Le marathon des primeurs a commencé

VITICULTURE Les dégustateurs sont dans la place. Depuis lundi, importateurs, négociants et journalistes du monde entier...

Marion Guillot

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A Saint-Emilion.
A Saint-Emilion. — C. BLUMBERG / 20 MINUTES

Les dégustateurs sont dans la place. Depuis lundi, importateurs, négociants et journalistes du monde entier arpentent le vignoble pour découvrir en avant-première le millésime 2006. Les crus bourgeois du Médoc - dont le classement a été annulé fin février - ont choisi de maintenir cette nouvelle campagne de primeurs, une tradition incontournable dans le Bordelais. Ils attendent que la répression des fraudes précise les modalités d'utilisation de leur mention. Un incident qui n'a pas troublé plus que ça les dégustateurs.Un millier de professionnels étaient attendus ces deux derniers jours, à la salle de la Faïencerie à Bordeaux, dans une ambiance exotico-décontractée. Mais pour apprécier ces nectars, mieux vaut être du métier. « Le vin est encore très jeune, mais son élevage ne le changera pas fondamentalement, explique Damien Lassus, courtier à Bordeaux pour le Bureau Quancard. Les primeurs donnent une bonne tendance. » Les dégustateurs prennent beaucoup de notes. « On vient s'imprégner de la qualité, avant de connaître la note des experts », poursuit-il. Notamment celles de l'Américain Robert Parker, qui « fait un peu la pluie et le beau temps », avoue le courtier.Certains propriétaires vendent la quasi-totalité de leur production en primeur, comme Alain Moueix, du château Fonroque, grand cru classé de Saint-Emilion avant la suspension du classement vendredi dernier. « Tant que le marché est actif, il faut en profiter ! Les négociants achètent mon vin, le commercialisent, et je n'ai plus qu'à me concentrer sur le millésime suivant. »

millésime Les vendanges 2006 ont connu une météo difficile. Les primeurs devraient donc se négocier à des prix inférieurs à l'année 2005, exceptionnelle. Le millésime est jugé bon, mais très hétérogène par les spécialistes.