 1985. — Bordeaux Métropole

La Métropole vient d'annoncer la poursuite de l'exploitation de l'usine de Cenon, mise en service en 1985, jusqu'en 2027, sur la base d'une étude réalisée par le cabinet d'ingénieurs conseils Merlin. Quelque 120.000 tonnes de déchets y sont incinérées et 260.000 à l'usine Astria de Bègles.

«C'est une usine en bon état et en 2006 avait eu lieu une rénovation importante», explique Dominique Alcala, maire de Bouliac et responsable de la collecte, du tri et du traitement des déchets pour Bordeaux Métropole. Il faut dire aussi que l'emprunt contracté pour ces travaux n'arrive à échéance qu'en 2023. «En arrêtant l'usine en 2016, cela nous aurait coûté 12 millions d'euros», précise l'élu.

Bataille de chiffres sur les déchets produits par la Métropole

Les écologistes sont les seuls à ne pas avoir voté en faveur de la poursuite de l'exploitation, vendredi, estimant que toute la production des déchets sur l'agglomération [équivalente à 212.000 tonnes par an selon leurs chiffres] pourrait être prise en compte par Astria. «Il faut bien comprendre que ces deux unités sont gérées par des privés qui visent à rentabiliser leurs installations. On est quasiment obligé de "donner à manger" à ces usines car si elles sont déficitaires c'est l'institution métropolitaine qui devra payer», pointe Gérard Chausset, président du groupe EELV Bordeaux Métropole.

L'institution estime, elle, à 300.000 tonnes les déchets émanant de la seule agglomération bordelaise. «Bègles ne pourrait pas tout accueillir et en plus, il est important d'avoir deux usines, en cas de panne ou de problèmes de maintenance», souligne Dominique Alcala. Il met aussi en avant le réseau de chaleur mis en place en lien avec l'usine, qui permet de chauffer 12.000 logements à des prix modérés.

«Pas besoin de faire des efforts, puisqu'on incinère tout»

Selon les chiffres du groupe écologiste, 60% des déchets incinérés à Bègles sont issus de territoires extérieurs à la Métropole. Pour eux, cette surcapacité met à mal toute politique de réduction des déchets à la source. «Pas besoin de faire des efforts, ni sur la Métropole ni ailleurs puisqu'on incinère tout», déplore Gérard Chausset. «On fait les choses à l'envers, l'incinération devrait être la partie ultime, une fois qu'on a traité et réduit. Cela ne devrait pas être un premier recours», estime l'élu. 

A la veille de la tenue des assises de l'énergie, organisées de mardi à jeudi sur Bordeaux, et alors que la Métropole fait partie des lauréats pour le projet «territoire zéro gaspillage, zéro déchets», les écologistes y voient un paradoxe politique.